Du terrorisme à la répression
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feste du général Salan de ne rien précipiter — fait planer des doutes
sur la version officielle. L’armée avait-elle réellement l’intention d’intervenir, et le massacre ne venait-il pas à un moment propice pour faire
pression sur Bellounis ?
En tout cas, on comprend l’embarras du FLN devant la vague d’indignation qui déferle sur l’opinion métropolitaine, d’autant que ces protestations émanent de milieux qui sont les plus attentifs à ses
revendications. La Ligue des droits de l’homme montre l’exemple, suivi
de la Fédération de F Éducation nationale et d’un certain nombre de
personnalités de gauche connues pour leur engagement contre la guerre,
qui signent un communiqué commun : Robert Barrat, Claude Bourdet,
Jean Daniel, André Philip, Pierre-Henri Simon, Pierre Stibbe...
Le président de la République, René Coty lui-même, n’a-t-il pas pris
l’initiative de flétrir le massacre, dans une allocution prononcée à la
radio ?
Dans une lettre adressée le 9 juin à Maurice Thorez et diffusée sous
forme d’un tract, Bachir Hadj Ali, secrétaire du Parti communiste algérien, défend, sur le thème de l’adage « cherchez à qui profite le crime »,
la thèse d’une « provocation colonialiste », mais ajoute :
S’il s’avérait demain que melouza était le fait d’un groupe d’Algériens
faisant partie de l’ALN — ce que notre raison et notre cœur refusent de
croire — nous n’en condamnerions pas moins ce qui serait une faute politique
considérable et un acte monstrueux contraire à l’intérêt même des Algériens.
Et l’ALN, nous en sommes convaincus, sanctionnerait les responsables. Notre
cause est juste. Elle n’a pas besoin de telles méthodes pour triompher. Le
niveau politique de l’ALN grandit de plus en plus et lui interdit des actes
contraires à son honneur et nuisibles à notre cause. Sa responsabilité s’accroît.
Ses faits et gestes ont aujourd’hui des répercussions qui dépassent les frontières algériennes. Nous sommes convaincus qu’elle en a conscience.
Les nationalistes se justifient tout d’abord en présentant la population
de Beni-Ilman comme des « mouchards » dévoués à « l’administration
colonialiste ». « C’est ainsi, affirme un tract diffusé par le FLN et
l’ALN, qu’en montant la garde sur les crêtes ils signalent nos groupes
dès qu’ils entrent dans un douar environnant, et le lendemain ils se
trouvent encerclés et bombardés... »
Suit un récapitulatif des opérations de représailles de l’armée consécutives, selon le FLN, aux informations transmises par les messalistes :
Il y a eu 3 bombardements qui ont causé 33 morts, une soixantaine de
blessés, 2 adjudants, 3 sergents-chefs, un chef de région, 3 commissaires politiques, 7 agents de liaison...
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feste du général Salan de ne rien précipiter — fait planer des doutes
sur la version officielle. L’armée avait-elle réellement l’intention d’intervenir, et le massacre ne venait-il pas à un moment propice pour faire
pression sur Bellounis ?
En tout cas, on comprend l’embarras du FLN devant la vague d’indignation qui déferle sur l’opinion métropolitaine, d’autant que ces protestations émanent de milieux qui sont les plus attentifs à ses
revendications. La Ligue des droits de l’homme montre l’exemple, suivi
de la Fédération de F Éducation nationale et d’un certain nombre de
personnalités de gauche connues pour leur engagement contre la guerre,
qui signent un communiqué commun : Robert Barrat, Claude Bourdet,
Jean Daniel, André Philip, Pierre-Henri Simon, Pierre Stibbe...
Le président de la République, René Coty lui-même, n’a-t-il pas pris
l’initiative de flétrir le massacre, dans une allocution prononcée à la
radio ?
Dans une lettre adressée le 9 juin à Maurice Thorez et diffusée sous
forme d’un tract, Bachir Hadj Ali, secrétaire du Parti communiste algérien, défend, sur le thème de l’adage « cherchez à qui profite le crime »,
la thèse d’une « provocation colonialiste », mais ajoute :
S’il s’avérait demain que melouza était le fait d’un groupe d’Algériens
faisant partie de l’ALN — ce que notre raison et notre cœur refusent de
croire — nous n’en condamnerions pas moins ce qui serait une faute politique
considérable et un acte monstrueux contraire à l’intérêt même des Algériens.
Et l’ALN, nous en sommes convaincus, sanctionnerait les responsables. Notre
cause est juste. Elle n’a pas besoin de telles méthodes pour triompher. Le
niveau politique de l’ALN grandit de plus en plus et lui interdit des actes
contraires à son honneur et nuisibles à notre cause. Sa responsabilité s’accroît.
Ses faits et gestes ont aujourd’hui des répercussions qui dépassent les frontières algériennes. Nous sommes convaincus qu’elle en a conscience.
Les nationalistes se justifient tout d’abord en présentant la population
de Beni-Ilman comme des « mouchards » dévoués à « l’administration
colonialiste ». « C’est ainsi, affirme un tract diffusé par le FLN et
l’ALN, qu’en montant la garde sur les crêtes ils signalent nos groupes
dès qu’ils entrent dans un douar environnant, et le lendemain ils se
trouvent encerclés et bombardés... »
Suit un récapitulatif des opérations de représailles de l’armée consécutives, selon le FLN, aux informations transmises par les messalistes :
Il y a eu 3 bombardements qui ont causé 33 morts, une soixantaine de
blessés, 2 adjudants, 3 sergents-chefs, un chef de région, 3 commissaires politiques, 7 agents de liaison...
