Du terrorisme à la répression
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Il se proposait le 7 juin d’adresser au ministère de l’information un extrait
de l’article paru le 14 février 1957 sur La Dépêche quotidienne d’Alger *
sur
cette affaire.
* Quotidien, comme son titre l’indique, et propriété de l’armateur Laurent Schiaffmo, que 1 on
considère alors comme l’homme « le plus riche d’Algérie », La Dépêche défend des positions favorables à l’Algérie française et se situe, dans ce domaine, sur le même créneau que L Echo d’ Alger
d’Alain de Sérigny, mais avec une moindre diffusion.
** On ne discerne pas les motifs qui incitent l’UGEMA à regretter que les chances d une so ution
pacifique aient été compromises par l’affaire de Mechta Kasbah, la plus récente motion,del ON sur
l’Algérie, qui remontait au 15 février 1957, avait été remarquable de modération et n offrait pas de
perspectives particulières sur d’éventuelles négociations.
[En note .] Cet article a trait à la constitution par les Français de « harkas
clandestines ».
Pour l’Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens
(UGEMA), c’est une provocation soigneusement calculée, dont l’objectif est de faire reculer les chances de la paix en sabotant les tentatives
de rapprochement. Communiqué pour une date probable du 21 juillet :
L’UGEMA réfute l’accusation de fratricide portée contre le Front de Libération Nationale, par le Gouvernement français, à propos du massacre de
302 hommes, femmes et enfants du village algérien de melouza.
C’est avec une profonde émotion que les étudiants algériens ont appris le
carnage dont a été victime la population musulmane de melouza.
— Les antécédents sanglants du colonialisme — les massacres de philippeville, tébessa, biskra, le kef — les méthodes de la « pacification » — récente
tuerie d’Alger s’élevant à 30 morts d’après le bilan officiel, mais ayant fait en
réalité 71 victimes.
— Le retard mis à divulguer d’aussi graves informations, la présence de
l’armée française à moins de trois kilomètres du lieu du massacre et les versions contradictoires avancées,
— Le fait que ces événements surviennent à un moment crucial où une
solution juste du problème algérien s’avérait inéluctablement prochaine ** .
Tout ceci laisse à penser qu’il s’agit d’une provocation aussi criminelle que
machiavélique, d’une opération politique montée à des fins qu’il est aisé de
deviner.
Venant après l’exode massif de milliers d’Algériens, démontrant au monde
entier l’ampleur incontestable de la répression, ces événements confirment la
certitude du carnage colonialiste.
Au nom des étudiants algériens, l’UGEMA demande l’envoi en Algérie
d’une commission d’enquête internationale, pour faire toute la lumière sur les
massacres de melouza, et ailleurs.
Au nom de la Jeunesse algérienne tout entière, elle lance un solennel appel
à la conscience universelle pour mettre fin à cette sanglante boucherie qu’est
la guerre d’Algérie.
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Il se proposait le 7 juin d’adresser au ministère de l’information un extrait
de l’article paru le 14 février 1957 sur La Dépêche quotidienne d’Alger *
sur
cette affaire.
* Quotidien, comme son titre l’indique, et propriété de l’armateur Laurent Schiaffmo, que 1 on
considère alors comme l’homme « le plus riche d’Algérie », La Dépêche défend des positions favorables à l’Algérie française et se situe, dans ce domaine, sur le même créneau que L Echo d’ Alger
d’Alain de Sérigny, mais avec une moindre diffusion.
** On ne discerne pas les motifs qui incitent l’UGEMA à regretter que les chances d une so ution
pacifique aient été compromises par l’affaire de Mechta Kasbah, la plus récente motion,del ON sur
l’Algérie, qui remontait au 15 février 1957, avait été remarquable de modération et n offrait pas de
perspectives particulières sur d’éventuelles négociations.
[En note .] Cet article a trait à la constitution par les Français de « harkas
clandestines ».
Pour l’Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens
(UGEMA), c’est une provocation soigneusement calculée, dont l’objectif est de faire reculer les chances de la paix en sabotant les tentatives
de rapprochement. Communiqué pour une date probable du 21 juillet :
L’UGEMA réfute l’accusation de fratricide portée contre le Front de Libération Nationale, par le Gouvernement français, à propos du massacre de
302 hommes, femmes et enfants du village algérien de melouza.
C’est avec une profonde émotion que les étudiants algériens ont appris le
carnage dont a été victime la population musulmane de melouza.
— Les antécédents sanglants du colonialisme — les massacres de philippeville, tébessa, biskra, le kef — les méthodes de la « pacification » — récente
tuerie d’Alger s’élevant à 30 morts d’après le bilan officiel, mais ayant fait en
réalité 71 victimes.
— Le retard mis à divulguer d’aussi graves informations, la présence de
l’armée française à moins de trois kilomètres du lieu du massacre et les versions contradictoires avancées,
— Le fait que ces événements surviennent à un moment crucial où une
solution juste du problème algérien s’avérait inéluctablement prochaine ** .
Tout ceci laisse à penser qu’il s’agit d’une provocation aussi criminelle que
machiavélique, d’une opération politique montée à des fins qu’il est aisé de
deviner.
Venant après l’exode massif de milliers d’Algériens, démontrant au monde
entier l’ampleur incontestable de la répression, ces événements confirment la
certitude du carnage colonialiste.
Au nom des étudiants algériens, l’UGEMA demande l’envoi en Algérie
d’une commission d’enquête internationale, pour faire toute la lumière sur les
massacres de melouza, et ailleurs.
Au nom de la Jeunesse algérienne tout entière, elle lance un solennel appel
à la conscience universelle pour mettre fin à cette sanglante boucherie qu’est
la guerre d’Algérie.
