Du terrorisme à la répression
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Plus loin, au cours de cette première séance du 12 novembre 1957,
et répondant à Jean-Marie Le Pen :
Reconnaissez-vous, comme vous l’avez fait en juillet dernier, que dans la
recherche du renseignement on emploie des méthodes qu’en effet nous trouvons abominables ?
Considérez-vous qu’il soit normal d’employer ces méthodes ?
Nous disons, nous, que pour cette efficacité immédiate [...] vous compromettez la cause de la réconciliation entre la France et l’Algérie. Nous affirmons qu’il y a quelque chose d’infiniment plus important que d’obtenir un
renseignement, c’est de gagner le cœur des masses algériennes...
Jean-Marie Le Pen :
[...], Monsieur Pierre Cot, les délibérations en chambre des juristes et des
magistrats sont pleines d’intérêt pour un certain nombre de lecteurs des revues
que vous citiez tout à l’heure * .
Elles n’en ont strictement aucun pour ceux qui
meurent, qu’ils soient civils ou soldats, Français ou Musulmans.
* En l’occurrence Les Temps modernes qui ont publié le témoignage d’un simple soldat, Jacques
Pucheu, qui vient de passer un an dans l’Aurès, et Le Monde pour une série de cinq articles sous la
signature de Serge Adour. Le premier s’étonne de l’indifférence de presque tous les rappelés pendant
les séances de torture, ce que confirme le second qui stigmatise le racisme am tant, lerre o s es
également référé à l’article d’André Frossard dans L’ Aurore de la veille.
Vos doutes, vos excès de doutes, vos soubresauts moraux ainsi que ceux de
vos amis nous intéressent à titre documentaire, mais il faut que vous sachiez
que les forces de l’ordre ont à résoudre un problème immédiat, celui de la
sauvegarde physique avant toute chose des enfants, des femmes livrés au pistolet, au couteau ou à la bombe des tueurs. [...] Je ne crois pas que vous puissiez
honnêtement mettre en balance les dix mille personnes massacrées à la bombe
et au couteau en Algérie et les sévices dont vous détenez, paraît-il, les preuves.
Vous faites comme ce charcutier célèbre : une alouette de sévices pour un
cheval de tortures...
S’abritant fréquemment derrière le rapport de la Commission de sauvegarde qui sera publié le 15 décembre par Le Monde, Robert Lacoste
répond à Pierre Cot :
[...] Je n’ai aucune tendance à me satisfaire de pareilles affaires [le ministre
résidant vient d’évoquer longuement le cas de Djamila Bouhired et de prouver
son implication dans l’organisation terroriste à Alger], et je n’aime pas en
parler, mais ne trouvez-vous pas excessif que presque continuellement on
accuse les autorités qui ont à faire face à des événements terribles, d’actes
inhumains contraires et aux droits de l’homme et à la justice ?
Certes, j’en ai fait plusieurs fois confession à mes camarades [socialistes],
il y a un entraînement dans cette lutte contre le terrorisme, un entraînement
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