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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
— Exactions Rovigo. Vols et violences à l’encontre de neuf musulmans de Rovigo à imputer à la 531e DBFA. Quatre morts, trois blessés,
dégâts. 22 novembre 1956. Lettre de l’Igame préfet d’Alger. Suite donnée : Morts et blessés résultant d’une opération et d’un accrochage. Pas
de sanctions.
— Affaire Bouinan. SAS de Rovigo. Mort de dix Français musulmans, abattus par les forces de l’ordre. Vols de numéraire : 9 novembre
1956. Rapport du lieutenant Morin SAS de Hammam Melouane. Suite
donnée : Suspects libérés de nuit, regagnant leurs douars et tombant
dans une embuscade tendue par les forces de l’ordre. Quinze jours d’arrêts de rigueur à l’officier les ayant relâchés après le couvre-feu.
— Hadjani Brahim. Suicide à la suite d’un interrogatoire (?). Inhumation à l’insu de la famille : 25 février 1957. Hussein-Dey. Lettre du
père au ministre résidant. Suite donnée : enquête en cours.
— Mme Boudjebbar Ahmed. Demande de renseignements suite à
l’arrestation par forces de l’ordre. Sévices au cours d’interrogatoire
des autres frères Boudjebbar : 19 septembre 1956, Alger. Lettre de la
sœur à Guy Mollet. Transmis général 10e RM. Nouvelle lettre par
la suite. Suite donnée : Aucune arrestation n’aurait été effectuée le
jour mentionné. Nouvelle enquête prescrite suite deuxième lettre de
l’intéressée.
— Affaire Bouchenaffa. Viol belle-fille de Derbali. Exécution sommaire de Derbali lui-même, Loudjedi et Abbous. Incendie demeure de
Loudjedi. Pendant les opérations du 22 juillet 1956 dans la commune
de Brazza. Lourdes et terribles accusations qui ont justifié à la fois une
lettre du Bachagha Bouchenaffa et de l’Igame préfet d’Alger. Suite
donnée : viol vraisemblablement exact. Abbous était FLN. Loudjedi
détenait des munitions et explosifs chez lui. Derbali hébergeait des
rebelles et leur prêtait des mulets.
Soixante-quatre autres affaires sont recensées dans un document non
moins confidentiel sous le titre « État des sanctions disciplinaires infligées à l’occasion d’exactions commises par des militaires du corps d’armée d’Alger — État n° 1 et État n° 2 », pour la période du 5 septembre
1956 au 14 février 1957. Les sanctions vont de jours de prison, de
cellule et des arrêts de rigueur à la comparution devant le tribunal militaire pour les cas les plus graves. Elles concernent les hommes de
troupe et les sous-officiers comme les officiers.
Pour les exactions les moins conséquentes et à titre d’exemple :
— Nom X (les patronymes ne sont jamais cités dans le rapport).
Grade : 2e Classe. Unité : 1/6Ie RAA. Date : 5 septembre 1956. Punition
infligée 45 jours de prison. Motif : Indélicatesse en opérations. N’a pas
tenu compte des consignes relatives aux fouilles des mechtas.
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
— Exactions Rovigo. Vols et violences à l’encontre de neuf musulmans de Rovigo à imputer à la 531e DBFA. Quatre morts, trois blessés,
dégâts. 22 novembre 1956. Lettre de l’Igame préfet d’Alger. Suite donnée : Morts et blessés résultant d’une opération et d’un accrochage. Pas
de sanctions.
— Affaire Bouinan. SAS de Rovigo. Mort de dix Français musulmans, abattus par les forces de l’ordre. Vols de numéraire : 9 novembre
1956. Rapport du lieutenant Morin SAS de Hammam Melouane. Suite
donnée : Suspects libérés de nuit, regagnant leurs douars et tombant
dans une embuscade tendue par les forces de l’ordre. Quinze jours d’arrêts de rigueur à l’officier les ayant relâchés après le couvre-feu.
— Hadjani Brahim. Suicide à la suite d’un interrogatoire (?). Inhumation à l’insu de la famille : 25 février 1957. Hussein-Dey. Lettre du
père au ministre résidant. Suite donnée : enquête en cours.
— Mme Boudjebbar Ahmed. Demande de renseignements suite à
l’arrestation par forces de l’ordre. Sévices au cours d’interrogatoire
des autres frères Boudjebbar : 19 septembre 1956, Alger. Lettre de la
sœur à Guy Mollet. Transmis général 10e RM. Nouvelle lettre par
la suite. Suite donnée : Aucune arrestation n’aurait été effectuée le
jour mentionné. Nouvelle enquête prescrite suite deuxième lettre de
l’intéressée.
— Affaire Bouchenaffa. Viol belle-fille de Derbali. Exécution sommaire de Derbali lui-même, Loudjedi et Abbous. Incendie demeure de
Loudjedi. Pendant les opérations du 22 juillet 1956 dans la commune
de Brazza. Lourdes et terribles accusations qui ont justifié à la fois une
lettre du Bachagha Bouchenaffa et de l’Igame préfet d’Alger. Suite
donnée : viol vraisemblablement exact. Abbous était FLN. Loudjedi
détenait des munitions et explosifs chez lui. Derbali hébergeait des
rebelles et leur prêtait des mulets.
Soixante-quatre autres affaires sont recensées dans un document non
moins confidentiel sous le titre « État des sanctions disciplinaires infligées à l’occasion d’exactions commises par des militaires du corps d’armée d’Alger — État n° 1 et État n° 2 », pour la période du 5 septembre
1956 au 14 février 1957. Les sanctions vont de jours de prison, de
cellule et des arrêts de rigueur à la comparution devant le tribunal militaire pour les cas les plus graves. Elles concernent les hommes de
troupe et les sous-officiers comme les officiers.
Pour les exactions les moins conséquentes et à titre d’exemple :
— Nom X (les patronymes ne sont jamais cités dans le rapport).
Grade : 2e Classe. Unité : 1/6Ie RAA. Date : 5 septembre 1956. Punition
infligée 45 jours de prison. Motif : Indélicatesse en opérations. N’a pas
tenu compte des consignes relatives aux fouilles des mechtas.
