210
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Sakiet venus se mettre en embuscade sur un itinéraire suivi par les
rebelles sont soumis à de violents tirs automatiques. Les rebelles, au
nombre de quelque trois cents, chiffre considérable et dont certains
étaient postés sur des hauteurs en territoire tunisien, doivent se replier
après l’arrivée de renforts et l’intervention de l’aviation. « Parmi nos
tués (au nombre de 14), précise le rapport de la 10e Région militaire,
certains, blessés à l’origine, ont été égorgés. » Quatre soldats ont été
faits prisonniers : ce sont des rappelés du contingent.
— Le 23 janvier, à 8 h 30, entre Bordj M’Raou et Bordj Sakiet, un
T 6 en protection de convoi est pris à partie au-dessus du territoire
algérien par une arme automatique située en Tunisie, à 10 km Nord de
Sakiet-Sidi-Youssef. « L’avion, touché, n’a pas riposté », précise l’Étatmajor interarmes.
— Le même jour, à 15 h 30 et à l’est du Kouif, une patrouille est
accrochée par une bande venant de Tunisie, où elle se replie. On compte
cinq blessés, dont deux grièvement. Des renforts interviennent avec
appui aérien en territoire tunisien à partir d’un point à 5 km Sud-Est du
Kouif sur 4 km vers l’est en territoire tunisien.
— Le 24 janvier, à 16 h 15, à 6 km Nord-Est du Kouif, un avion
Broussard survolant le territoire algérien est pris à partie par une arme
automatique située en Tunisie, à proximité immédiate de la frontière.
Un tir d’artillerie a été dirigé vers l’emplacement de cette arme.
— Le même jour, à 19 h 30, au nord du Kouif, des véhicules sont
observés, tous feux allumés, venant de Tunisie et se dirigeant vers Ras
el-Aioun. L’artillerie les prend sous son feu ; une reconnaissance, le 25
à l’aube, a relevé des traces de sang.
— Le 25 janvier, au sud-est du Kouif, une compagnie de reconnaissance est prise à partie depuis le col de Brika, en territoire tunisien.
Riposte par mortier, et l’aviation intervient sur la position adverse.
Le drame est donc latent et la « physionomie générale (Secret) de
l’état-major mixte » pour la période de la semaine du 25 au 31 janvier
1958 ressemble fort à un nouvel avertissement après les alertes précédentes sur la frontière tunisienne :
Le fait marquant de la semaine est le redoublement de l’effort fait par les
rebelles dans le Constantinois.
En bordure de la Tunisie, les bandes adverses ont créé plusieurs incidents
de frontière tout en agissant d’une façon plus efficace dans la bande située
entre cette frontière et le réseau ; on y enregistre des harcèlements coordonnés
qui prennent peu à peu la forme de petites attaques. En même temps les tentatives sur le barrage ou les passages au sud de celui-ci se multiplient.
En deçà du barrage, nos troupes sont arrivées à accrocher par deux fois au
Précédent

- 205/420

Suivant