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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
En effet, après les prises de position successives des États arabes, des puissances de Bandoeng * ,
de l’URSS et de ses satellites, du Parti communiste
français et de toute l’aile marchante des mouvements progressistes de la
Métropole, l’Amérique vient d’ajouter sa voix dont l’importance ne peut être
sous-estimée.
* La conférence réunie dans la ville indonésienne de Bandoeng (ou Bandung) du 17 au 24 avril
1955 à l’initiative de l’Inde, de la Birmanie, de Ceylan, du Pakistan et de l’Indonésie et à laquelle
participèrent vingt-neuf pays d Asie et d’Afrique, jeta les bases d’une entente entre les pays dits non
engagés, issus de la décolonisation, alors que commençait à s’imposer la notion de « tiers monde ».
L esprit et les prises de position du groupe de Bandoeng auront une grande incidence sur les événements d’Afrique du Nord.
Le 16 mai, le poste de radiodiffusion la Voix de l’Amérique [dont le rayonnement est effectivement considérable], s’est pratiquement rangé aux côtés du
FLN dans une émission-programme en arabe où les rebelles trouveront à la
fois une justification et de nouveaux éléments de propagande de choc auprès
de leurs combattants et des masses musulmanes d’Algérie...
Mais la Voix de l’Amérique aura sans doute de bonnes raisons de
modérer son enthousiasme et son appui au FLN après les massacres de
Mechta Kasbah, Aïn-Manaa et Wagram.
Mechta Kasbah, Aïn-Manaa, Wagram62...
Le 28 mai 1957 à 14 h 30, le capitaine Combette, commandant le
1er escadron du 8e régiment de spahis algériens, reçoit à son PC des
Ouled Taïr un renseignement d’avion lui signalant que des mechtas
étaient en feu dans la plaine située à dix kilomètres au sud-ouest de
Melouza.
Melouza-Beni-Ilman, qui seront associés dans l’histoire de la tragédie, sont situés à la limite des deux départements de Sétif et de Médéa,
à l’extrémité ouest des monts du Hodna. « C’est une région excentrique
sur les plans administratif et militaire, observe le général Salan dans la
note qu’il rédige le 3 juin, et elle est sur le trajet de la voie de ravitaillement rebelle qui, des aurès-nementchas par le hodna, rejoint la grande
kabylie. Du point de vue ethnique, cette région est une région limite
entre Arabes du Sud et Kabyles du Nord. En particulier, le douar beniilman arabe a pour voisin immédiat à l’Est le douar melouza à dominante kabyle... »
Sur le plan militaire, cette région a manqué d’une occupation suffisante en raison d’une pénurie d’effectifs. Le général Giraud, commandant la zone Ouest-Constantinois, avait à plusieurs reprises souligné
l’intérêt qu’il y aurait à implanter une garnison définitive dans cette
région, mais il n’avait pas été suivi au moment où la situation à la
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
En effet, après les prises de position successives des États arabes, des puissances de Bandoeng * ,
de l’URSS et de ses satellites, du Parti communiste
français et de toute l’aile marchante des mouvements progressistes de la
Métropole, l’Amérique vient d’ajouter sa voix dont l’importance ne peut être
sous-estimée.
* La conférence réunie dans la ville indonésienne de Bandoeng (ou Bandung) du 17 au 24 avril
1955 à l’initiative de l’Inde, de la Birmanie, de Ceylan, du Pakistan et de l’Indonésie et à laquelle
participèrent vingt-neuf pays d Asie et d’Afrique, jeta les bases d’une entente entre les pays dits non
engagés, issus de la décolonisation, alors que commençait à s’imposer la notion de « tiers monde ».
L esprit et les prises de position du groupe de Bandoeng auront une grande incidence sur les événements d’Afrique du Nord.
Le 16 mai, le poste de radiodiffusion la Voix de l’Amérique [dont le rayonnement est effectivement considérable], s’est pratiquement rangé aux côtés du
FLN dans une émission-programme en arabe où les rebelles trouveront à la
fois une justification et de nouveaux éléments de propagande de choc auprès
de leurs combattants et des masses musulmanes d’Algérie...
Mais la Voix de l’Amérique aura sans doute de bonnes raisons de
modérer son enthousiasme et son appui au FLN après les massacres de
Mechta Kasbah, Aïn-Manaa et Wagram.
Mechta Kasbah, Aïn-Manaa, Wagram62...
Le 28 mai 1957 à 14 h 30, le capitaine Combette, commandant le
1er escadron du 8e régiment de spahis algériens, reçoit à son PC des
Ouled Taïr un renseignement d’avion lui signalant que des mechtas
étaient en feu dans la plaine située à dix kilomètres au sud-ouest de
Melouza.
Melouza-Beni-Ilman, qui seront associés dans l’histoire de la tragédie, sont situés à la limite des deux départements de Sétif et de Médéa,
à l’extrémité ouest des monts du Hodna. « C’est une région excentrique
sur les plans administratif et militaire, observe le général Salan dans la
note qu’il rédige le 3 juin, et elle est sur le trajet de la voie de ravitaillement rebelle qui, des aurès-nementchas par le hodna, rejoint la grande
kabylie. Du point de vue ethnique, cette région est une région limite
entre Arabes du Sud et Kabyles du Nord. En particulier, le douar beniilman arabe a pour voisin immédiat à l’Est le douar melouza à dominante kabyle... »
Sur le plan militaire, cette région a manqué d’une occupation suffisante en raison d’une pénurie d’effectifs. Le général Giraud, commandant la zone Ouest-Constantinois, avait à plusieurs reprises souligné
l’intérêt qu’il y aurait à implanter une garnison définitive dans cette
région, mais il n’avait pas été suivi au moment où la situation à la
