Du terrorisme à la répression
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frontière tunisienne exigeait que des prélèvements importants fussent
opérés dans des secteurs considérés comme moins stratégiques. Or le
secteur du Hodna Ouest faisait partie de ces « sacrifiés ».
Cette région est surtout le théâtre d’une rivalité très dure entre le
FLN et le MNA, le douar des Beni-Ilman ayant fait allégeance aux
partisans de Messali. Mieux, ou pire pour les habitants du douar, l’influence du chef de guerre Bellounis s’est étendue jusqu’à leur région
de façon ostensible depuis que, refluant des plateaux du Sud-Algérois
sous la pression du FLN, ses bandes ont commencé, par Aumale, une
migration vers le nord-est. Bellounis a installé depuis peu un poste de
commandement à la Mechta Kasbah, en plein cœur des Beni-Ilman
et à quelque dix kilomètres à l’ouest de Melouza... C’est plus qu’une
circonstance aggravante, c’est s’exposer aux inévitables représailles de
l’adversaire...
Produit du choc entre troupes du FLN et le MNA en un point névralgique de la rivalité entre les deux mouvements nationalistes, cette tragédie a été précédée d’un certain nombre d’incidents, d’admonestations,
de menaces et de règlements de comptes qui, à la manière d’ondes
prémonitoires d’un séisme, annoncent le cataclysme. Le 26 mars,
notamment, la gendarmerie de M’Sila signale la présence d’une « bande
FLN » qui aurait pour mission d’exercer des représailles sur les habitants des douars Beni-Ilman et Kessabia (au nord) qui ont assisté, le
12 mars précédent, à un rassemblement au cours duquel le sous-préfet
de Bou Arreridj a pris la parole.
Une vingtaine de jours avant les faits, racontera Tarchi Mohamed ben
Touati — 19 ans, cultivateur, demeurant à la Mechta Ouled Hamouda, douar
Melouza — un chef nommé Si Abdelkader [en fait chef de la Région 3 de la
wilaya 5] accompagné de son adjoint Alloua a rassemblé les hommes du douar
à la Mosquée des Ouled Messelem. Alloua a prononcé un discours disant
notamment que le FLN combattait la France, qu’il était puissant et que nous
devions le servir...
Imprudemment embrigadé dans les sections de la mort, Tarchi Mohamed est affecté au « Groupe Abderrahmane », fort de vingt-trois
hommes. Au matin du 28 mai, vers 8 heures, Abderrahmane vient le
prévenir qu’à la tombée de la nuit il devra guider un certain Djoudi qui
transportera des munitions destinées « au chef Si Abdelkader ». Les
deux hommes quittent Melouza au coucher du soleil. Ils atteignent ElOued vers 20 heures et sont pris en charge par un agent de liaison.
D’étape en étape, ils arrivent à la Mechta Kasbah où ils déposent leur
chargement à l’intention de Si Abdelkader.
Tarchi Mohamed :
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frontière tunisienne exigeait que des prélèvements importants fussent
opérés dans des secteurs considérés comme moins stratégiques. Or le
secteur du Hodna Ouest faisait partie de ces « sacrifiés ».
Cette région est surtout le théâtre d’une rivalité très dure entre le
FLN et le MNA, le douar des Beni-Ilman ayant fait allégeance aux
partisans de Messali. Mieux, ou pire pour les habitants du douar, l’influence du chef de guerre Bellounis s’est étendue jusqu’à leur région
de façon ostensible depuis que, refluant des plateaux du Sud-Algérois
sous la pression du FLN, ses bandes ont commencé, par Aumale, une
migration vers le nord-est. Bellounis a installé depuis peu un poste de
commandement à la Mechta Kasbah, en plein cœur des Beni-Ilman
et à quelque dix kilomètres à l’ouest de Melouza... C’est plus qu’une
circonstance aggravante, c’est s’exposer aux inévitables représailles de
l’adversaire...
Produit du choc entre troupes du FLN et le MNA en un point névralgique de la rivalité entre les deux mouvements nationalistes, cette tragédie a été précédée d’un certain nombre d’incidents, d’admonestations,
de menaces et de règlements de comptes qui, à la manière d’ondes
prémonitoires d’un séisme, annoncent le cataclysme. Le 26 mars,
notamment, la gendarmerie de M’Sila signale la présence d’une « bande
FLN » qui aurait pour mission d’exercer des représailles sur les habitants des douars Beni-Ilman et Kessabia (au nord) qui ont assisté, le
12 mars précédent, à un rassemblement au cours duquel le sous-préfet
de Bou Arreridj a pris la parole.
Une vingtaine de jours avant les faits, racontera Tarchi Mohamed ben
Touati — 19 ans, cultivateur, demeurant à la Mechta Ouled Hamouda, douar
Melouza — un chef nommé Si Abdelkader [en fait chef de la Région 3 de la
wilaya 5] accompagné de son adjoint Alloua a rassemblé les hommes du douar
à la Mosquée des Ouled Messelem. Alloua a prononcé un discours disant
notamment que le FLN combattait la France, qu’il était puissant et que nous
devions le servir...
Imprudemment embrigadé dans les sections de la mort, Tarchi Mohamed est affecté au « Groupe Abderrahmane », fort de vingt-trois
hommes. Au matin du 28 mai, vers 8 heures, Abderrahmane vient le
prévenir qu’à la tombée de la nuit il devra guider un certain Djoudi qui
transportera des munitions destinées « au chef Si Abdelkader ». Les
deux hommes quittent Melouza au coucher du soleil. Ils atteignent ElOued vers 20 heures et sont pris en charge par un agent de liaison.
D’étape en étape, ils arrivent à la Mechta Kasbah où ils déposent leur
chargement à l’intention de Si Abdelkader.
Tarchi Mohamed :
