Du terrorisme à la répression
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différence est qu’une garde armée se tient derrière la porte. « Cette identité
dans les soins et traitements est conforme aux lois de la guerre, mais il n’est
pas inutile de le souligner », ajoutent-ils.
« Les disparitions »
Le président de la Commission de sauvegarde l’écrit sans ambages
à Maurice Bourgès-Maunoury :
La question des disparitions a causé un profond malaise dans l’opinion
générale. Elle est, à la vérité, des plus angoissantes.
Il s’agit d’individus arrêtés, généralement par des parachutistes, et dont on
n’a plus de nouvelles.
De là à dire qu’ils ont été exécutés, qu’ils ont expiré sous les tortures,
qu’ils ont été dirigés vers des in pace secrets, il n’y a qu’un pas ; toutes les
interprétations ont été propagées.
La Commission a reçu des plaintes nombreuses, révèle Pierre Béteille. Le
parquet d’Alger a été saisi de son côté de multiples doléances et M. le procureur général d’Alger nous a adressé un nombre important de dossiers. Des
informations ont été ouvertes et des enquêtes prescrites.
On ne saurait méconnaître qu’un certain nombre d’individus libérés sont
allés grossir les rangs des hors-la-loi, soit sous l’empire de la contrainte
morale, soit à la suite de la propande faite auprès d’eux.
C’est le cas, par exemple, de l’écrivain musulman Mouloud Mameri. On
avait échafaudé des hypothèses sur sa disparition. Certains journaux ont crié
au scandale jusqu’au moment où Mouloud Mameri fut retrouvé au Maroc.
Il est probable que ce cas n’est pas isolé.
Mais bien des disparitions restent encore inexpliquées et mystérieuses.
Récemment, l’une d’elles a fait beaucoup de bruit, celle d’un assistant à la
faculté des sciences d’Alger, du nom de Maurice Audin...
Le recteur Daure, le bâtonnier Moliérac et le Pr de Vemejoul qui
ont conduit l’enquête pour la Commission de sauvegarde ont relevé de
sérieuses contradictions dans la version officielle de l’« évasion » de
Maurice Audin au cours de son transfert, le 21 juin 1957. Ils l’ont dit,
et le président de la commission Béteille l’écrit. Par ailleurs :
M. le recteur Daure étudie spécialement le cas d’Audin et reste en liaison
à ce sujet avec les autorités tant militaires que judiciaires d’Alger.
La question des « hébergements » est connexe à celle des disparitions, poursuit Pierre Béteille.
En effet, on peut noter que d’une manière générale les réclamations émanent
des parents, d’épouses qui ne sont pas avisées de 1 arrestation de leur mari.
Cependant, aux termes du décret du 17 mars 1957, article premier, paragraphe 7, il est indiqué que l’autorité responsable du maintien de 1 ordre doit
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