Les années perdues
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il accepte celui de l’Algérie, en 1925, alors que vient d’éclater la guerre
du Rif. Entrepreneur très actif, il lance de grands travaux, s’attachant
en particulier à la construction d’écoles, cherchant à améliorer les
conditions de vie des indigènes, mais s’attire l’hostilité des milieux
conservateurs et... d’extrême gauche. Il démissionne en 1927. En 1936
il tentera d’obtenir du gouvernement de Front populaire une extension
du droit de vote des musulmans, mais ses propositions, bien que fort
modestes, ne seront pas entendues.
Françoise Gaspard rappelle que Maurice Viollette avait adressé cet
avertissement aux colons :
Les indigènes d’Algérie, par votre faute, n’ont pas encore de patrie. Ils en
cherchent une. Ils vous demandent la patrie française. Donnez-la-leur vite, ou
sans cela ils en feront une autre...
Et toujours à propos des colons d’Algérie, en 1931 :
[...] Je redoute que la légitime fierté des résultats leur ait installé dans l’esprit, à la façon d’un dogme, que l’Algérie dans l’avenir ne pourra continuer à
être que par eux et pour eux ; s’il en était ainsi, et si la métropole n’intervenait
pas pour imposer un point de vue plus juste et plus humain, l’Algérie serait
condamnée...
En 1926, au cours de l’été, apparaît en métropole une nouvelle association, l’Étoile nord-africaine (ENA), qu’il n’est pas exagéré de considérer comme l’ancêtre des mouvements nationalistes algériens
puisqu’elle rassemble dès son origine une très grande majorité de militants de cette partie du Maghreb4. Elle n’est guère dans les premiers
temps qu’une émanation du Parti communiste français dont viennent
d’ailleurs la plupart de ses dirigeants. Tel est le cas de Messali Hadj,
pendant longtemps leader charismatique du nationalisme algérien avant
de céder le pas aux radicaux du FLN. La séparation entre le PCF et
l’Étoile deviendra effective en 1933, en dépit des liens de solidarité qui
subsisteront entre eux.
Messali Hadj est né en 1898, à Tlemcen, où son père est cordonnier.
Il est élevé dans la tradition de l’islam, passe son certificat d’études,
effectue son service militaire ; revenant à la vie civile, il va d’un emploi
à l’autre, déjà repéré pour son activisme. En 1925, il adhère au PCF et
rejoint deux années plus tard l’Étoile nord-africaine qui le désigne
comme secrétaire général. Le mouvement recrute essentiellement à
Paris et dans les grands centres industriels — c’est un fait que le nationalisme algérien prend forme et se développe en priorité chez les tra­
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