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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
«Inspection des centres de triage, d’hébergement, des lieux de détention, des établissements pénitentiaires et hospitaliers »
Le général Zeller, les professeurs Richet et de Vemejoul ont visité des
établissements pénitentiaires de tous ordres, ainsi que des hôpitaux.
[...] Toutes facilités leur ont été accordées pour remplir leur mission.
Huit camps existent pour les hommes astreints à résidence surveillée. Ils
groupent cinq à six mille « hébergés ». Sept d’entre eux sont réservés aux
musulmans. Un, celui de Lodi, aux « Français de souche ».
Ils ont également inspecté un certain nombre de camps de triage.
Ils avaient d’ailleurs été précédés par une délégation du comité de la CroixRouge internationale (CICR). Les constatations des inspecteurs suisses et le
rapport qui les consigne ont été très favorables à l’administration de ces camps.
En définitive, les inspections de nos collègues ont abouti aux mêmes résultats. Elles sont de nature à dissiper maintes légendes qui courent sur les prétendus abus perpétrés dans ces lieux d’internement.
Qu’il s’agisse des camps de Berrouaghia, de Lodi, d’Arcole, de Saint-Leu,
les constatations sont identiques. L’hygiène, la salubrité, les principes d’humanité sont respectés. La mortalité y est quasi nulle, bien inférieure à la mortalité
moyenne en Algérie et en métropole.
On peut toutefois signaler, pour qu’il y soit porté remède, que les détenus
vivent dans une oisiveté fâcheuse et sont mêlés les uns aux autres dans une
promiscuité néfaste, sans que l’on songe à séparer les moins dangereux des
plus redoutables.
Pierre Béteille souligne ensuite :
Les délégués de la Commission de sauvegarde ont noté l’encombrement de
la prison d’Alger, qui, malgré cette situation, est bien tenue au point de vue
de l’hygiène. La mortalité y est également très faible.
En revanche, les condamnés à mort, au nombre d’une soixantaine, y sont
traités de manière inhumaine : entassés à trois dans une même cellule, ils
attendent dans l’angoisse qu’il soit statué sur leur sort.
Le procureur général de Constantine a fait exactement les mêmes observations en ce qui concerne l’encombrement de la prison de cette ville. Soixantetreize condamnés à mort y étaient incarcérés à la date du 18 juillet dernier.
Il serait désirable d’organiser dans les grands centres un lieu de détention
réservé aux femmes. Cette mesure permettrait de décongestionner les prisons
d’Alger, de Constantine, d’Oran et de donner aux condamnés à mort un isolement par cellule plus décent ;
Le général Zeller, les professeurs de Vemejoul et Richet ont visité les établissements hospitaliers. Les blessés, aussi bien les fellaghas que leurs victimes, y sont soignés avec le même dévouement.
« Même médication, même alimentation », affirment nos collègues. La seule
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
«Inspection des centres de triage, d’hébergement, des lieux de détention, des établissements pénitentiaires et hospitaliers »
Le général Zeller, les professeurs Richet et de Vemejoul ont visité des
établissements pénitentiaires de tous ordres, ainsi que des hôpitaux.
[...] Toutes facilités leur ont été accordées pour remplir leur mission.
Huit camps existent pour les hommes astreints à résidence surveillée. Ils
groupent cinq à six mille « hébergés ». Sept d’entre eux sont réservés aux
musulmans. Un, celui de Lodi, aux « Français de souche ».
Ils ont également inspecté un certain nombre de camps de triage.
Ils avaient d’ailleurs été précédés par une délégation du comité de la CroixRouge internationale (CICR). Les constatations des inspecteurs suisses et le
rapport qui les consigne ont été très favorables à l’administration de ces camps.
En définitive, les inspections de nos collègues ont abouti aux mêmes résultats. Elles sont de nature à dissiper maintes légendes qui courent sur les prétendus abus perpétrés dans ces lieux d’internement.
Qu’il s’agisse des camps de Berrouaghia, de Lodi, d’Arcole, de Saint-Leu,
les constatations sont identiques. L’hygiène, la salubrité, les principes d’humanité sont respectés. La mortalité y est quasi nulle, bien inférieure à la mortalité
moyenne en Algérie et en métropole.
On peut toutefois signaler, pour qu’il y soit porté remède, que les détenus
vivent dans une oisiveté fâcheuse et sont mêlés les uns aux autres dans une
promiscuité néfaste, sans que l’on songe à séparer les moins dangereux des
plus redoutables.
Pierre Béteille souligne ensuite :
Les délégués de la Commission de sauvegarde ont noté l’encombrement de
la prison d’Alger, qui, malgré cette situation, est bien tenue au point de vue
de l’hygiène. La mortalité y est également très faible.
En revanche, les condamnés à mort, au nombre d’une soixantaine, y sont
traités de manière inhumaine : entassés à trois dans une même cellule, ils
attendent dans l’angoisse qu’il soit statué sur leur sort.
Le procureur général de Constantine a fait exactement les mêmes observations en ce qui concerne l’encombrement de la prison de cette ville. Soixantetreize condamnés à mort y étaient incarcérés à la date du 18 juillet dernier.
Il serait désirable d’organiser dans les grands centres un lieu de détention
réservé aux femmes. Cette mesure permettrait de décongestionner les prisons
d’Alger, de Constantine, d’Oran et de donner aux condamnés à mort un isolement par cellule plus décent ;
Le général Zeller, les professeurs de Vemejoul et Richet ont visité les établissements hospitaliers. Les blessés, aussi bien les fellaghas que leurs victimes, y sont soignés avec le même dévouement.
« Même médication, même alimentation », affirment nos collègues. La seule
