Du terrorisme à la répression
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Mme Audin a donc certaines raisons de reprendre espoir, d’autant
qu’elle apprend que Godard est prêt à la rencontrer, le 1er juillet. Elle
se présente, mais c’est le colonel Trinquier qui la reçoit, pour lui donner
lecture d’un rapport établi le 25 juin par le lieutenant-colonel Mayer,
commandant le 1er RCP... Selon Mayer, Maurice Audin s’est évadé, et
n’a pas été retrouvé, au cours de son transfert d’El-Biar à la villa Massilia, 5, rue Faidherbe.
Fuites, évasions, suicides... Les versions « fantaisistes » s’accumulent... Et la fin de Maurice Audin risque fort, en ce mois de juin 1957,
d’ajouter un mauvais roman-feuilleton à la série des disparitions « mystérieuses ». Alertée, la Commission de sauvegarde des droits et des
libertés individuelles a lancé une enquête, mais elle est incapable de
trancher, bien que la plupart de ses membres aient de sérieux motifs de
ne pas accréditer la version officielle. Le général Allard, commandant
la division d’Alger, chargé de remettre l’affaire en examen, confirme :
Maurice Audin s’est évadé, Maurice Audin a disparu...
• 12 juin. Maurice Bourgès-Maunoury, ancien polytechnicien, grand
résistant, radical-socialiste, très proche de la famille Baylet et de La
Dépêche du Midi, onze fois ministre ou secrétaire d’État en dix ans, est
investi par l’Assemblée nationale dans un climat de crise.
La guerre d’Algérie est, moralement et financièrement, de plus en
plus lourde à porter. Alors que, selon les sondages, le gouvernement de
Guy Mollet avait bénéficié d’une confiance de près de 40 % des Français pour « régler les difficultés d’Algérie », ils seront moins de 30 %
pour soutenir le gouvernement Bourgès-Maunoury. Plus encore, près de
la moitié des personnes interrogées se déclareront, en septembre 1957,
favorables à un cessez-le-feu et à des négociations avec le FLN.
Les dépenses militaires représentent, en 1957, près de 30 % du budget de l’Etat, soit le triple, à titre d’exemple, des dépenses consacrées
à l’Éducation nationale. La part réservée à l’Algérie est passée, selon
les évaluations moyennes, de 50 milliards en 1955... à 300 milliards en
1956.
• 17 juin. À l’initiative, sur le plan politique, d’André Morice,
ministre de la Défense nationale dans le gouvernement Bourgès-Maunoury, et pour endiguer la pénétration constante de bandes rebelles de
plus en plus nombreuses en territoire algérien, commencent les travaux
de construction d’un barrage à la frontière tunisienne.
À l’ouest, le corps d’armée d’Oran avait lancé, en mai 1956, la
construction d’un barrage contre les incursions des éléments de l’ALN
regroupés en territoire marocain.
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