Du terrorisme à la répression
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10e RM — Suite donnée : Plainte sans fondement réel — Nette
exagération.
Cependant, et beaucoup plus grave :
— Il s’agit du décès de Mme Benchoucha, « qui ne répondant pas
aux sommations a été tuée par une patrouille », le 12 novembre 1956,
au lieu-dit Berrouaghia, fraction Ouled Nella, dont le mari a écrit au
président du Conseil Guy Mollet, lequel a transmis au général commandant la 10e RM. Suite donnée : Classé. La personne s’enfuyait après un
sabotage de la voie ferrée et n’a pas répondu aux sommations — Mais
on sait que la fuite des suspects peut servir d’alibi commode.
— Le nom de l’Affaire est « Koléa », l’objet « l’assassinat de sept
Français musulmans, dont deux femmes, avec un blessé », la date de
l’« incident» le 17 janvier 1957, le lieu de l’incident, Koléa, l’origine
de la plainte n’est autre que le commissaire de Koléa qui a écrit une
lettre au sous-préfet de Blida, et d’autre part un rapport de gendarmerie.
Difficile d’imaginer des témoignages plus fiables. Suite donnée : Assassinats vraisemblablement à l’actif du FLN — Sans commentaire.
— Incidents de Médéa, survenus à la suite d’un attentat contre deux
spahis : six morts, dix-sept blessés musulmans, le 15 décembre 1956.
L’origine de la plainte ne figure pas. Suite donnée : Consigne de la
troupe. Éloignement provisoire du colonel Cdt. le RSA. Sanctions
contre l’officier responsable : quinze jours d’arrêt de rigueur.
— Messaoudi Mahmed. « Disparition après arrestation. » Le 15 septembre 1956, à Reghaia. La famille a pris un avocat, qui est intervenu
auprès du ministre résidant. Suite donnée : Aucune trace de l’arrestation. Peut avoir rejoint le FLN. — Vraiment ?
Et toujours... des « délits » de fuite :
— Incidents de Cherchell. Huit Français musulmans abattus et un
blessé par les forces de l’ordre. 29 novembre 1956. Lettre au ministre
résidant. Suite donnée : Affaire classée — « Les intéressés étaient des
rebelles qui s’enfuyaient malgré les sommations. »
— Kennar Rabah. Abattu par les forces de l’ordre. 27 décembre
1956. Douar Bouderbala. Lettre du ministre résidant au général
10e RM. «Regrettable méprise. Abattu alors qu’il tentait de s’enfuir.
Demande d’indemnisation. »
— Libération Boumendjel Fils. Demande de libération. 1er avril
1957. Lettre du père au général 10e RM. Suite donnée : Interné à Paul
Cazelles pour complicité FLN.
(On connaît la vraie suite... À cette date, Ali Boumendjel est déjà
mort.)
— Djani Charif, à Hussein-Dey, a demandé au « général 10e RM »,
le 23 février 1957, la réouverture de son magasin fermé pendant la
grève (du 28 janvier). Suite donnée : Autorisation de réouverture.
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