Du terrorisme à la répression
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cherche néanmoins à couper la route à la bande rebelle au nord de la
Mechta Kasbah. Le terrain est difficile, les hors-la-loi sont insaisissables. La poursuite s’achève vers 17 heures, sans résultat.
À peu près au même moment, le 29 mai, le colonel Roland rencontre... le général Salan qui est alors en tournée d’inspection dans la
région. Salan rendra compte le 3 juin dans un document « très secret » :
Me rendant personnellement par la route à sétif, je fus arrêté au passage à
mansourah, vers 16 h 30, par le colonel Roland, pour recueillir du Commandant pascal, commandant le Quartier de mansourah, les premiers renseignements encore confus sur la situation. Rien alors ne permettait d’en apprécier
l’ampleur...
Je donnai l’ordre de poursuivre toutes les recherches permettant de préciser
le renseignement, afin de pouvoir, en pleine connaissance des faits, orienter la
réaction sur les agresseurs.
À mon arrivée à sétif, le général giraud qui avait informé le préfet de sétif
des premiers renseignements reçus, n’avait pas de précisions complémentaires.
En raison des tractations secrètes en cours avec le chef mna bellounis, je
décidai d’attendre les renseignements de la nuit et de convoquer pour le lendemain matin l’officier chargé de mener ces tractations.
De son côté, le colonel Roland traduit en des termes lapidaires la
rencontre qu’il avait provoquée avec le général Salan, qu’il savait en
déplacement à Sétif :
A 16 heures, le Colonel commandant le Secteur Hodna Ouest attire l’attention du Général d’armée, Commandant supérieur interarmées, sur l’importance des massacres commis par le FLN [c 'est nous qui soulignons] envers
une population sympathisante avec la France et j’insiste sur l’urgence d’envoyer des renforts. La réponse est négative [zW.]. Le Général d’armée,
Commandant supérieur interarmées, demande de confirmer les renseignements
et si possible que des photos [id.] des gens massacrés soient prises...
Le général Salan découvre donc le 29 mai dans le courant de l’aprèsmidi « l’ampleur » du massacre de la Mechta Kasbah. Il refuse à son
tour — c’est le troisième refus — de faire envoyer des renforts, mais
demande, en tout cas selon son interlocuteur, que l’on pense à prendre
des photos. De retour à Sétif dans la soirée du 29, il décide... de ne rien
décider dans l’attente des informations sur les pourparlers secrets avec
Bellounis. Sur le sort des malheureux de la Mechta Kasbah, pas un mot
de commisération.
Visiblement, on ne décèle que de l’indifférence, ou en tout cas que
peu de hâte à réagir pour intervenir à la Mechta Kasbah. Si le général Salan attendait des lumières sur l’attitude de Bellounis, la réponse
lui vient en fait des assassins du 28 mai, dont on verra d ailleurs qu ils
auront des comptes à rendre.
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