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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
L’assassinat, le 8 mai, à Mazouna (près de Renault, entre Orléansville et
Mostaganem), de Si Mohammed Ould Hadj et de son frère, l’un grand
muphti [ces mots et plusieurs passages de la suite sont soulignés dans le
texte] et l’autre imam de la mosquée, du garde champêtre musulman [on finit
par ne plus pouvoir dénombrer les gardes champêtres assassinés] et de deux
institutrices invitées de la fille de l’imam, elle-même institutrice, qui fut
aussi grièvement blessée.
L’affreuse tragédie de Mascara, le 11 mai au soir, au cours de laquelle une
dizaine de rebelles, armés de mitraillettes, ouvrirent aveuglément le feu sur
les passants, faisant 4 morts européens dont un travailleur et 3 femmes de
modestes employés, laissant derrière elles 11 orphelins.
Le massacre d’une famille entière d’agriculteurs européens (les parents et
leurs 3 enfants), le 11 mai, à 9 kilomètres de Sétif. [Il s’agit de la famille
Bar al. Outre M. et Mme Baral et leur fils, Gérard, âgé de 16 ans, Suzy, 20 ans,
Josiane, 12 ans, qui a été violée.]
L’assassinat, dans la nuit du 5 au 6 mai, de trois musulmans, dont une
femme, au Douar Zougara, près de Rouina (environs de Carnot — OuestAlgérois). Dans le même douar, déjà, au moment de l’Aïd-Seghir, 6 musulmans avaient été égorgés par les hors-la-loi, vraisemblablement parce qu’ils
avaient enfreint l’interdiction rebelle de fêter la fin du Carême.
Le massacre, près de Paul Robert (Commune du Dahra), dans l’Orléansvillois, le 8 mai, de 8 musulmans qui étaient venus récemment faire leur
soumission.
Il y a lieu également d’ajouter à ces exactions,
les assassinats :
De deux présidents musulmans de Délégations spéciales, l’un près de Medjana dans l’ex-Commune mixte des Bibans (environs ouest de Bordj BouArreridj), l’autre à Zemourah (Petite Kabylie),
D’un membre de la Délégation Spéciale de Tébessa au sein de laquelle
les délégués musulmans participaient, jusqu’à présent, très activement à
la vie municipale.
De deux membres de la Délégation Spéciale des Lacs, près d’Aïn-M’Lila
(50 kilomètres au sud de Constantine).
En fait, les exécutions de « délégués » n’ont pas cessé depuis le début
1957. Sept assassinats sont officiellement recensés (mais combien
d’autres seront ignorés...) en février ; 9 en mars ; 10 en avril, dont plusieurs présidents de délégations. Ce qui est de nature à tempérer l’enthousiasme du ministre résidant et de ses services qui, dans une note
du 1er février 1957, se félicitent de ce que « les objectifs fixés par les
instructions de décembre 56 [la suppression des Communes mixtes] ont
été atteints à près de 95 pour cent [...] malgré la très vive pression du
FLN qui s’est efforcé par tous les moyens de faire échouer cette
réforme, dont il saisit toute l’importance ». Le FLN a en effet déclenché
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
L’assassinat, le 8 mai, à Mazouna (près de Renault, entre Orléansville et
Mostaganem), de Si Mohammed Ould Hadj et de son frère, l’un grand
muphti [ces mots et plusieurs passages de la suite sont soulignés dans le
texte] et l’autre imam de la mosquée, du garde champêtre musulman [on finit
par ne plus pouvoir dénombrer les gardes champêtres assassinés] et de deux
institutrices invitées de la fille de l’imam, elle-même institutrice, qui fut
aussi grièvement blessée.
L’affreuse tragédie de Mascara, le 11 mai au soir, au cours de laquelle une
dizaine de rebelles, armés de mitraillettes, ouvrirent aveuglément le feu sur
les passants, faisant 4 morts européens dont un travailleur et 3 femmes de
modestes employés, laissant derrière elles 11 orphelins.
Le massacre d’une famille entière d’agriculteurs européens (les parents et
leurs 3 enfants), le 11 mai, à 9 kilomètres de Sétif. [Il s’agit de la famille
Bar al. Outre M. et Mme Baral et leur fils, Gérard, âgé de 16 ans, Suzy, 20 ans,
Josiane, 12 ans, qui a été violée.]
L’assassinat, dans la nuit du 5 au 6 mai, de trois musulmans, dont une
femme, au Douar Zougara, près de Rouina (environs de Carnot — OuestAlgérois). Dans le même douar, déjà, au moment de l’Aïd-Seghir, 6 musulmans avaient été égorgés par les hors-la-loi, vraisemblablement parce qu’ils
avaient enfreint l’interdiction rebelle de fêter la fin du Carême.
Le massacre, près de Paul Robert (Commune du Dahra), dans l’Orléansvillois, le 8 mai, de 8 musulmans qui étaient venus récemment faire leur
soumission.
Il y a lieu également d’ajouter à ces exactions,
les assassinats :
De deux présidents musulmans de Délégations spéciales, l’un près de Medjana dans l’ex-Commune mixte des Bibans (environs ouest de Bordj BouArreridj), l’autre à Zemourah (Petite Kabylie),
D’un membre de la Délégation Spéciale de Tébessa au sein de laquelle
les délégués musulmans participaient, jusqu’à présent, très activement à
la vie municipale.
De deux membres de la Délégation Spéciale des Lacs, près d’Aïn-M’Lila
(50 kilomètres au sud de Constantine).
En fait, les exécutions de « délégués » n’ont pas cessé depuis le début
1957. Sept assassinats sont officiellement recensés (mais combien
d’autres seront ignorés...) en février ; 9 en mars ; 10 en avril, dont plusieurs présidents de délégations. Ce qui est de nature à tempérer l’enthousiasme du ministre résidant et de ses services qui, dans une note
du 1er février 1957, se félicitent de ce que « les objectifs fixés par les
instructions de décembre 56 [la suppression des Communes mixtes] ont
été atteints à près de 95 pour cent [...] malgré la très vive pression du
FLN qui s’est efforcé par tous les moyens de faire échouer cette
réforme, dont il saisit toute l’importance ». Le FLN a en effet déclenché
