Du terrorisme à la répression
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FLN est insoutenable. Un certain nombre d’indices permettent d’accorder plus
de crédit à l’hypothèse d’un crime de harka, c’est-à-dire d’une bande recrutée
dans la région œuvrant pour le compte de F Armée française et usant des
méthodes fellagha. »
[...]. Voici les faits, poursuit Jean Lartéguy qui vient de donner la version
désormais reconnue des événements. Il est impossible de les travestir. Mais le
travail du journaliste tunisien consistait justement à nier les évidences, tous
ceux qu’il interrogeait lui faisant la même réponse, il lui fallait imaginer un
vaste complot des Français auquel lui-même ne pouvait croire un seul instant
à moins d’être le dernier des imbéciles. Ce n’était pas le cas. Il chercha,
chercha et trouva l’histoire de la harka.
Lartéguy s’emploie ensuite à réfuter les arguments de ceux qui cherchent, en Algérie, à Tunis, à Rabat et ailleurs, à dédouaner l’ALN du
massacre de la Mechta Kasbah :
Dans quelques régions d’Algérie, écrit-il, nous avons armé des groupes de
partisans, des « harkas », qui font eux-mêmes leur guerre selon leurs
méthodes. Il n’y eut jamais de harka dans tout le secteur de Melouza, puisque
nous ne le contrôlons pas [z'Z est en effet aux mains du FLN\. On ne voit pas
un officier distribuant des armes dans une zone dont il n’est pas sûr et encore
moins au moment où la population va se rallier à lui, la faisant massacrer par
des partisans qu’il n’a jamais eus à son service.
Ben Smaïl termine son enquête par ces trois questions :
« Pourquoi les Français, connaissant le projet de massacre, ne l’ont-ils pas
évité. » — Comment l’auraient-ils connu ?
« Pourquoi a-t-on attendu quarante heures avant de rendre la nouvelle officielle » — Ce fut, en effet, une erreur que j’ai moi-même dénoncée bien avant
Smaïl [précise Lartéguy, qui n’a pas été le seul]. Il ne faut voir là aucune
manœuvre. Ce retard n’est dû qu’aux lenteurs des transmissions, aux jalousies
qui animent les différentes hiérarchies militaires et civiles, à l’incompréhension totale du sens de cette guerre par des vieillards usés. [Jean Lartéguy
ignore sans doute, au moment où il rédige son article pour Paris-Presse, ce
que nous apprennent les archives, à savoir les demandes répétées de renfort
qui demeurèrent sans suite, et d’autre part que le général Salan a appris le
massacre de la bouche du colonel Roland, le 29 mai.]
« Pourquoi ne pas permettre à une commission internationale de rechercher
la vérité ?» — Cette dernière proposition a pour but de faire passer tout le
reste. Je crois, affirme Lartéguy, que personne en Algérie ne verrait le moindre
inconvénient à la constitution d’une telle commission. Au moment où se produisit le jnassacre de Kasbah, une délégation de la Croix-Rouge internationale
se trouvait en Algérie. Elle refusa de s’occuper de cette affaire.
Mais pour Smaïl, les résultats de toute l’enquête seront toujours truqués, à
moins que la commission qui en sera chargée soit composée exclusivement de
représentants de ces pays dont la bienveillance est connue à notre égard : la
Tunisie, le Maroc, l’Egypte et la Syrie.
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