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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
La Commission n’avait pas à se prononcer, donc, sur les atrocités perpétrées
par les fellaghas, la cause étant entendue et aucune mesure ne pouvant être
préconisée pour y remédier, sinon un renforcement de l’action militaire et
policière dans ses effectifs et ses moyens matériels.
Le rôle de la Commission était délimité par les textes rappelés plus haut.
Elle devait — discrimination difficile — se prononcer « chaque fois qu’un fait
pouvant constituer un abus parviendrait par quelque moyen que ce fût » à sa
connaissance, et pour mieux y parvenir un communiqué de la presse vint
préciser que toute personne ayant à exposer une réclamation pourrait s’adresser à elle.
Il fut procédé à un tri...
Les plaintes ont alors afflué !
[...] En définitive, quatre groupes de dossiers furent constitués [...] :
1°. Dénonciations de faits de tortures physiques perpétrées par des enquêteurs appartenant à des organisations policières ou para-policières pour arracher des aveux à de prétendus coupables ;
2°. Un deuxième groupe de dossiers — ils étaient les plus nombreux — était
constitué par des réclamations portant sur la régularité, le bien-fondé, l’opportunité de mesures d’internement dans des centres de triage ou des camps d’hébergement [...];
3°. Plaintes provenant de détenus de camps d’internement et incriminant la
cruauté de leur sort, les conditions matérielles pénibles qui leur étaient réservées, le caractère inhumain du régime auquel ils étaient soumis ;
4°. Enfin — c’était la question la plus troublante — on signalait des disparitions d’individus arrêtés par les forces de l’ordre, puis prétendus par celles-ci
libérés, voire évadés, et qui n’avaient plus donné signe de vie depuis lors,
même à leurs proches...
À propos des « méthodes de travail adoptées », on retiendra la création de « sous-commissions d’information » dont les membres « se
transporteraient en Algérie par groupes et effectueraient à l'improviste
[en caractère italique dans le texte] les vérifications opportunes ».
« Violences »
Pierre Béteille relève — nous sommes toujours dans le cadre de sa
lettre-rapport — les instructions du général Salan (qui complètent celles
du général Lorillof), à propos « des crimes, des viols [qui] ont été
commis, des vols [qui] ont eu lieu à l’occasion de fouilles systématiques
sans entraîner de réactions immédiates des cadres » et les mesures qui
les ont sanctionnés, mais ajoute : « Certains faits particulièrement
graves ont été cependant révélés à la Commission. Ils sont consignés
dans le rapport de M. le gouverneur général Delavignette qui vous a
été transmis. »
Ce sont les faits rapportés par le gouverneur général Delavignette
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