Du terrorisme à la répression
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Nouveaux attentats terroristes, exaspération et vengeances.,.
• 3-9 juin. L’émotion est à peine retombée après le triple massacre
que deux très graves attentats secouent Alger, à quelques jours de distance. Dans le premier cas, les musulmans sont nombreux parmi les
victimes.
3 juin. C’est un lundi, en fin de matinée. Les socles de trois lampadaires, qui servent d’arrêts d’autobus et où l’affluence est grande,
explosent en même temps, près de la poste, rue Hoche et au carrefour de
l’Agha. Autant de morceaux d’une fonte éclatée, autant de projectiles
terriblement efficaces pour tuer et blesser... Rue Hoche, le trolley venait
de démarrer lorsque l’explosion s’est produite, mais dans les deux
autres cas les conséquences sont terrifiantes. Trois enfants qui, avec
beaucoup d’autres, sortaient de l’école et s’apprêtaient à rejoindre leurs
parents, sont tués sur le coup. Quatre adultes les rejoignent dans la
mort. On relève quatre-vingt-douze blessés dont beaucoup devront être
amputés, et la plupart sont des musulmans.
9 juin. C’est un dimanche, le dimanche suivant, vers 19 heures, au
casino de la Corniche... Les jeunes ont commencé à danser, et quelque
temps auparavant, un jeune musulman de quinze ans, employé comme
plongeur, s’est éclipsé après avoir déposé une bombe sous l’estrade où
l’orchestre a entamé les premiers airs. Le chef s’appelle Lucky Starway,
un nom choisi pour connaître la célébrité, c’est l’idole de Bab-el-Oued.
La bombe est de forte puissance et on entend l’explosion à la ronde, à
tel point que Salan et Massu ont immédiatement accouru. Pour assister
à un spectacle qui les terrifie, eux les soldats habitués aux carnages des
combats : estrade pulvérisée, piano en miettes, Lucky Starway éventré,
sa chanteuse les deux pieds arrachés... Neuf morts et vingt-cinq
blessés...
11 juin. C’est un mardi, le jour des obsèques. Et d’un nouveau drame.
Le drame rituel de la vengeance. Dix mille Européens se rassemblent
dans un Bab-el-Oued dont les boutiques ont fermé. Lorsque le cortège
s’ébranle, des escouades s’en échappent, et commence la pire des « ratonnades » qu’Alger ait connue. On pille les magasins musulmans, on
vide des réservoirs de motos sur la viande des boucheries, on arrose les
rues de lait et d’œufs cassés, on joue à la balle avec des poulets qui
perdent leurs plumes à force d’être jetés en l’air, mais il y a plus grave...
Des passants musulmans sont lynchés. Un journaliste anglais, John
Galle, affirmera avoir vu de jeunes musulmans pendus aux crochets à
viande saisis dans les boucheries.
La police, l’armée avaient pratiquement laissé faire, procédé aux
arrestations des responsables pour la forme, avant de les libérer.
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Nouveaux attentats terroristes, exaspération et vengeances.,.
• 3-9 juin. L’émotion est à peine retombée après le triple massacre
que deux très graves attentats secouent Alger, à quelques jours de distance. Dans le premier cas, les musulmans sont nombreux parmi les
victimes.
3 juin. C’est un lundi, en fin de matinée. Les socles de trois lampadaires, qui servent d’arrêts d’autobus et où l’affluence est grande,
explosent en même temps, près de la poste, rue Hoche et au carrefour de
l’Agha. Autant de morceaux d’une fonte éclatée, autant de projectiles
terriblement efficaces pour tuer et blesser... Rue Hoche, le trolley venait
de démarrer lorsque l’explosion s’est produite, mais dans les deux
autres cas les conséquences sont terrifiantes. Trois enfants qui, avec
beaucoup d’autres, sortaient de l’école et s’apprêtaient à rejoindre leurs
parents, sont tués sur le coup. Quatre adultes les rejoignent dans la
mort. On relève quatre-vingt-douze blessés dont beaucoup devront être
amputés, et la plupart sont des musulmans.
9 juin. C’est un dimanche, le dimanche suivant, vers 19 heures, au
casino de la Corniche... Les jeunes ont commencé à danser, et quelque
temps auparavant, un jeune musulman de quinze ans, employé comme
plongeur, s’est éclipsé après avoir déposé une bombe sous l’estrade où
l’orchestre a entamé les premiers airs. Le chef s’appelle Lucky Starway,
un nom choisi pour connaître la célébrité, c’est l’idole de Bab-el-Oued.
La bombe est de forte puissance et on entend l’explosion à la ronde, à
tel point que Salan et Massu ont immédiatement accouru. Pour assister
à un spectacle qui les terrifie, eux les soldats habitués aux carnages des
combats : estrade pulvérisée, piano en miettes, Lucky Starway éventré,
sa chanteuse les deux pieds arrachés... Neuf morts et vingt-cinq
blessés...
11 juin. C’est un mardi, le jour des obsèques. Et d’un nouveau drame.
Le drame rituel de la vengeance. Dix mille Européens se rassemblent
dans un Bab-el-Oued dont les boutiques ont fermé. Lorsque le cortège
s’ébranle, des escouades s’en échappent, et commence la pire des « ratonnades » qu’Alger ait connue. On pille les magasins musulmans, on
vide des réservoirs de motos sur la viande des boucheries, on arrose les
rues de lait et d’œufs cassés, on joue à la balle avec des poulets qui
perdent leurs plumes à force d’être jetés en l’air, mais il y a plus grave...
Des passants musulmans sont lynchés. Un journaliste anglais, John
Galle, affirmera avoir vu de jeunes musulmans pendus aux crochets à
viande saisis dans les boucheries.
La police, l’armée avaient pratiquement laissé faire, procédé aux
arrestations des responsables pour la forme, avant de les libérer.
