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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
L’Armée de Libération nationale a tout essayé pour essayer de les
convaincre [les messalistes, comme il se doit], mais elle fut accueillie à coups
de feu et pendant l’attaque nous avons eu 16 morts et une trentaine de blessés.
Elles omettent de dire [« la presse et la radio au service du sinistre Lacoste »],
que cette population a été avertie à plusieurs reprises de cesser ses agissements
criminels, comme elle passe sous silence le fait que l’aviation française a
massacré une bonne partie puisqu’elle a bombardé le douar de 11 heures à
19 h 40. Ces exécutions débarrassent notre région des traîtres et portent un
soulagement à tous les Algériens dignes de ce nom. Elles montrent clairement
aussi notre volonté d’en finir avec tous ceux qui ne veulent pas marcher avec
la glorieuse ALN. Il n’est pas permis, en effet, après trente-deux mois d’un
vaillant combat, à un Algérien de rester encore spectateur...
Ne pas nier la vérité tout en cherchant à s’expliquer ne saurait être
une attitude longtemps soutenable. Dès le début juin, le FLN change de
cap. Dans une Fiche de renseignements en date du 17, le général Salan
communique au « Chef du Bureau régional d’Action psychologique
pour la 10e RM » :
La population des Douars de la Région Sud et Sud-Ouest de sidi-bel-abbès
est persuadée que ce sont les Français qui ont massacré les habitants de
MELOUZA.
Les Rebelles, dès le lendemain du massacre, ont fait courir le bruit que les
troupes françaises avaient tué et pillé pendant la nuit et qu’au matin elles
avaient essayé de faire croire que c’était l’œuvre du FLN.
Quelques éléments sains doutent de cette propagande, mais ils n’ont aucun
élément pour étayer leur opinion.
Les images du massacre ne tarderont pas à être diffusées. Il n’empêche, des doutes subsistent et sont soigneusement entretenus. L’un
des arguments les plus couramment avancés est que l’armée a tardé à
intervenir. De la présidence du Conseil-SDECE, le 12 juin :
Monsieur masmoudi, ambassadeur de Tunisie à Paris, estime que dans l’affaire de melouza, deux faits méritent l’attention :
1° les exécutants sont irréfutablement des musulmans,
2° l’armée française, dont un détachement se trouvait à proximité immédiate
du lieu du massacre, n’est pas intervenue.
Il considère ce dernier détail comme troublant et déclare admissible l’hypothèse selon laquelle l’exécution de cette opération aurait été assurée par une
bande anti-fellaga, semblable à celles que recruteraient les autorités françaises
parmi les musulmans.
Il appuie cette dernière thèse sur le fait que les agresseurs ont disparu sans
laisser de traces et qu’ils n’ont eu ni tués ni blessés. Il en conclut qu’il n’est
pas impossible dans ce cas « qu’on ait laissé faire le carnage ».
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