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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
peuplement comprend une forte minorité d’origine européenne et dont
le maire est élu exclusivement par les citoyens français, avec la participation d’une minorité musulmane sous de très strictes conditions ; les
« communes mixtes » gérées par des administrateurs nommés par le
gouverneur général et assistés de caïds ; l’administration des territoires
du Sud, enfin, confiée aux militaires. La loi du 26 juin 1889 donne la
naturalisation aux fils d’étrangers nés en Algérie, sous condition de leur
propre accord.
• Le 22 janvier 1898, et en écho à l’agitation antisémite qui se développe en métropole avec l’affaire Dreyfus, une violente émeute, dont
les instigateurs et les acteurs sont d’origine européenne, éclate à Alger2.
On relève un mort et des centaines de blessés, 140 maisons ou magasins
appartenant à des Israélites sont pillées. Edouard Drumont, l’auteur de
La France juive, est élu député d’Alger à la majorité écrasante de
11 850 voix contre respectivement 2 296 et 1 697 à ses deux adversaires. En même temps que lui, trois autres antisémites notoires, dont
le maire d’Alger, Emile Morinaud, par ailleurs franc-maçon, iront
représenter l’Algérie à la Chambre des députés, sur les six que comptent
les trois départements. Mais Drumont et les trois autres députés élus
sous l’étiquette antisémite seront battus aux législatives de 1902 qui
porteront Emile Combes à la présidence du Conseil.
• Cependant, la Première Guerre mondiale ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire de l’Algérie, celle d’une fraternité d’armes scellée
sur les terrifiants champs de bataille : 25 000 indigènes donnent leur
vie aux côtés de 22 000 citoyens français.
• Les années 20 annoncent l’émergence du nationalisme organisé et
la succession des « occasions manquées » dont l’évocation laisse un
goût d’amertume, de regret, vain, il est vrai, mais permanent lorsque,
pas à pas, on approche des années les plus sombres, celles de la longue
guerre absurde. Il faut donc y venir, sereinement, l’heure n’étant plus
aux réquisitoires, ne serait-ce qu’en raison du respect élémentaire que
l’on doit aux victimes.
Les années 20... Un nom s’impose dans l’après-guerre. C’est Maurice
Viollette, et on le baptisera « Viollette l’Arabe3 ». Il est né en 1870.
De bonne famille de la Beauce, études de droit à Paris. Collaborateur de
La Petite République, il est élu en 1902 — sous l’étiquette de socialiste
indépendant — député de Dreux dont il est maire. Très tôt, il s’intéresse
aux problèmes d outre-mer ; rapporteur des budgets des colonies à la
Chambre, en 1912, il dénonce les abus de l’Administration en Indochine. Après avoir écarté plusieurs propositions de gouverneur général,
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
peuplement comprend une forte minorité d’origine européenne et dont
le maire est élu exclusivement par les citoyens français, avec la participation d’une minorité musulmane sous de très strictes conditions ; les
« communes mixtes » gérées par des administrateurs nommés par le
gouverneur général et assistés de caïds ; l’administration des territoires
du Sud, enfin, confiée aux militaires. La loi du 26 juin 1889 donne la
naturalisation aux fils d’étrangers nés en Algérie, sous condition de leur
propre accord.
• Le 22 janvier 1898, et en écho à l’agitation antisémite qui se développe en métropole avec l’affaire Dreyfus, une violente émeute, dont
les instigateurs et les acteurs sont d’origine européenne, éclate à Alger2.
On relève un mort et des centaines de blessés, 140 maisons ou magasins
appartenant à des Israélites sont pillées. Edouard Drumont, l’auteur de
La France juive, est élu député d’Alger à la majorité écrasante de
11 850 voix contre respectivement 2 296 et 1 697 à ses deux adversaires. En même temps que lui, trois autres antisémites notoires, dont
le maire d’Alger, Emile Morinaud, par ailleurs franc-maçon, iront
représenter l’Algérie à la Chambre des députés, sur les six que comptent
les trois départements. Mais Drumont et les trois autres députés élus
sous l’étiquette antisémite seront battus aux législatives de 1902 qui
porteront Emile Combes à la présidence du Conseil.
• Cependant, la Première Guerre mondiale ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire de l’Algérie, celle d’une fraternité d’armes scellée
sur les terrifiants champs de bataille : 25 000 indigènes donnent leur
vie aux côtés de 22 000 citoyens français.
• Les années 20 annoncent l’émergence du nationalisme organisé et
la succession des « occasions manquées » dont l’évocation laisse un
goût d’amertume, de regret, vain, il est vrai, mais permanent lorsque,
pas à pas, on approche des années les plus sombres, celles de la longue
guerre absurde. Il faut donc y venir, sereinement, l’heure n’étant plus
aux réquisitoires, ne serait-ce qu’en raison du respect élémentaire que
l’on doit aux victimes.
Les années 20... Un nom s’impose dans l’après-guerre. C’est Maurice
Viollette, et on le baptisera « Viollette l’Arabe3 ». Il est né en 1870.
De bonne famille de la Beauce, études de droit à Paris. Collaborateur de
La Petite République, il est élu en 1902 — sous l’étiquette de socialiste
indépendant — député de Dreux dont il est maire. Très tôt, il s’intéresse
aux problèmes d outre-mer ; rapporteur des budgets des colonies à la
Chambre, en 1912, il dénonce les abus de l’Administration en Indochine. Après avoir écarté plusieurs propositions de gouverneur général,
