Du terrorisme à la répression
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Plusieurs d’entre eux portaient une plaie par balle au-dessus de l’oreille
droite, ce qui permet de supposer que ce sont des blessés qui ont été achevés.
Il semble que quelques-unes des victimes aient subi les derniers outrages
[ ?] de la part des rebelles.
Il a été permis de constater ce jour-là des horreurs et des actes de sauvagerie
que la morale humaine peut difficilement imaginer.
Du capitaine Boussaguet, commandant la 2e compagnie du 8e RIM
— Saïda, le 1er juin 195760 :
Le 3 mai 1957, vers 20 heures, une bande rebelle, évaluée à une trentaine
d’individus, faisait son apparition au Douar aïn-manaa, fraction zerouki. Tandis qu’elle laissait aux lisières de la forêt un élément de protection et de recueil
(une quinzaine de HLL) le restant de la bande passait dans chaque mechta pour
rassembler tous les mâles qu’elle regroupait dans la maison de l’un d’entre eux
en bordure de la forêt.
Lorsque les hommes rassemblés furent entassés dans les trois pièces de cette
demeure, les rebelles ouvrirent le feu à bout portant, massacrant horriblement
tous ceux qui se trouvèrent sous les balles.
Cette fusillade fit 26 tués et une dizaine de blessés. Quelques-uns placés au
centre du groupe échappèrent à ce massacre.
Le massacre ne sera connu que le 23 mai, par la 2e compagnie du
capitaine Boussaguet qui devait escorter dans la région des agents des
Eaux et Forêts sur un chantier de déboisement. Étonnement de l’officier
commandant l’escorte — le personnel chargé du déboisement n’a pas
répondu à l’appel —, et démarche auprès du chef de fraction Berkane
Ould Larbi... Celui-ci est introuvable, mais l’officier découvre un
homme, blessé, qui lui dit : « Je suis un de ceux qui ont pu s’échapper,
le Chef de fraction, son frère et 24 autres ont été tués, 10 ont été
blessés... »
Dans son bulletin du 11 au 17 mai 195761, le colonel Ruyssen fait
état d’« opérations fructueuses » qui se sont soldées par la mise « hors
de combat» de 900 rebelles, «mais un tel effort nous a coûté
116 morts, 26 disparus et 191 blessés », ajoute-t-il. Il insiste ensuite sur
les conséquences de cette sorte de coalition qui s’est formée contre les
intérêts de la France en Algérie, coalition à laquelle semblent vouloir
se joindre les Américains :
Ces chiffres montrent bien l’âpreté accrue de la lutte de la part des rebelles
qui sont aidés non seulement par l’apport extérieur en armes et en munitions
venant par la Tunisie et le Maroc, mais aussi par l’appui moral de plus en plus
vaste que leur propagande exploite efficacement auprès des combattants, appui
qui vient de trouver un nouvel élément.
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