Du terrorisme à la répression
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cafetier, très populaire, Ougueni, le dirigeant du mouvement Boudjerida, le journaliste Zahini, déjà un délégué syndical, Rihani. Ce dernier,
qui avait été blessé une première fois en décembre 1955, sera tué en
septembre 1956.
Il n’est pas possible de se taire... Cette interpellation qui s’adresse
essentiellement à une tendance de la gauche française qui s’est engagée
dans le combat contre la guerre ne recevra pas de réponse immédiate.
Filali Abdallah n’est pas Ahmed Bekhat, il n’est que le pilote en second
de l’USTA. Mais le 26 octobre 1957 une limite a été franchie, qui
déclenche une vague de protestations — dont s’excluent le parti
communiste et la CGT —, parmi les intellectuels les plus affichés dans
la contestation de la politique française en Algérie et la dénonciation
de la torture. A l’initiative de Jean Cassou, des personnalités comme
André Breton, Maurice Clavel, Daniel Guérin, Michel Leiris, Clara
Malraux, Edgar Morin, Maurice Nadeau, Benjamin Péret, Marceau
Pivert, Laurent Schwartz, affirment dans une déclaration commune :
Seuls les vrais colonialistes peuvent se réjouir de ces actes, grâce auxquels
sont supprimés des hommes que la répression n’avait pas abattus. Quant à ceux
qui ont toujours eu à cœur de lutter contre le colonialisme et de manifester leur
sympathie au peuple algérien, il leur importe de crier leur indignation. Le
silence deviendrait complicité.
Claude Bourdet, ce franc-tireur de la campagne contre la guerre d’Algérie à qui les articles dans France-Observateur avaient valu d’être
arrêté sur instruction du ministre de la Défense Bourgès-Maunoury,
tranche tout net dans le numéro du 7 novembre 1957 de l’hebdomadaire. Ces quelques phrases sont un constat qui prend une dimension
prophétique :
Les attentats antimessalistes ont maintenant un caractère systématique et
cette liquidation de rivaux politiques fait très mal augurer de l’esprit de justice
que les dirigeants du Front montreraient demain à la tête d’un gouvernement
algérien, tant vis-à-vis de leurs compatriotes que des Européens...
Guerre fratricide en France et en Algérie
L’affrontement entre FLN et MNA ne saurait se résumer aux torts
exclusifs du premier, en tout cas en métropole où, pour compenser
leur perte d’influence en Algérie, les messalistes ont pris 1 initiative de
l’offensive. Pendant l’année 1956, selon les chiffres du ministère de
l’intérieur70, 80 frontistes ont été exécutés par leurs adversaires. Le
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cafetier, très populaire, Ougueni, le dirigeant du mouvement Boudjerida, le journaliste Zahini, déjà un délégué syndical, Rihani. Ce dernier,
qui avait été blessé une première fois en décembre 1955, sera tué en
septembre 1956.
Il n’est pas possible de se taire... Cette interpellation qui s’adresse
essentiellement à une tendance de la gauche française qui s’est engagée
dans le combat contre la guerre ne recevra pas de réponse immédiate.
Filali Abdallah n’est pas Ahmed Bekhat, il n’est que le pilote en second
de l’USTA. Mais le 26 octobre 1957 une limite a été franchie, qui
déclenche une vague de protestations — dont s’excluent le parti
communiste et la CGT —, parmi les intellectuels les plus affichés dans
la contestation de la politique française en Algérie et la dénonciation
de la torture. A l’initiative de Jean Cassou, des personnalités comme
André Breton, Maurice Clavel, Daniel Guérin, Michel Leiris, Clara
Malraux, Edgar Morin, Maurice Nadeau, Benjamin Péret, Marceau
Pivert, Laurent Schwartz, affirment dans une déclaration commune :
Seuls les vrais colonialistes peuvent se réjouir de ces actes, grâce auxquels
sont supprimés des hommes que la répression n’avait pas abattus. Quant à ceux
qui ont toujours eu à cœur de lutter contre le colonialisme et de manifester leur
sympathie au peuple algérien, il leur importe de crier leur indignation. Le
silence deviendrait complicité.
Claude Bourdet, ce franc-tireur de la campagne contre la guerre d’Algérie à qui les articles dans France-Observateur avaient valu d’être
arrêté sur instruction du ministre de la Défense Bourgès-Maunoury,
tranche tout net dans le numéro du 7 novembre 1957 de l’hebdomadaire. Ces quelques phrases sont un constat qui prend une dimension
prophétique :
Les attentats antimessalistes ont maintenant un caractère systématique et
cette liquidation de rivaux politiques fait très mal augurer de l’esprit de justice
que les dirigeants du Front montreraient demain à la tête d’un gouvernement
algérien, tant vis-à-vis de leurs compatriotes que des Européens...
Guerre fratricide en France et en Algérie
L’affrontement entre FLN et MNA ne saurait se résumer aux torts
exclusifs du premier, en tout cas en métropole où, pour compenser
leur perte d’influence en Algérie, les messalistes ont pris 1 initiative de
l’offensive. Pendant l’année 1956, selon les chiffres du ministère de
l’intérieur70, 80 frontistes ont été exécutés par leurs adversaires. Le
