Du terrorisme à la répression
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Sud de guelma et à l’Ouest de duvivier, des bandes arrêtées par le réseau et
elles leur ont infligé des pertes sévères malgré l’âpreté de leur défense. De
même, des actions fructueuses ont été menées sur les régions de transit des
Hauts Plateaux autour d’AïN-BEiDA et au Sud de Canrobert... »
— Le 8 février, c’est effectivement le drame prévisible, et à grandes
dimensions.
Il est un peu plus de 9 heures lorsqu’un avion français de reconnaissance qui survolait Sakiet-Sidi-Youssef, en territoire tunisien, est touché
par des tirs de canon et doit se replier sur Tébessa...
Exaspéré par la succession des incidents à la frontière tunisienne, le
commandement cède à la provocation et tombe dans le piège : vingtcinq appareils décollant en plusieurs vagues de la base de Télergma
pilonnent et rasent les batteries tunisiennes... tuent soixante-dix personnes, dont douze enfants, et en blessent plus d’une centaine.
Qui a donné l’ordre d’intervenir ? Sans nul doute le général Edmond
Jouhaud, commandant la 5e Région militaire, avec l’aval du général
Salan. Le pouvoir civil — Robert Lacoste en particulier, qui devrait
pourtant bénéficier de la confiance de l’armée, au même titre que
Jacques Chaban-Delmas — n’a pas été informé. Félix Gaillard sera tenu
de couvrir devant F Assemblée, l’opinion française et internationale, un
« coup » qui le mettait, comme les autres, devant le fait accompli. Le
piège se referme sur le gouvernement qui se retrouve, en pire, dans la
situation de Guy Mollet lors du détournement de l’appareil des dirigeants du FLN. Non content de montrer son impuissance à contrôler
les initiatives de l’armée, il offre de surcroît à l’adversaire une victoire
inespérée.
Les historiens n’ont pas eu beaucoup de mal à distinguer dans le
8 février 1958, cette date sombre du conflit algérien, l’un des signes
de la condamnation sans appel de la IVe République. Quant à Habib
Bourguiba, comment pourrait-il ne pas exploiter à son profit, et par
contrecoup pour le bénéfice du FLN, l’affaire de Sakiet... Convocation
des journalistes français et étrangers, « visite guidée » des immeubles
touchés par les bombes françaises, recours devant le Conseil de sécurité
des Nations unies, sommation au gouvernement français d’avoir à retirer les troupes encore stationnées sur le territoire tunisien, interdiction
du port de Bizerte aux navires battant pavillon tricolore... Le président
tunisien multiplie les ultimatums à un Félix Gaillard qu étrille la presse
étrangère, et de préférence américaine, toujours prompte à donner la
leçon aux colonialistes attardés... avant que les Etats-Unis ne fassent
eux-mêmes l’expérience douloureuse des expéditions canonnières.
Analysant les effets du drame de Sakiet, le général Salan n y voit
curieusement que... profit :
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