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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
FLN prend cependant le dessus en 1957 grâce à la nomination, en juin,
d’Omar Boudaoud à la tête de la Fédération de France. Trois wilayas
sont formées sur le territoire métropolitain : la première comprend
Paris, la région parisienne, la Bretagne et la Normandie ; la wilaya 2
avec le Centre, Marseille, Lyon et Bordeaux ; la wilaya 3 le Nord et
l’Est avec Lille et Strasbourg. Le FLN peut alors revendiquer
20 000 adhérents et des rentrées de quelque vingt millions par mois par
le jeu des collectes et des cotisations qui sont arrachées par la force aux
récalcitrants.
L’ancien de l’Organisation spéciale confie à Rabah Bouaziz le
commandement d’une OS à l’échelle de la métropole. La mission est
double : perpétrer des sabotages, et plus encore lancer contre l’adversaire messaliste des expéditions punitives. Ainsi, la France métropolitaine devient chaque jour davantage le champ clos des règlements de
comptes et d’une véritable guerre d’extermination. Depuis le début de
1957 jusqu’à la mi-novembre environ, on a recensé une moyenne de
deux assassinats par jour, et 2 000 blessés.
Dans une ville comme Lyon, 47 meurtres à caractère politique ont
été enregistrés pendant les dix premiers mois de l’année 1957, dont 30,
rien que d’août à fin octobre. Les attentats, dont les musulmans sont
les victimes ciblées, deviennent aussi fréquents qu’en Algérie. Plusieurs
tribunaux clandestins du FLN sont mis à jour par la police ; ainsi le
2 novembre, rue Champlain, à Paris où le cadavre d’un « accusé » est
retrouvé, portant des traces de torture.
La police se devait de réagir pour mettre un terme à ces empoignades
sanglantes sur le territoire métropolitain. Le 8 avril 1957, à 4 heures du
matin, 800 gendarmes et agents de police assistés de 200 inspecteurs
en civil avaient cerné le quartier de la Goutte d’Or, à Paris, et perquisitionné dans Jes immeubles. Les mesures de sécurité sont renforcées à
l’automne. À l’initiative de Maurice Bourgès-Maunoury, ministre de
l’intérieur dans le gouvernement Gaillard, les rondes et les rafles, les
contrôles sur la voie publique et dans les gares seront multipliés. Perquisitions, y compris nocturnes (des milliers d’armes seront saisies),
fouilles des bagages, arrestations, assignations à résidence, fermetures
de cafés, hôtels ou meublés, la France métropolitaine voit de plus en
plus la guerre d’Algérie s’instaurer sur son sol.
Mais la répression du terrorisme en métropole achoppe sur la loi
pénale qui ne permet essentiellement que de sanctionner des actes individuels, la police éprouvant de son côté de grandes difficultés à pénétrer
un milieu très fermé et à recruter des informateurs peu disposés à s’exposer à des représailles. Cependant, le 12 novembre, l’état-major du
FLN de la région nord de Paris est décapité, 86 personnes sont arrêtées.
Le 24, Mohamed Khemisti, le secrétaire général du Syndicat des étu­
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