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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Une opération de poursuite est lancée sur les traces des rebelles qui
se sont enfuis vers le nord-ouest, mais les traces suivies par le chien
policier de la brigade de gendarmerie d’Aïn el-Hadjar se perdent en
forêt. Reste que plusieurs observations du rapport du lieutenant Puyou,
commandant la section de gendarmerie de Saïda — rapport remis le
1er juin, le lieutenant Puyou n’a pas perdu son temps ! —, sont particulièrement lourdes de sens :
Il est à noter que la population, absolument terrorisée à la suite de ce massacre, est très réticente pour fournir les détails les plus simples concernant les
rebelles. Aucun mouvement de colère ni d’indignation n’a été enregistré chez
les survivants ou les familles des victimes.
Refus de parler par crainte de nouvelles représailles, solidarité silencieuse, jusqu’au sacrifice, avec les hommes de l’ALN qui venaient de
massacrer leurs proches parents ou des amis, il est bien difficile de
cerner la vérité... La première hypothèse semble la plus plausible, mais
on a connu des cas où des victimes ont déclaré accepter leurs propres
souffrances comme une expiation. Quoi qu’il en soit, les populations
musulmanes sont soumises à la règle absolue, intangible, de la terreur.
Tout retour vers les agents du colonialisme et toute collaboration avec
ses entreprises méritent châtiment. C’est bien ce qu’explique le lieutenant Puyou dans son rapport, et dont on a de multiples exemples :
Ces deux fractions avaient eu depuis un an de fréquents contacts avec les
rebelles. Le chef de douar berkane Larbi était suspecté d’entretenir avec le
FLN des liaisons permanentes. Toutefois, depuis deux mois à la suite de l’implantation de la Compagnie d’infanterie précitée [la 2e compagnie du 8e régiment d’infanterie motorisée] à la ferme garrigues, un certain revirement avait
été enregistré dans l’attitude des habitants. La confiance renaissait peu à peu.
Les hommes s’étaient tous fait volontairement recenser auprès du capitaine
commandant la Compagnie et travaillaient volontiers dans les chantiers de
débroussaillement qu’il dirigeait.
Il semble donc qu’en exécution d’un mot d’ordre général du FLN la bande
locale de rebelles ait décidé d’arrêter par une action très spectaculaire les
premières velléités des populations musulmanes à se rallier à la France et à
participer à son œuvre de pacification.
Le 1er juin 1957, signale le Commandant de la Section de Gendarmerie de
Saïda, le sous-préfet de l’arrondissement accompagné des diverses autorités
civiles et militaires de la région ont rendu visite aux familles des victimes et
ont présidé à la distribution des premiers secours.
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Une opération de poursuite est lancée sur les traces des rebelles qui
se sont enfuis vers le nord-ouest, mais les traces suivies par le chien
policier de la brigade de gendarmerie d’Aïn el-Hadjar se perdent en
forêt. Reste que plusieurs observations du rapport du lieutenant Puyou,
commandant la section de gendarmerie de Saïda — rapport remis le
1er juin, le lieutenant Puyou n’a pas perdu son temps ! —, sont particulièrement lourdes de sens :
Il est à noter que la population, absolument terrorisée à la suite de ce massacre, est très réticente pour fournir les détails les plus simples concernant les
rebelles. Aucun mouvement de colère ni d’indignation n’a été enregistré chez
les survivants ou les familles des victimes.
Refus de parler par crainte de nouvelles représailles, solidarité silencieuse, jusqu’au sacrifice, avec les hommes de l’ALN qui venaient de
massacrer leurs proches parents ou des amis, il est bien difficile de
cerner la vérité... La première hypothèse semble la plus plausible, mais
on a connu des cas où des victimes ont déclaré accepter leurs propres
souffrances comme une expiation. Quoi qu’il en soit, les populations
musulmanes sont soumises à la règle absolue, intangible, de la terreur.
Tout retour vers les agents du colonialisme et toute collaboration avec
ses entreprises méritent châtiment. C’est bien ce qu’explique le lieutenant Puyou dans son rapport, et dont on a de multiples exemples :
Ces deux fractions avaient eu depuis un an de fréquents contacts avec les
rebelles. Le chef de douar berkane Larbi était suspecté d’entretenir avec le
FLN des liaisons permanentes. Toutefois, depuis deux mois à la suite de l’implantation de la Compagnie d’infanterie précitée [la 2e compagnie du 8e régiment d’infanterie motorisée] à la ferme garrigues, un certain revirement avait
été enregistré dans l’attitude des habitants. La confiance renaissait peu à peu.
Les hommes s’étaient tous fait volontairement recenser auprès du capitaine
commandant la Compagnie et travaillaient volontiers dans les chantiers de
débroussaillement qu’il dirigeait.
Il semble donc qu’en exécution d’un mot d’ordre général du FLN la bande
locale de rebelles ait décidé d’arrêter par une action très spectaculaire les
premières velléités des populations musulmanes à se rallier à la France et à
participer à son œuvre de pacification.
Le 1er juin 1957, signale le Commandant de la Section de Gendarmerie de
Saïda, le sous-préfet de l’arrondissement accompagné des diverses autorités
civiles et militaires de la région ont rendu visite aux familles des victimes et
ont présidé à la distribution des premiers secours.
