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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
vailleurs immigrés —, et rassemble quelque trois mille adhérents. Mais
en 1929 l’Étoile nord-africaine est dissoute et émerge d’une semi-clandestinité en 1933 sous la forme de « Glorieuse Étoile nord-africaine »
qui se dote d’un journal, El Ouma, « La Nation », qui tombe régulièrement sous le coup des interdictions. Messali Hadj s’est affirmé pendant
ces années comme le dirigeant d’un courant nationaliste algérien présent sur la scène internationale en participant notamment au congrès
anti-impérialiste de Bruxelles, en 1927, aux côtés de Nehru et de Hô
Chi Minh.
Les objectifs de l’Étoile, sous ses diverses variantes obligées — en
1937, elle se métamorphosera en «Amis d’El Ouma» —, sont, dès
1933, clairement et catégoriquement affichés : «l’indépendance de
l’Algérie, le retrait total des troupes d’occupation, la construction d’une
armée nationale », une anticipation pour le moins audacieuse qui vaut
à Messali et à plusieurs de ses compagnons de route une première arrestation — on finira par ne plus pouvoir les compter... —, en novembre
1934. À ces manifestes provocateurs, Messali Hadj et les siens ajoutent
une propagande antimilitariste. Ils sont condamnés à six mois de prison.
Le dirigeant nationaliste s’était montré solidaire des partis de gauche
contre l’insurrection larvée les Ligues factieuses, le 6 février 1934, mais
l’année suivante il attire de nouveau l’attention sur lui, est une fois
encore condamné et n’échappe à la prison qu’en se réfugiant en Belgique et en Suisse. En Algérie, pendant ce temps, le climat s’alourdit
pour la communauté juive ; les 3 et 5 août, une foule musulmane poussée par des agitateurs européens se livre, à Constantine, au meurtre et au
pillage. Vingt-trois Juifs sont assassinés, souvent égorgés, des magasins
pillés et saccagés sans que la police intervienne. Ces scènes sanglantes
ont pour toile de fond une agitation antisémite entretenue par des mouvements d’extrême droite, émanations de ceux de la métropole...
Le gouvernement Léon Blum laisse passer
les occasions de réformes
• Les 26 avril et 3 mai 1936, les partis rassemblés dans le Front
populaire remportent les élections. Dans un climat social de revendications et de grandes grèves qui peuvent laisser présager une profonde
crise de régime et plongent dans le désarroi les milieux conservateurs
1 Algérie n’a pas été épargnée, les dockers de Mostaganem, notamment, ont arrêté le travail —, Léon Blum, dont le parti (la SFIO
socialiste) est arrivé en tête de la coalition de gauche, forme le gouvernement. Maurice Viollette est ministre d’État. Est-ce une chance pour
une évolution politique de l’Algérie5 ?
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
vailleurs immigrés —, et rassemble quelque trois mille adhérents. Mais
en 1929 l’Étoile nord-africaine est dissoute et émerge d’une semi-clandestinité en 1933 sous la forme de « Glorieuse Étoile nord-africaine »
qui se dote d’un journal, El Ouma, « La Nation », qui tombe régulièrement sous le coup des interdictions. Messali Hadj s’est affirmé pendant
ces années comme le dirigeant d’un courant nationaliste algérien présent sur la scène internationale en participant notamment au congrès
anti-impérialiste de Bruxelles, en 1927, aux côtés de Nehru et de Hô
Chi Minh.
Les objectifs de l’Étoile, sous ses diverses variantes obligées — en
1937, elle se métamorphosera en «Amis d’El Ouma» —, sont, dès
1933, clairement et catégoriquement affichés : «l’indépendance de
l’Algérie, le retrait total des troupes d’occupation, la construction d’une
armée nationale », une anticipation pour le moins audacieuse qui vaut
à Messali et à plusieurs de ses compagnons de route une première arrestation — on finira par ne plus pouvoir les compter... —, en novembre
1934. À ces manifestes provocateurs, Messali Hadj et les siens ajoutent
une propagande antimilitariste. Ils sont condamnés à six mois de prison.
Le dirigeant nationaliste s’était montré solidaire des partis de gauche
contre l’insurrection larvée les Ligues factieuses, le 6 février 1934, mais
l’année suivante il attire de nouveau l’attention sur lui, est une fois
encore condamné et n’échappe à la prison qu’en se réfugiant en Belgique et en Suisse. En Algérie, pendant ce temps, le climat s’alourdit
pour la communauté juive ; les 3 et 5 août, une foule musulmane poussée par des agitateurs européens se livre, à Constantine, au meurtre et au
pillage. Vingt-trois Juifs sont assassinés, souvent égorgés, des magasins
pillés et saccagés sans que la police intervienne. Ces scènes sanglantes
ont pour toile de fond une agitation antisémite entretenue par des mouvements d’extrême droite, émanations de ceux de la métropole...
Le gouvernement Léon Blum laisse passer
les occasions de réformes
• Les 26 avril et 3 mai 1936, les partis rassemblés dans le Front
populaire remportent les élections. Dans un climat social de revendications et de grandes grèves qui peuvent laisser présager une profonde
crise de régime et plongent dans le désarroi les milieux conservateurs
1 Algérie n’a pas été épargnée, les dockers de Mostaganem, notamment, ont arrêté le travail —, Léon Blum, dont le parti (la SFIO
socialiste) est arrivé en tête de la coalition de gauche, forme le gouvernement. Maurice Viollette est ministre d’État. Est-ce une chance pour
une évolution politique de l’Algérie5 ?
