Du terrorisme à la répression
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contre ces « collaborateurs » musulmans, après les avoir dûment choisis, une offensive très dure qui finira par dissuader les volontaires les
plus résolus. L’emploi de la terreur reste la règle d’or.
Le bulletin de l’état-major mixte cite encore, en ce début de
mai 195757 :
les enlèvements :
De 17 familles musulmanes des environs de Souk-Ahras, emmenées par les
rebelles en Tunisie. — De 5 parents (dont 3 femmes) du chef musulman de
la commune de Fougalla (près de Tolga, environs de Biskra), exécuté luimême, le 22 avril dernier, par les hors-la-loi.
Finalement, conclut le bulletin de l’état-major mixte, le nombre des Français
musulmans victimes des hors-la-loi est nettement supérieur à celui des
semaines précédentes puisque pour 20 tués Européens, on compte :
— 128 Français musulmans assassinés,
— 46 Français musulmans blessés,
— 53 Français musulmans enlevés.
Le colonel Ruyssen, qui dirige la rédaction du bulletin hebdomadaire
de l’état-major mixte, n’a pas encore pris connaissance de deux rapports
sur un engagement qui a opposé, le 3 avril, une unité du 1/35e RI « et
une très forte bande rebelle58 ». Le premier de ces rapports est signé
par le lieutenant Barussaud, officier de renseignement du régiment. Il
mérite d’être cité en entier parce qu’il montre la violence des combats
et parfois les atrocités auxquelles sont exposées les unités engagées en
Algérie :
Sidi Kamber, le 16 mai 1957.
Le 3 avril vers 5 heures, trois sections de la 2e Compagnie partaient en
nomadisation dans la région Ouest du douar beni-ouelman [Constantinois],
située à environ quatre heures de marche du Poste. Vers onze heures, une
Section se heurtait à une petite bande rebelle qui rompait aussitôt le combat,
laissant deux morts sur le terrain.
La poursuite fut engagée et c’est alors que de toutes parts déferlaient sur nos
éléments des bandes armées suivies à distance par la population des mechtas
environnantes : hommes, femmes, et même enfants. A noter qu’au cours du
combat qui suivit, les hommes emportaient les morts et les blessés et que
les femmes de leurs « youyous » encourageaient les combattants pendant les
assauts.
Nos trois sections immédiatement encerclées engageaient séparément,
contre un ennemi très supérieur en nombre, un combat très dur qui devait se
prolonger tard dans la soirée et se terminer, pour une Section, d une manière
dramatique.
En effet, si vers 17 heures 30 deux Sections réussissaient à faire la jonction
et à établir enfin le contact radio avec l’artillerie qui, déclenchant immédiate
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contre ces « collaborateurs » musulmans, après les avoir dûment choisis, une offensive très dure qui finira par dissuader les volontaires les
plus résolus. L’emploi de la terreur reste la règle d’or.
Le bulletin de l’état-major mixte cite encore, en ce début de
mai 195757 :
les enlèvements :
De 17 familles musulmanes des environs de Souk-Ahras, emmenées par les
rebelles en Tunisie. — De 5 parents (dont 3 femmes) du chef musulman de
la commune de Fougalla (près de Tolga, environs de Biskra), exécuté luimême, le 22 avril dernier, par les hors-la-loi.
Finalement, conclut le bulletin de l’état-major mixte, le nombre des Français
musulmans victimes des hors-la-loi est nettement supérieur à celui des
semaines précédentes puisque pour 20 tués Européens, on compte :
— 128 Français musulmans assassinés,
— 46 Français musulmans blessés,
— 53 Français musulmans enlevés.
Le colonel Ruyssen, qui dirige la rédaction du bulletin hebdomadaire
de l’état-major mixte, n’a pas encore pris connaissance de deux rapports
sur un engagement qui a opposé, le 3 avril, une unité du 1/35e RI « et
une très forte bande rebelle58 ». Le premier de ces rapports est signé
par le lieutenant Barussaud, officier de renseignement du régiment. Il
mérite d’être cité en entier parce qu’il montre la violence des combats
et parfois les atrocités auxquelles sont exposées les unités engagées en
Algérie :
Sidi Kamber, le 16 mai 1957.
Le 3 avril vers 5 heures, trois sections de la 2e Compagnie partaient en
nomadisation dans la région Ouest du douar beni-ouelman [Constantinois],
située à environ quatre heures de marche du Poste. Vers onze heures, une
Section se heurtait à une petite bande rebelle qui rompait aussitôt le combat,
laissant deux morts sur le terrain.
La poursuite fut engagée et c’est alors que de toutes parts déferlaient sur nos
éléments des bandes armées suivies à distance par la population des mechtas
environnantes : hommes, femmes, et même enfants. A noter qu’au cours du
combat qui suivit, les hommes emportaient les morts et les blessés et que
les femmes de leurs « youyous » encourageaient les combattants pendant les
assauts.
Nos trois sections immédiatement encerclées engageaient séparément,
contre un ennemi très supérieur en nombre, un combat très dur qui devait se
prolonger tard dans la soirée et se terminer, pour une Section, d une manière
dramatique.
En effet, si vers 17 heures 30 deux Sections réussissaient à faire la jonction
et à établir enfin le contact radio avec l’artillerie qui, déclenchant immédiate
