Du terrorisme à la répression
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l’immixtion constante des bandes armées opérant à partir du territoire
tunisien. Immixtions qui revêtaient toutes les formes de grossières provocations dont le but était de pousser le commandement « à la faute ».
Il sera trop facile de gommer cet aspect des choses lorsqu’éclatera le
drame lamentable de Sakiet-Sidi-Youssef. Rien que pendant le mois de
novembre 1957, plus de 2 000 hommes ont encore réussi à pénétrer en
territoire algérien à la frontière Est ; ils seront 2 600 en décembre suivant ! En janvier 1958, le 2e Bureau de l’état-major de la 10e Région
militaire évaluera à 7 000 hommes les forces de l’ALN en Tunisie.
Quinze mille armes à destination de la rébellion ont franchi les deux
frontières en 1956 et 1957.
Or les incidents à la frontière algéro-tunisienne se multiplient à partir
de l’été 1957 :
— Le 23 août 1957, une bande rebelle tend une embuscade à un
camion qui, escorté d’une Jeep, transportait des ouvriers des mines de
phosphate du Kouif : six mineurs, dont trois Européens, sont tués, trois
autres sont grièvement blessés. Les deux véhicules et deux autres appartenant à la Compagnie des phosphates sont incendiés.
Robert Lacoste lui-même réagit... Il intervient le 26 août auprès du
ministre des Affaires étrangères à Paris en lui demandant de mettre le
gouvernement Bourguiba devant ses responsabilités et de le prévenir
des risques d’une intervention française. La réponse ne se fait pas
attendre, par la voie du secrétaire d’État aux Affaires marocaines et
tunisiennes, le 28 août ;
Comme suite à votre demande d’hier, je vous communique ci-après le télégramme que j’adresse à notre ambassadeur à Tunis : «Le secrétaire d’État
vient d’être avisé qu’un nouvel incident grave vient de se produire près du
centre minier du kouif à la suite d’une attaque d’un transport d’ouvriers de ce
centre minier par un commando rebelle venant de Tunisie et qui s’est réfugié
dans ce pays une fois son action accomplie. A la demande de M. Robert
Lacoste, je vous prie, sans attendre les résultats de l’enquête ultérieure, d’élever une très énergique protestation auprès du gouvernement tunisien pour ce
nouvel acte hostile et l’aviser que si de nouveaux faits de cette nature se
reproduisaient, les troupes françaises poursuivraient le commando rebelle en
Tunisie aussi loin qu’il le faudra. »
— Le 1er septembre, des éléments français motorisés poursuivent en
territoire tunisien des rebelles qui avaient attaqué un chantier, également dans la région du Kouif. Quinze tués, dont cinq Tunisiens, chez
l’adversaire.
Et l’engrenage continue :
— Le 11 janvier 1958, cinquante hommes du poste français de
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