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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Le 20 septembre 1957, Ahmed Semmache, militant syndicaliste, dirigeant
de la Région parisienne de l’USTA, était lâchement assassiné. Il fut l’un des
promoteurs de cette Centrale syndicale et avait participé très activement à son
congrès de fondation.
Le 24 septembre 1957, Mellouli Saïd, militant de l’USTA, responsable de
cette Union syndicale de la Régie Renault, tombait, à son tour, sous les balles.
Le même jour, Hocine Maroc, militant de l’USTA, ouvrier métallurgiste aux
usines Panhard [marque automobile aujourd’hui disparue], agressé boulevard
Saint-Germain, était à son tour assassiné. Il était le frère de Mohamed Maroc,
l’un des plus remarquables leaders du MNA qui purge actuellement une peine
de deux ans d’emprisonnement qui lui a été infligée pour son activité
nationaliste.
Cette succession d’attentats s’est produite quelques semaines après l’appel
qu’avait lancé Messali Hadj à ses compatriotes pour qu’ils prennent
conscience de l’immense préjudice que porte à la cause algérienne l’emploi
de pareilles méthodes pour régler les différends entre Nationalistes.
Cet appel semblait avoir été largement entendu par les Algériens résidant
en France puisque, pendant plus de deux semaines, les règlements de comptes
avaient presque entièrement cessé.
Après une accalmie, que les démocrates français avaient enregistrée avec
joie, les attentats ont repris. Ils sont dirigés essentiellement contre les responsables syndicalistes de l’USTA.
Aux trois attentats que nous avons rappelés est venu s’en ajouter un
quatrième.
Le 7 octobre, dans la matinée, Filali Abdallah, secrétaire général adjoint de
l’USTA, était frappé, rue d’Enghien, de quatre balles dans le dos. Grièvement
blessé, il était transporté à l’hôpital.
La personnalité de la victime souligne encore la gravité de l’attentat. Filali
Abdallah est l’une des figures marquantes du nationalisme algérien. Compagnon de Messali Hadj depuis 1933, il a participé à toutes les luttes contre le
colonialisme. Condamné sous Vichy aux travaux forcés, condamné par contumace en 1945, ayant passé toute une partie de sa vie dans les prisons, aucune
épreuve n’a pu venir à bout de son dynamisme et de sa confiance dans un
avenir fraternel du peuple français et du peuple algérien libéré du colonialisme.
Devant de pareils attentats, conclut le communiqué du MNA, il n’est pas
possible de se taire...
Le recensement du MNA ne fait pas état de celui qui a frappé Cheikh
Ali, ex-adjoint du maire d’Alger et proche de Messali, qui est abattu le
29 octobre à la station de métro Sèvres-Babylone à Paris.
Mais le FLN n’a pas attendu septembre et octobre 1957 pour frapper
1 adversaire... En 1956, plusieurs personnalités messalistes ont été
condamnées à mort et exécutées : le conseiller municipal Doumene, le
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Le 20 septembre 1957, Ahmed Semmache, militant syndicaliste, dirigeant
de la Région parisienne de l’USTA, était lâchement assassiné. Il fut l’un des
promoteurs de cette Centrale syndicale et avait participé très activement à son
congrès de fondation.
Le 24 septembre 1957, Mellouli Saïd, militant de l’USTA, responsable de
cette Union syndicale de la Régie Renault, tombait, à son tour, sous les balles.
Le même jour, Hocine Maroc, militant de l’USTA, ouvrier métallurgiste aux
usines Panhard [marque automobile aujourd’hui disparue], agressé boulevard
Saint-Germain, était à son tour assassiné. Il était le frère de Mohamed Maroc,
l’un des plus remarquables leaders du MNA qui purge actuellement une peine
de deux ans d’emprisonnement qui lui a été infligée pour son activité
nationaliste.
Cette succession d’attentats s’est produite quelques semaines après l’appel
qu’avait lancé Messali Hadj à ses compatriotes pour qu’ils prennent
conscience de l’immense préjudice que porte à la cause algérienne l’emploi
de pareilles méthodes pour régler les différends entre Nationalistes.
Cet appel semblait avoir été largement entendu par les Algériens résidant
en France puisque, pendant plus de deux semaines, les règlements de comptes
avaient presque entièrement cessé.
Après une accalmie, que les démocrates français avaient enregistrée avec
joie, les attentats ont repris. Ils sont dirigés essentiellement contre les responsables syndicalistes de l’USTA.
Aux trois attentats que nous avons rappelés est venu s’en ajouter un
quatrième.
Le 7 octobre, dans la matinée, Filali Abdallah, secrétaire général adjoint de
l’USTA, était frappé, rue d’Enghien, de quatre balles dans le dos. Grièvement
blessé, il était transporté à l’hôpital.
La personnalité de la victime souligne encore la gravité de l’attentat. Filali
Abdallah est l’une des figures marquantes du nationalisme algérien. Compagnon de Messali Hadj depuis 1933, il a participé à toutes les luttes contre le
colonialisme. Condamné sous Vichy aux travaux forcés, condamné par contumace en 1945, ayant passé toute une partie de sa vie dans les prisons, aucune
épreuve n’a pu venir à bout de son dynamisme et de sa confiance dans un
avenir fraternel du peuple français et du peuple algérien libéré du colonialisme.
Devant de pareils attentats, conclut le communiqué du MNA, il n’est pas
possible de se taire...
Le recensement du MNA ne fait pas état de celui qui a frappé Cheikh
Ali, ex-adjoint du maire d’Alger et proche de Messali, qui est abattu le
29 octobre à la station de métro Sèvres-Babylone à Paris.
Mais le FLN n’a pas attendu septembre et octobre 1957 pour frapper
1 adversaire... En 1956, plusieurs personnalités messalistes ont été
condamnées à mort et exécutées : le conseiller municipal Doumene, le
