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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
dèle, personne ne te délivrera de nos mains. Le lecteur est prié de diffuser cet
avis à tous les ouvriers, si tu ne le fais pas et que nous tuons quelqu’un parmi
eux, la faute retombera sur toi.
Ô ouvrier traître, si tu ne cesses pas ton travail chez les Français, nous te
tuerons comme nous avons tué les premiers. Ouvriers traîtres, assez. Ouvriers
traîtres, vous vous en prendrez à vous-mêmes des conséquences...
L’ALN renouvelle régulièrement aux ouvriers agricoles l’interdiction
de travailler chez les colons. Le 18 juin 1957, trois tracts rédigés en
arabe sont trouvés aux abords des fermes européennes, dans la région
d’Aïn-Temouchent (Nord-Oranie)76. Traduction :
De la part de l’Armée de Libération Nationale. Pour les ouvriers traîtres.
Vous, les ouvriers traîtres, il est interdit de travailler chez les colons. Celui
qui travaille sera condamné à mort par l’Armée de Libération.
Celui qui ne nous suit pas et ne fait pas la guerre avec nous n’est pas
musulman, il est contre l’Islam et la religion de Mohamed.
Salutations aux Musulmans francs et libres.
Une interdiction qui n’était pas faite à la légère... Beaucoup seront
exécutés pour l’avoir bravée, simplement pour échapper avec les leurs
à la misère. Le 3 juillet, notamment, et en exécution de cette menace,
un camion transportant des ouvriers agricoles musulmans est attaqué
près de Aïn-Temouchent77. Une femme est tuée. Sept autres musulmans, dont cinq femmes, sont blessés à coups de couteau, et le chauffeur est enlevé.
L’ALN engagera également la « bataille des moissons » dont certaines devront être protégées par l’armée. Dans sa « décision n° 1078 »,
le commandement wilaya 2-Nord-Constantinois
met en garde les responsables à tous les échelons sur l’extrême importance de la
récolte des grains de l’été 1957... Toutes les récoltes qui pourront être volées,
poursuit-il, devront être ramassées et transportées dans le plus bref délai... Tous
les moyens devront être employés, y compris l’emploi de la population civile.
Cette question passe avant toutes les autres... Toutes les récoltes dont nous n’aurons pas la possibilité de nous emparer devront être brûlées...
Interdiction est faite aux fellahs de déclarer leurs récoltes, une interdiction qui s’ajoute d’ailleurs à d’autres contraintes, dans d’autres
domaines, selon le catalogue établi par l’ALN : de répondre aux convocations des bureaux de l’Administration, et en particulier de la justice,
de fréquenter les tribunaux, de verser l’impôt à l’État, de se faire établir
des cartes d’identité, et dans ces conditions de fréquenter les bureaux
d’état civil. Mais avant tout de participer aux Délégations spéciales.
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
dèle, personne ne te délivrera de nos mains. Le lecteur est prié de diffuser cet
avis à tous les ouvriers, si tu ne le fais pas et que nous tuons quelqu’un parmi
eux, la faute retombera sur toi.
Ô ouvrier traître, si tu ne cesses pas ton travail chez les Français, nous te
tuerons comme nous avons tué les premiers. Ouvriers traîtres, assez. Ouvriers
traîtres, vous vous en prendrez à vous-mêmes des conséquences...
L’ALN renouvelle régulièrement aux ouvriers agricoles l’interdiction
de travailler chez les colons. Le 18 juin 1957, trois tracts rédigés en
arabe sont trouvés aux abords des fermes européennes, dans la région
d’Aïn-Temouchent (Nord-Oranie)76. Traduction :
De la part de l’Armée de Libération Nationale. Pour les ouvriers traîtres.
Vous, les ouvriers traîtres, il est interdit de travailler chez les colons. Celui
qui travaille sera condamné à mort par l’Armée de Libération.
Celui qui ne nous suit pas et ne fait pas la guerre avec nous n’est pas
musulman, il est contre l’Islam et la religion de Mohamed.
Salutations aux Musulmans francs et libres.
Une interdiction qui n’était pas faite à la légère... Beaucoup seront
exécutés pour l’avoir bravée, simplement pour échapper avec les leurs
à la misère. Le 3 juillet, notamment, et en exécution de cette menace,
un camion transportant des ouvriers agricoles musulmans est attaqué
près de Aïn-Temouchent77. Une femme est tuée. Sept autres musulmans, dont cinq femmes, sont blessés à coups de couteau, et le chauffeur est enlevé.
L’ALN engagera également la « bataille des moissons » dont certaines devront être protégées par l’armée. Dans sa « décision n° 1078 »,
le commandement wilaya 2-Nord-Constantinois
met en garde les responsables à tous les échelons sur l’extrême importance de la
récolte des grains de l’été 1957... Toutes les récoltes qui pourront être volées,
poursuit-il, devront être ramassées et transportées dans le plus bref délai... Tous
les moyens devront être employés, y compris l’emploi de la population civile.
Cette question passe avant toutes les autres... Toutes les récoltes dont nous n’aurons pas la possibilité de nous emparer devront être brûlées...
Interdiction est faite aux fellahs de déclarer leurs récoltes, une interdiction qui s’ajoute d’ailleurs à d’autres contraintes, dans d’autres
domaines, selon le catalogue établi par l’ALN : de répondre aux convocations des bureaux de l’Administration, et en particulier de la justice,
de fréquenter les tribunaux, de verser l’impôt à l’État, de se faire établir
des cartes d’identité, et dans ces conditions de fréquenter les bureaux
d’état civil. Mais avant tout de participer aux Délégations spéciales.
