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Le livre noir de la guerre d'Algérie
Contre ce mal au quotidien, ce mal parmi bien d’autres auquel elle
est confrontée, l’armée doit réagir. Par des astuces de surveillance et
d’intervention, dont les fellahs seront souvent les victimes. Dans une
«note de service secret» en date du 15 novembre 195680, le colonel Desjours, commandant la subdivision de Blida — division d’Alger,
revenait, auprès des commandants de sous-secteurs et de quartiers, sur
« la nécessité de s’opposer opiniâtrement à l’œuvre de destruction
entreprise par les rebelles en ce qui concerne les arbres des vergers et
les poteaux télégraphiques ».
À cette fin, l’organisation d’embuscades, l’une des armes préférées
de l’ennemi retournées contre lui :
Il s’agit d’une part de mettre en place la nuit de très nombreuses embuscades [souligné dans le texte] de 6 à 7 hommes, avec un chef, de façon à créer
pour les rebelles une ambiance d’insécurité et à avoir le maximum de chances
de faire tomber les saboteurs sous nos feux.
Il est rappelé que la mise en place des embuscades doit avoir lieu dès la
tombée de la nuit et à pied, au moins pour les deux derniers kilomètres, de
manière que les véhicules de transport ne révèlent pas le lieu de l’embuscade.
Il sera bien expliqué aux hommes que postés, la nuit, l’arme prête, dans le
silence, ils ne risquent rien et peuvent attendre le feu violent de toutes leurs
armes, que l’adversaire soit à très courte portée.
L’embuscade doit observer et écouter. Il doit être possible, la nuit, d’entendre de très loin le bruit fait par les outils sur les arbres et plus encore sur
les poteaux, surtout lorsque l’homme à l’écoute a l’oreille sur un poteau. Il
convient alors de lever l’embuscade et de se porter sur les lieux en silence de
façon à se ménager la surprise. Il faut cependant éviter de se mettre dans le
champ d’une embuscade voisine. Une organisation minutieuse des embuscades
par Quartier et Sous-Quartier doit être prévue tous les soirs.
Le colonel Desjours insiste sur l’obligation pour toutes les unités
stationnées sur le territoire de la subdivision « d’effectuer des embuscades », les énumère et leur assigne une autre mission :
Il s’agit d’autre part [souligné dans le texte] de mettre la main sur tous
les instruments dont peuvent se servir les rebelles pour couper arbres et
poteaux tels que scies, haches, couperets de toutes sortes et qui se trouvent
dans les mechtas, soit dans les abords, en évidence ou camouflés. Ce sont
souvent les habitants qui effectuent le travail de destruction avec leurs propres
outils sur réquisition des rebelles. Il faudra également s’emparer des masses
et gros marteaux.
Les Maires, Chefs de communes de plein exercice, seront mis au courant
de cette mesure, demande le colonel Desjours.
Les outils ramassés seront entreposés dans les cantonnements des unités.
Il sera rendu compte [...] des outils qui auront été ramassés.
Le livre noir de la guerre d'Algérie
Contre ce mal au quotidien, ce mal parmi bien d’autres auquel elle
est confrontée, l’armée doit réagir. Par des astuces de surveillance et
d’intervention, dont les fellahs seront souvent les victimes. Dans une
«note de service secret» en date du 15 novembre 195680, le colonel Desjours, commandant la subdivision de Blida — division d’Alger,
revenait, auprès des commandants de sous-secteurs et de quartiers, sur
« la nécessité de s’opposer opiniâtrement à l’œuvre de destruction
entreprise par les rebelles en ce qui concerne les arbres des vergers et
les poteaux télégraphiques ».
À cette fin, l’organisation d’embuscades, l’une des armes préférées
de l’ennemi retournées contre lui :
Il s’agit d’une part de mettre en place la nuit de très nombreuses embuscades [souligné dans le texte] de 6 à 7 hommes, avec un chef, de façon à créer
pour les rebelles une ambiance d’insécurité et à avoir le maximum de chances
de faire tomber les saboteurs sous nos feux.
Il est rappelé que la mise en place des embuscades doit avoir lieu dès la
tombée de la nuit et à pied, au moins pour les deux derniers kilomètres, de
manière que les véhicules de transport ne révèlent pas le lieu de l’embuscade.
Il sera bien expliqué aux hommes que postés, la nuit, l’arme prête, dans le
silence, ils ne risquent rien et peuvent attendre le feu violent de toutes leurs
armes, que l’adversaire soit à très courte portée.
L’embuscade doit observer et écouter. Il doit être possible, la nuit, d’entendre de très loin le bruit fait par les outils sur les arbres et plus encore sur
les poteaux, surtout lorsque l’homme à l’écoute a l’oreille sur un poteau. Il
convient alors de lever l’embuscade et de se porter sur les lieux en silence de
façon à se ménager la surprise. Il faut cependant éviter de se mettre dans le
champ d’une embuscade voisine. Une organisation minutieuse des embuscades
par Quartier et Sous-Quartier doit être prévue tous les soirs.
Le colonel Desjours insiste sur l’obligation pour toutes les unités
stationnées sur le territoire de la subdivision « d’effectuer des embuscades », les énumère et leur assigne une autre mission :
Il s’agit d’autre part [souligné dans le texte] de mettre la main sur tous
les instruments dont peuvent se servir les rebelles pour couper arbres et
poteaux tels que scies, haches, couperets de toutes sortes et qui se trouvent
dans les mechtas, soit dans les abords, en évidence ou camouflés. Ce sont
souvent les habitants qui effectuent le travail de destruction avec leurs propres
outils sur réquisition des rebelles. Il faudra également s’emparer des masses
et gros marteaux.
Les Maires, Chefs de communes de plein exercice, seront mis au courant
de cette mesure, demande le colonel Desjours.
Les outils ramassés seront entreposés dans les cantonnements des unités.
Il sera rendu compte [...] des outils qui auront été ramassés.
