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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Le traité de la Tafna, signé le 20 mai 1837 entre Bugeaud et l’émir
Abd el-Kader, accorde à celui-ci le contrôle des deux tiers du territoire
algérien. Le 13 octobre suivant, la prise de Constantine par les troupes
du maréchal Valée — le général Damremont sera tué pendant les
combats du siège — met un terme définitif à la présence des Turcs en
Algérie. Mais, en novembre 1839, l’émir Abd el-Kader reprend les
armes contre la France. Nommé gouverneur général de l’Algérie en
1840, le général Bugeaud reçoit le commandement suprême en
février 1841. Il lance alors ses troupes à la conquête totale du pays et
remporte en 1843 contre l’émir une série de victoires qui lui valent son
titre de maréchal et de duc d’Isly, l’année suivante, après qu’il eut
défait, le 14 août, l’armée marocaine sur l’oued qui porte ce nom, près
d’Oujda.
Réfractaire à la pénétration française, la Kabylie se soulève massivement en 1845, entraînant la répression des « colonnes infernales » du
maréchal Bugeaud. La « pacification » est loin d’être achevée lorsque
celui-ci donne sa démission et est remplacé, le 30 mai 1847, comme
gouverneur général par le duc d’Aumale, quatrième fils de Louis-Philippe. Le 23 décembre de cette année 1847, l’émir Abd el-Kader se
rend au général Lamoricière après s’être exilé au Maroc.
Quatre députés algériens, élus, comme en métropole, pour la première fois au suffrage universel direct en avril 1848, siègent à l’Assemblée qui vote, le 4 novembre, la Constitution de la IIe République. Les
trois départements d’Alger, d’Oran et de Constantine sont créés. Les
sanglants événements de juin ont déclenché un mouvement vers l’exil
de milliers de résistants aux mesures répressives du ministre de la
Défense, le général Cavaignac, qui venait de quitter son poste de gouverneur général de l’Algérie. Un mouvement d’émigration en direction
de l’Algérie marquera les lendemains du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851 — 12 000 personnes seront déportées après le soulèvement populaire —, la défaite de la Commune en
1871 et le rattachement de l’Alsace-Lorraine à l’empire allemand la
même année. On évalue à quelque 10 000 le nombre d’Alsaciens qui
s’installeront en Algérie après le traité de Francfort.
En veilleuse pendant les événements de 1848, la «pacification»
reprend en force en 1852-1853, touchant principalement la Kabylie où
subsiste un fort noyau de résistance.
• Le 24 octobre 1870, le gouvernement de la Défense nationale établi à Tours après la déchéance de Napoléon III prend un décret qui, à
1 initiative du ministre de la Justice, Adolphe Crémieux, spécifie : « Les
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