Du terrorisme à la répression
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que les autorités françaises chargées de la police ont été mises au courant de
sa préparation. Ces autorités pouvaient en effet prendre toutes les mesures
nécessaires pour éviter ces massacres qui, chaque jour, se renouvellent. Or,
aucune mesure n’a été prise dans ce sens. C’est pourquoi on a vu des foules
de colonialistes français armés partir à l’assaut d’un quartier arabe, saccageant
plus de cent magasins, et tuant un grand nombre d’Algériens, plus de cent,
sans exagération...
On ne connaîtra sans doute jamais le nombre des victimes musulmanes des violences du 11 juin, les services du Gouvernement général
s’en tenant aux chiffres de cinq morts et cinquante blessés.
Pendant ce temps, et sans discontinuer depuis mai, d’autres musulmans paient de leur vie leur fidélité à la France, assassinés ou enlevés ;
aucun jour ne se passe sans que l’on ne signale de nouvelles victimes.
Les membres des délégations spéciales, les fonctionnaires, les anciens
combattants sont les plus touchés, mais bien d’autres, qui n’occupent
pas de fonctions officielles, et pour des raisons parfois inexpliquées,
mais qui peuvent aller du refus de payer l’impôt à celui de rallier les
rebelles.
Pour la période du 10 au 16 juin, quelques exemples recensés65...
S’agissant des membres des délégations spéciales :
Un blessé, grièvement, au sud de Tigzirt. — Deux enlevés, dans la
région de Zemmorah et de Guenzet, en Petite Kabylie. — Neuf musulmans sont enlevés, près de Bougie, l’un d’eux, membre de la Délégation
spéciale de La Réunion est retrouvé plus tard, tué par balles. — Un
autre est assassiné dans la région de Bab Ali, près de Mascara.
Des fonctionnaires :
Le caïd Boumaïza Abdelkadi, employé à la sous-préfecture de
Guelma, est mortellement blessé. — Un greffier du tribunal de Mostaganem est blessé par un coup de feu. — Un musulman, employé dans
une SAS, et son frère sont assassinés à Sidi Okba, près de Biskra. — Un
chef de douar subit le même sort à Aïn-Khial, dans le Nord-Oranais.
Des anciens combattants :
Une grenade lancée à Ténès, dans le bar de l’Association « Rhin et
Danube », fait huit blessés, tous musulmans. — Un musulman, médaillé
militaire, est assassiné près de Renault (Oranie).
Attentats et exactions divers, indiscutablement liés au terrorisme :
Place d’Aumale, à Constantine, une grenade explose dans la foule...
un mort, seize blessés, dont treize Israélites et trois musulmans.
Dix musulmans du douar Sidi Aïssa, près d’Aumale, sont enlevés.
Une fraction du douar Djebel Amara (près de Beni-Saf, en Oranie)
est attaquée par une bande rebelle. Une femme est tuée. Deux hommes
et une femme sont enlevés.
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