Du terrorisme à la répression
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Les propres impositions exigées par l’ALN sont à régler en argent
ou en nature, et des amendes sont prévues pour les récalcitrants. Dans
la région de Bougie, des musulmans qui s’étaient acquittés de l’impôt
de l’État ont été taxés par l’ALN d’une amende deux fois plus
importante.
Interdiction est faite de se rendre en pèlerinage à La Mecque. C’est
ce que rappelle un communiqué du commandement de la wilaya 5
d’Oran79 à l’intention de ses subordonnés :
La France a l’habitude chaque année, au moment du pèlerinage, d’inviter les
Musulmans à aller au pèlerinage. À l’époque actuelle que traverse l’Algérie, la
France envoie des délateurs à La Mecque. Par cette invitation, la France veut
prouver que :
1°. elle respecte les coutumes du peuple algérien, en temps de guerre,
2°. les Algériens ont la possibilité d’accomplir le pèlerinage avec facilité, et
que cette possibilité prouve que l’Algérie est, à l’heure actuelle en paix. Et
ainsi, de faire passer pour menteuse l’Armée Nationale Algérienne qui dit
qu’il y a la guerre en Algérie,
3°. ces pèlerins répandent la thèse française à l’extérieur et lui donnent du
crédit de par leur qualité de musulmans algériens.
C’est pourquoi nous vous demandons d’interdire ce pèlerinage à La Mecque
cette année [7957]. Quiconque ira en pèlerinage cette année sera châtié à son
tour.
Une menace qui est une fois de plus mise à exécution, comme en
témoigne ce communiqué de l’ALN :
Le 30 juillet 1957, Moussouni Mohamed qui avait été condamné à mort par
le tribunal militaire de la révolution algérienne de la wilaya d’Oran pour avoir
passé outre à l’interdiction formelle du FLN d’accomplir ce pèlerinage, a été
enlevé par quatre combattants et exécuté.
Moins spectaculaire et, bien entendu, moins douloureuse que les
mesures contre les hommes, la destruction par les rebelles des exploitations agricoles, des arbres fruitiers, des pieds de vigne, des poteaux
télégraphiques à une échelle qui donne le vertige (nous en donnions des
chiffres plus haut), pose un problème très grave aux autorités parce
qu’elle frappe au cœur l’économie algérienne déjà très tributaire de
l’Hexagone. On s’interroge d’ailleurs sur l’opportunité pour la rébellion
de pratiquer la politique de la terre saccagée et de ruiner 1 agriculture
algérienne qu’elle aura à prendre en charge si elle obtient 1 indépendance. On a envie d’écrire : et après ? Il faudra bien nourrir ces centaines de milliers d’Algériens qui émergeront de cette guerre intestine
encore plus pauvres qu’ils ne l’étaient à l’aube du soulèvement...
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Les propres impositions exigées par l’ALN sont à régler en argent
ou en nature, et des amendes sont prévues pour les récalcitrants. Dans
la région de Bougie, des musulmans qui s’étaient acquittés de l’impôt
de l’État ont été taxés par l’ALN d’une amende deux fois plus
importante.
Interdiction est faite de se rendre en pèlerinage à La Mecque. C’est
ce que rappelle un communiqué du commandement de la wilaya 5
d’Oran79 à l’intention de ses subordonnés :
La France a l’habitude chaque année, au moment du pèlerinage, d’inviter les
Musulmans à aller au pèlerinage. À l’époque actuelle que traverse l’Algérie, la
France envoie des délateurs à La Mecque. Par cette invitation, la France veut
prouver que :
1°. elle respecte les coutumes du peuple algérien, en temps de guerre,
2°. les Algériens ont la possibilité d’accomplir le pèlerinage avec facilité, et
que cette possibilité prouve que l’Algérie est, à l’heure actuelle en paix. Et
ainsi, de faire passer pour menteuse l’Armée Nationale Algérienne qui dit
qu’il y a la guerre en Algérie,
3°. ces pèlerins répandent la thèse française à l’extérieur et lui donnent du
crédit de par leur qualité de musulmans algériens.
C’est pourquoi nous vous demandons d’interdire ce pèlerinage à La Mecque
cette année [7957]. Quiconque ira en pèlerinage cette année sera châtié à son
tour.
Une menace qui est une fois de plus mise à exécution, comme en
témoigne ce communiqué de l’ALN :
Le 30 juillet 1957, Moussouni Mohamed qui avait été condamné à mort par
le tribunal militaire de la révolution algérienne de la wilaya d’Oran pour avoir
passé outre à l’interdiction formelle du FLN d’accomplir ce pèlerinage, a été
enlevé par quatre combattants et exécuté.
Moins spectaculaire et, bien entendu, moins douloureuse que les
mesures contre les hommes, la destruction par les rebelles des exploitations agricoles, des arbres fruitiers, des pieds de vigne, des poteaux
télégraphiques à une échelle qui donne le vertige (nous en donnions des
chiffres plus haut), pose un problème très grave aux autorités parce
qu’elle frappe au cœur l’économie algérienne déjà très tributaire de
l’Hexagone. On s’interroge d’ailleurs sur l’opportunité pour la rébellion
de pratiquer la politique de la terre saccagée et de ruiner 1 agriculture
algérienne qu’elle aura à prendre en charge si elle obtient 1 indépendance. On a envie d’écrire : et après ? Il faudra bien nourrir ces centaines de milliers d’Algériens qui émergeront de cette guerre intestine
encore plus pauvres qu’ils ne l’étaient à l’aube du soulèvement...
