Du terrorisme à la répression
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[...] PEUPLE ALGÉRIEN,
Tu viens de remporter une victoire éclatante de la France à l’ONU, par ton
courage, ton esprit de sacrifice, ta foi et ta volonté de vivre libre et digne. La
résolution votée invitant la France à un règlement libéral, démocratique et
juste conformément aux principes de la Charte des Nations Unies dont l’interprétation est Liberté aux peuples à disposer d’eux-mêmes reconnaît ton droit
à l’indépendance.
PEUPLE ALGÉRIEN,
N’habites-tu pas sur ton sol depuis 40 siècles ? N’as-tu pas ton histoire ?
Cette France qui prétend nous assimiler, qu’a-t-elle de supérieur ? Si ce n’est
son vice, sa corruption et ses mensonges. La honte, le meurtre, l’adultère, la
prostitution, la pédérastie suivent ses pas. Nos filles remplissent les maisons
de tolérance, nos fils peuplent les prisons. Voilà le vrai visage de la France.
PEUPLE ALGÉRIEN,
Le sang de tes fils tués par millions depuis 1830 n’a pas coulé en vain.
En avant, peuple martyr. Dieu est avec la Juste cause.
Nous sommes dans le droit chemin.
Peuple Combattant, sur toi, le salut et la Paix.
• 9 avril. Djamila Bouhired, l’une des jeunes collaboratrices de
Yacef Saadi, l’organisateur du « réseau bombes » à Alger et nièce de
Mostefa Bouhired, très compromis dans ce réseau, est arrêtée rue du
Sphinx, dans la Casbah, après avoir été blessée alors qu’elle s’enfuyait
devant une patrouille.
Plusieurs documents destinés à Yacef Saadi sont retrouvés sur elle.
Elle est, dans un premier temps, transférée à l’hôpital Maillot, puis dans
plusieurs villas où elle affirmera avoir subi des tortures.
Le cas Djamila Bouhired, qui a été maintes fois évoqué, prend l’aspect d’un symbole des méthodes de certains éléments de l’armée après
les disparitions de Ben M’Hidi et de Me Boumendjel. Son retentissement ne peut s’expliquer que par la remarquable efficience d’un jeune
avocat au début de sa notoriété, Me Jacques Vergés, qui lance une vaste
campagne médiatique appuyée par un ouvrage qu’il publiera en collaboration avec l’écrivain Georges Arnaud, auteur du Salaire de la peur,
sous le titre Pour Djamila Bouhired.
Ils me mirent nue, déclarera Djamila Bouhired au sujet de ses tortionnaires,
et m’attachèrent sur un banc en prenant soin de disposer des chiffons humides
sous les liens aux poignets, aux bras, sur le ventre, aux cuisses, aux chevilles
et aux jambes. Ils me placèrent alors des électrodes dans le sexe, les oreilles,
la bouche, à l’intérieur des mains, aux bouts de mes seins et sur mon front...
Djamila Bouhired déposera plainte devant le juge d’instruction qui
l’entendra le 27 avril. Accusée de « détention d’explosifs, tentative
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[...] PEUPLE ALGÉRIEN,
Tu viens de remporter une victoire éclatante de la France à l’ONU, par ton
courage, ton esprit de sacrifice, ta foi et ta volonté de vivre libre et digne. La
résolution votée invitant la France à un règlement libéral, démocratique et
juste conformément aux principes de la Charte des Nations Unies dont l’interprétation est Liberté aux peuples à disposer d’eux-mêmes reconnaît ton droit
à l’indépendance.
PEUPLE ALGÉRIEN,
N’habites-tu pas sur ton sol depuis 40 siècles ? N’as-tu pas ton histoire ?
Cette France qui prétend nous assimiler, qu’a-t-elle de supérieur ? Si ce n’est
son vice, sa corruption et ses mensonges. La honte, le meurtre, l’adultère, la
prostitution, la pédérastie suivent ses pas. Nos filles remplissent les maisons
de tolérance, nos fils peuplent les prisons. Voilà le vrai visage de la France.
PEUPLE ALGÉRIEN,
Le sang de tes fils tués par millions depuis 1830 n’a pas coulé en vain.
En avant, peuple martyr. Dieu est avec la Juste cause.
Nous sommes dans le droit chemin.
Peuple Combattant, sur toi, le salut et la Paix.
• 9 avril. Djamila Bouhired, l’une des jeunes collaboratrices de
Yacef Saadi, l’organisateur du « réseau bombes » à Alger et nièce de
Mostefa Bouhired, très compromis dans ce réseau, est arrêtée rue du
Sphinx, dans la Casbah, après avoir été blessée alors qu’elle s’enfuyait
devant une patrouille.
Plusieurs documents destinés à Yacef Saadi sont retrouvés sur elle.
Elle est, dans un premier temps, transférée à l’hôpital Maillot, puis dans
plusieurs villas où elle affirmera avoir subi des tortures.
Le cas Djamila Bouhired, qui a été maintes fois évoqué, prend l’aspect d’un symbole des méthodes de certains éléments de l’armée après
les disparitions de Ben M’Hidi et de Me Boumendjel. Son retentissement ne peut s’expliquer que par la remarquable efficience d’un jeune
avocat au début de sa notoriété, Me Jacques Vergés, qui lance une vaste
campagne médiatique appuyée par un ouvrage qu’il publiera en collaboration avec l’écrivain Georges Arnaud, auteur du Salaire de la peur,
sous le titre Pour Djamila Bouhired.
Ils me mirent nue, déclarera Djamila Bouhired au sujet de ses tortionnaires,
et m’attachèrent sur un banc en prenant soin de disposer des chiffons humides
sous les liens aux poignets, aux bras, sur le ventre, aux cuisses, aux chevilles
et aux jambes. Ils me placèrent alors des électrodes dans le sexe, les oreilles,
la bouche, à l’intérieur des mains, aux bouts de mes seins et sur mon front...
Djamila Bouhired déposera plainte devant le juge d’instruction qui
l’entendra le 27 avril. Accusée de « détention d’explosifs, tentative
