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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
À proclamer que le massace de Melouza était une erreur criminelle du FLN,
Ben Smaïl n’eut rien gagné que l’estime de ses confrères, ce qui n’est guère
payant. Mais il eût peut-être ramassé de son maître Bourguiba quelques coups
de bâton et de la prison.
Il y eut effectivement une enquête, mais son origine et ses conclusions ne correspondèrent pas exactement aux vœux des avocats du FLN
dans l’affaire de la Mechta Kasbah. Diligentée... à la demande du colonel Amirouche, commandant la wilaya 3, et du conseil de la même
wilaya, composée de cinq membres, elle précisait dans son « Rapport
général » qu’elle avait été
chargée de se rendre sur les lieux où s’étaient déroulés les massacres du douar
beni-ilman et de Melouza pour déterminer avec une objectivité intégrale les
raisons et les circonstances du drame et les responsabilités d’où qu’elles soient.
Arrivée sur les lieux le 24 septembre 1957, sur le territoire de la 4e Région de
la Zone 3, wilaya 3... Contacts pris avec les Mouzalams Si Abdelkader et Si
Rabah, responsables régionaux. La première séance fut ouverte par Si Amini
en présence de tous les membres de la commission, sauf Si Ahmed...
La commission d’enquête de la wilaya 3 entendit plusieurs autres
acteurs et témoins du massacre, et au premier chef le capitaine Mohand
Arab, ancien chauffeur de taxi à Paris, pour l’heure chef de la zone 3
de la wilaya 3 et principal exécuteur des basses œuvres :
J’ai été à plusieurs reprises informé par différents chefs régionaux sur la
situation qui ne cessait de se détériorer au douar beni-ilman, déclare Arab. J’ai
écrit au chef de wilaya [ ?], Si Nasser, pour l’en informer et lui demander son
avis.
Quelques jours après, je reçus l’ordre « d’exterminer cette vermine ».
[...] En exécution de l’ordre reçu, je me rendis moi-même en région n° 4 où
se trouve le douar réfractaire messaliste de Beni-ilman.
Les sections ont été rassemblées et reçurent l’ordre d’encercler les villages
dudit douar, de mesurer les réactions de la population et en cas de riposte par
coups de feu de la part de celle-ci, d’abattre les habitants.
Ce qui fut fait...
Il est à noter que ce douar a toujours été messaliste, a des mœurs relâchées
et ne veut pas se soumettre à l’autorité [du FLN], que plusieurs djoundis,
agents de liaison et responsables furent tués par les civils —, ajoute Arab.
Le 23 octobre 1957, le comité de la wilaya 3 présidé par le commandant Amirouche suspendait de ses fonctions le capitaine Arab après
avoir pris connaissance des conclusions de la commission.
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
À proclamer que le massace de Melouza était une erreur criminelle du FLN,
Ben Smaïl n’eut rien gagné que l’estime de ses confrères, ce qui n’est guère
payant. Mais il eût peut-être ramassé de son maître Bourguiba quelques coups
de bâton et de la prison.
Il y eut effectivement une enquête, mais son origine et ses conclusions ne correspondèrent pas exactement aux vœux des avocats du FLN
dans l’affaire de la Mechta Kasbah. Diligentée... à la demande du colonel Amirouche, commandant la wilaya 3, et du conseil de la même
wilaya, composée de cinq membres, elle précisait dans son « Rapport
général » qu’elle avait été
chargée de se rendre sur les lieux où s’étaient déroulés les massacres du douar
beni-ilman et de Melouza pour déterminer avec une objectivité intégrale les
raisons et les circonstances du drame et les responsabilités d’où qu’elles soient.
Arrivée sur les lieux le 24 septembre 1957, sur le territoire de la 4e Région de
la Zone 3, wilaya 3... Contacts pris avec les Mouzalams Si Abdelkader et Si
Rabah, responsables régionaux. La première séance fut ouverte par Si Amini
en présence de tous les membres de la commission, sauf Si Ahmed...
La commission d’enquête de la wilaya 3 entendit plusieurs autres
acteurs et témoins du massacre, et au premier chef le capitaine Mohand
Arab, ancien chauffeur de taxi à Paris, pour l’heure chef de la zone 3
de la wilaya 3 et principal exécuteur des basses œuvres :
J’ai été à plusieurs reprises informé par différents chefs régionaux sur la
situation qui ne cessait de se détériorer au douar beni-ilman, déclare Arab. J’ai
écrit au chef de wilaya [ ?], Si Nasser, pour l’en informer et lui demander son
avis.
Quelques jours après, je reçus l’ordre « d’exterminer cette vermine ».
[...] En exécution de l’ordre reçu, je me rendis moi-même en région n° 4 où
se trouve le douar réfractaire messaliste de Beni-ilman.
Les sections ont été rassemblées et reçurent l’ordre d’encercler les villages
dudit douar, de mesurer les réactions de la population et en cas de riposte par
coups de feu de la part de celle-ci, d’abattre les habitants.
Ce qui fut fait...
Il est à noter que ce douar a toujours été messaliste, a des mœurs relâchées
et ne veut pas se soumettre à l’autorité [du FLN], que plusieurs djoundis,
agents de liaison et responsables furent tués par les civils —, ajoute Arab.
Le 23 octobre 1957, le comité de la wilaya 3 présidé par le commandant Amirouche suspendait de ses fonctions le capitaine Arab après
avoir pris connaissance des conclusions de la commission.
