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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
qui peut précipiter les hommes dans le danger de l’inhumanité. Mais on ne
peut pas dire que les autorités civiles et militaires en Algérie ne fassent pas
tout pour l’éviter.
Je ne peux pas relire à cette tribune — je l’ai fait il y a plusieurs mois —
les consignes qui ont été données par les autorités militaires, les directives que
j’ai moi-même données et renouvelées. Je pourrais également apporter—j’en
ai d’ailleurs donné partiellement lecture ici, il y a quelques mois — la liste
des faits qui ont été signalés à l’attention des autorités et les sanctions qui ont
été prises...
L’Assemblée adoptera ce 12 novembre 1957, par 344 voix contre
211, le projet de loi relatif aux pouvoirs spéciaux en Algérie qui reconduisait les deux lois précédentes * .
* Parmi les votes favorables, ceux de : Jean Baylet, André Bettencourt, Georges Bidault, Maurice
Bourgès-Maunoury, Jacques Chaban-Delmas, Edouard Daladier, Gaston Defferre, Edgar Faure, Valéry
Giscard d’Estaing, Robert Hersant, Jacques Isomi, le chanoine Kir, Jean-Marie Le Pen, Jean Médecin,
François de Menthon, François Mitterrand, Jules Moch, Guy Mollet, André Morice, Pierre Pflimlin,
René Pleven, Henri Queuille, Paul Reynaud, Robert Schuman, Maurice Schumann, Léopold Sédar
Senghor, Jacques Soustelle, Pierre-Henri Teitgen, Jean-Louis Tixier-Vignancour.
Avaient voté contre les pouvoirs spéciaux, hormis les communistes et les apparentés, entre autres :
Roland Dumas (élu député de la Haute-Vienne en 1956 sous l’étiquette de l’Union démocratique et
socialiste de la Résistance, comme François Mitterrand), Charles Hemu, Daniel Mayer, Pierre Mendès
France.
Des sanctions dans l'armée™
Des listes et des sanctions ?
Les archives montrent incontestablement une bonne volonté du
ministre résidant à se tenir informé des « bavures » des troupes en opération. Des rapports nombreux et précis lui sont soumis et il n’est pas
rare qu’il demande des compléments d’information, voire qu’il intervienne, mais avec des chances de réussite toute relatives ! Le classement des affaires va de pair avec des alibis peu crédibles, ce qui
n’exclut pas des sanctions dans quelques cas très graves.
Un premier recensement portant des références précises — « N° de
dossier — Nom de l’Affaire — Objet sommaire — Date de l’incident
— Lieu de l’incident — Origine de la plainte — Suite donnée » — fait
état de quatre-vingt-trois cas pour un laps de temps allant du 15 septembre 1956 au 15 décembre 1957, soit quinze mois. Du premier au
dernier cas, il s’agit généralement d’incidents sans conséquences
graves, tels que :
— Plaintes de commerçants du quartier de la Ruche à Alger — Brutalités d’une patrouille envers les clients — À plusieurs reprises
— Lettre d’un groupe de commerçants au général commandant la
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