Du terrorisme à la répression
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salistes et de rejoindre les combattants qui luttent pour la libération de
l’Algérie. Choubane est admis à l’intérieur de la mosquée... Si Abdelkader vient à peine d’achever son discours qu’on voit surgir de l’assemblée un homme « âgé et de taille moyenne, plutôt mince », parlementer
avec le chef rebelle. L’entretien est bref. L’homme se lance dans une
proclamation qui le condamne au pire : « Nous sommes pour Messali,
proclame-t-il, et nous le resterons. Mais si tu juges que nous devons
mourir, nous préférons la mort plutôt que de te suivre... »
Un bref silence, puis Si Abdelkader — c’est du moins la version de
Choubane — demande à son interpellateur de revenir sur sa décision.
L’homme refuse... et récidive : « C’est alors que Si Abdelkader a donné
l’ordre d’exécuter les gens en disant : “Tuez-les tous !” »
L’ordre est immédiatement suivi d’effet, et la mosquée devient le
théâtre d’un massacre horrible. Si Abdelkader donne l’exemple, fait feu
avec son fusil, bientôt imité par ses proches. Les victimes tombent les
unes après les autres, « en grand nombre », précisera Choubane.
Comme il l’avait fait pour Tarchi, Si Abdelkader lui donne un pistolet
à barillet et lui donne l’ordre de tirer sur deux individus qu’il ne connaît
d’ailleurs pas. Il s’exécute :
[...] J’ai tiré trois coups sur l’un et trois coups sur l’autre, en visant l’abdomen. Je n’ai pas vu s’ils étaient morts sur le coup. Si Abdelkader m’a ensuite
repris le revolver...
Il regarde autour de lui et constate que tous ses comparses sont pris
d’une furie de tuer :
[...] J’ai vu Zeroual Yahia tirer avec un pistolet automatique, puis un fusil
de chasse, Cheha Mokhtar et Menouar Belkacem eux aussi avec un fusil de
chasse, et un certain Beggah [surnom de Tarchi, dont nous parlions précédemment], se servir d’un pistolet automatique... Un grand nombre de gens ont
ainsi été tués dans la mosquée d’où ils ne pouvaient sortir. J’ai également vu
que l’on égorgeait ici ou là... J’ignore le nombre des victimes, mais ce que je
peux dire c’est que la tuerie a duré un long moment que je ne peux préciser...
Lorsque nous sommes sortis, j’ai constaté que les gens du douar Beni-Ilman
qui se trouvaient aux abords de la mosquée [scm bonne garde] avaient été
massacrés. Certains avaient été tués par coups de feu, d’autres avaient été
égorgés. Les hors-la-loi [une fois de plus, interprétation vraisemblable de l officier de police qui interroge...] et les gens de Melouza tuaient également les
gens du douar Beni-Ilman avec des binettes, des pioches et des matraques.
Dans les autres maisons, les gens étaient tués de la même façon...
Choubane donne les noms de deux « égorgeurs » qu il a reconnus,
puis :
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salistes et de rejoindre les combattants qui luttent pour la libération de
l’Algérie. Choubane est admis à l’intérieur de la mosquée... Si Abdelkader vient à peine d’achever son discours qu’on voit surgir de l’assemblée un homme « âgé et de taille moyenne, plutôt mince », parlementer
avec le chef rebelle. L’entretien est bref. L’homme se lance dans une
proclamation qui le condamne au pire : « Nous sommes pour Messali,
proclame-t-il, et nous le resterons. Mais si tu juges que nous devons
mourir, nous préférons la mort plutôt que de te suivre... »
Un bref silence, puis Si Abdelkader — c’est du moins la version de
Choubane — demande à son interpellateur de revenir sur sa décision.
L’homme refuse... et récidive : « C’est alors que Si Abdelkader a donné
l’ordre d’exécuter les gens en disant : “Tuez-les tous !” »
L’ordre est immédiatement suivi d’effet, et la mosquée devient le
théâtre d’un massacre horrible. Si Abdelkader donne l’exemple, fait feu
avec son fusil, bientôt imité par ses proches. Les victimes tombent les
unes après les autres, « en grand nombre », précisera Choubane.
Comme il l’avait fait pour Tarchi, Si Abdelkader lui donne un pistolet
à barillet et lui donne l’ordre de tirer sur deux individus qu’il ne connaît
d’ailleurs pas. Il s’exécute :
[...] J’ai tiré trois coups sur l’un et trois coups sur l’autre, en visant l’abdomen. Je n’ai pas vu s’ils étaient morts sur le coup. Si Abdelkader m’a ensuite
repris le revolver...
Il regarde autour de lui et constate que tous ses comparses sont pris
d’une furie de tuer :
[...] J’ai vu Zeroual Yahia tirer avec un pistolet automatique, puis un fusil
de chasse, Cheha Mokhtar et Menouar Belkacem eux aussi avec un fusil de
chasse, et un certain Beggah [surnom de Tarchi, dont nous parlions précédemment], se servir d’un pistolet automatique... Un grand nombre de gens ont
ainsi été tués dans la mosquée d’où ils ne pouvaient sortir. J’ai également vu
que l’on égorgeait ici ou là... J’ignore le nombre des victimes, mais ce que je
peux dire c’est que la tuerie a duré un long moment que je ne peux préciser...
Lorsque nous sommes sortis, j’ai constaté que les gens du douar Beni-Ilman
qui se trouvaient aux abords de la mosquée [scm bonne garde] avaient été
massacrés. Certains avaient été tués par coups de feu, d’autres avaient été
égorgés. Les hors-la-loi [une fois de plus, interprétation vraisemblable de l officier de police qui interroge...] et les gens de Melouza tuaient également les
gens du douar Beni-Ilman avec des binettes, des pioches et des matraques.
Dans les autres maisons, les gens étaient tués de la même façon...
Choubane donne les noms de deux « égorgeurs » qu il a reconnus,
puis :
