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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
lement partisan de l’assimilation sans restrictions — est d’ailleurs reçue
en ce mois de mars 1937 par le président du Conseil qu’entourent Viollette et Jules Moch, le secrétaire général du gouvernement7. La délégation recueille des assurances et des promesses :
Je suis heureux de cette visite faite par des Musulmans à un Juif français,
par des démocrates à un démocrate, dit Léon Blum. Je ne tolérerai plus désormais que les Musulmans algériens soient traités en parents pauvres.
Le Dr Bendjelloul répond que :
les populations musulmanes font confiance dans le gouvernement de Front
populaire et dans la personne de son représentant en Algérie, le gouverneur
général Le Beau...
L’entrevue n’a duré que quelques minutes, mais l’espoir soulevé par
le président du Conseil est indiscutable. La délégation se hasarde à
rencontrer Edouard Daladier, ministre de la Guerre, et surtout personnalité dominante d’un parti radical pilier de la formation majoritaire. L’accueil est, selon les participants musulmans, détestable, aux limites de
l’incorrection. Les délégués sauront à quoi s’en tenir sur les chances
d’une évolution de ce côté de l’opinion. Quant au communiqué publié
par la présidence du Conseil après la rencontre de Matignon, il affirme
un optimisme prudent en affirmant la volonté du gouvernement d’examiner des mesures en faveur de l’Algérie « dans un esprit de justice,
d’équité, d’amitié et de fraternité véritables »...
Soutenu avec un rien d’indifférence par le président du Conseil qui
s’est déchargé de ce dossier sur un ministre d’État aux compétences
mal définies, le projet qui ouvrirait la voie — une voie bien étroite —
à une véritable assimilation soulève de multiples oppositions. Dans la
majorité qui soutient le gouvernement, celle du parti radical, dans l’opposition de droite la quasi-totalité des élus, en Algérie même, et comme
il fallait s’y attendre, la minorité européenne qui refuse aux indigènes
— fussent-ils en très petit nombre — l’accession aux droits politiques.
Le « lobby algérien » dont on mesurera dans les années 50 toute la
puissance se met en branle, fait le siège du radical Raoul Aubaud qui,
secrétaire d’État à l’intérieur, a l’Algérie en charge. La presse d’Algérie
fait chorus — elle en prendra l’habitude —, interprète de la quasitotalité de 1 opinion européenne et forte du soutien des mouvements
d extrême droite qui recrutent avec succès. La Dépêche algérienne, très
représentative de ce courant qui a d’ailleurs l’appui de l’Administration,
n hésitera pas
le 26 janvier 1936 — à appeler au « réflexe ultime de
la défense de la patrie par les armes » !
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
lement partisan de l’assimilation sans restrictions — est d’ailleurs reçue
en ce mois de mars 1937 par le président du Conseil qu’entourent Viollette et Jules Moch, le secrétaire général du gouvernement7. La délégation recueille des assurances et des promesses :
Je suis heureux de cette visite faite par des Musulmans à un Juif français,
par des démocrates à un démocrate, dit Léon Blum. Je ne tolérerai plus désormais que les Musulmans algériens soient traités en parents pauvres.
Le Dr Bendjelloul répond que :
les populations musulmanes font confiance dans le gouvernement de Front
populaire et dans la personne de son représentant en Algérie, le gouverneur
général Le Beau...
L’entrevue n’a duré que quelques minutes, mais l’espoir soulevé par
le président du Conseil est indiscutable. La délégation se hasarde à
rencontrer Edouard Daladier, ministre de la Guerre, et surtout personnalité dominante d’un parti radical pilier de la formation majoritaire. L’accueil est, selon les participants musulmans, détestable, aux limites de
l’incorrection. Les délégués sauront à quoi s’en tenir sur les chances
d’une évolution de ce côté de l’opinion. Quant au communiqué publié
par la présidence du Conseil après la rencontre de Matignon, il affirme
un optimisme prudent en affirmant la volonté du gouvernement d’examiner des mesures en faveur de l’Algérie « dans un esprit de justice,
d’équité, d’amitié et de fraternité véritables »...
Soutenu avec un rien d’indifférence par le président du Conseil qui
s’est déchargé de ce dossier sur un ministre d’État aux compétences
mal définies, le projet qui ouvrirait la voie — une voie bien étroite —
à une véritable assimilation soulève de multiples oppositions. Dans la
majorité qui soutient le gouvernement, celle du parti radical, dans l’opposition de droite la quasi-totalité des élus, en Algérie même, et comme
il fallait s’y attendre, la minorité européenne qui refuse aux indigènes
— fussent-ils en très petit nombre — l’accession aux droits politiques.
Le « lobby algérien » dont on mesurera dans les années 50 toute la
puissance se met en branle, fait le siège du radical Raoul Aubaud qui,
secrétaire d’État à l’intérieur, a l’Algérie en charge. La presse d’Algérie
fait chorus — elle en prendra l’habitude —, interprète de la quasitotalité de 1 opinion européenne et forte du soutien des mouvements
d extrême droite qui recrutent avec succès. La Dépêche algérienne, très
représentative de ce courant qui a d’ailleurs l’appui de l’Administration,
n hésitera pas
le 26 janvier 1936 — à appeler au « réflexe ultime de
la défense de la patrie par les armes » !
