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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
l’origine : Pierre Daure, recteur de la faculté de Caen, ancien préfet du
Calvados révoqué par le gouvernement de Vichy ; Robert Delavignette,
ancien directeur des affaires politiques au ministère de la France
d’outre-mer, gouverneur général honoraire des colonies (futur démissionnaire) ; André François-Poncet, ambassadeur de France, président
de la Croix-Rouge française ; Me Maurice Garçon, avocat à la cour
d’appel de Paris (futur démissionnaire) ; Paul Haag, ancien préfet de la
Seine, conseiller d’État ; Jean Moliérac, président des bâtonniers de
France, bâtonnier de l’ordre des avocats de Bordeaux ; Marcel Oudinot,
conseiller d’État honoraire, ancien directeur de la justice militaire ; Pierret-Gérard, président de l’Union française des anciens combattants
(futur démissionnaire) ; le Pr Charles Richet, ancien déporté ; le
Pr Robert de Vemejoul, président du conseil national de l’ordre des
médecins, professeur à la faculté de Marseille ; le général Henri Zeller,
gouverneur militaire de Paris, inspecteur général des réserves de l’armée de terre. René Cassin, vice-président du Conseil d’État, et le bâtonnier Thorp se sont récusés, tandis qu’également sollicité (par le cabinet
de François Mitterrand agissant de la part de Guy Mollet), Albert
Camus répond au président du Conseil qu’il ne lui est pas possible de
donner une suite favorable avant que les pouvoirs de la Commission
aient été «précisés et publiés officiellement». Les pourparlers avec
Albert Camus resteront sans lendemain.
Mais Alger s’inquiète de plus en plus du climat moral ambiant, du
défaitisme, des effets de la propagande du FLN et des libéraux, propagande abondamment relayée par des médias prestigieux :
Il s’agit d’une véritable offensive destinée à neutraliser l’intérêt que la
masse métropolitaine commençait à porter aux affaires d’Algérie, lit-on dans
une note du gouvernement général en date du 6 avril 1957î2. Ne pouvant
effacer les marques de cet intérêt, on s’efforce de les canaliser vers une réprobation des méthodes soi-disant employées et vers un discrédit qui, après une
police qualifiée de tortionnaire, atteint maintenant l’armée que l’on présente
comme une véritable Gestapo. Cette propagande a suivi une ligne bien déterminée et il est à prévoir que le tour viendra d’une justice que l’on présentera
comme dépendant étroitement de l’autorité.
« Les populations civiles sont beaucoup plus atteintes
que les maquisards... »
Au moment où l’on constate cette baisse de moral dans certaines
sphères du gouvernement général, quelle est la situation dans les populations musulmanes de l’Algérie profonde ?
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
l’origine : Pierre Daure, recteur de la faculté de Caen, ancien préfet du
Calvados révoqué par le gouvernement de Vichy ; Robert Delavignette,
ancien directeur des affaires politiques au ministère de la France
d’outre-mer, gouverneur général honoraire des colonies (futur démissionnaire) ; André François-Poncet, ambassadeur de France, président
de la Croix-Rouge française ; Me Maurice Garçon, avocat à la cour
d’appel de Paris (futur démissionnaire) ; Paul Haag, ancien préfet de la
Seine, conseiller d’État ; Jean Moliérac, président des bâtonniers de
France, bâtonnier de l’ordre des avocats de Bordeaux ; Marcel Oudinot,
conseiller d’État honoraire, ancien directeur de la justice militaire ; Pierret-Gérard, président de l’Union française des anciens combattants
(futur démissionnaire) ; le Pr Charles Richet, ancien déporté ; le
Pr Robert de Vemejoul, président du conseil national de l’ordre des
médecins, professeur à la faculté de Marseille ; le général Henri Zeller,
gouverneur militaire de Paris, inspecteur général des réserves de l’armée de terre. René Cassin, vice-président du Conseil d’État, et le bâtonnier Thorp se sont récusés, tandis qu’également sollicité (par le cabinet
de François Mitterrand agissant de la part de Guy Mollet), Albert
Camus répond au président du Conseil qu’il ne lui est pas possible de
donner une suite favorable avant que les pouvoirs de la Commission
aient été «précisés et publiés officiellement». Les pourparlers avec
Albert Camus resteront sans lendemain.
Mais Alger s’inquiète de plus en plus du climat moral ambiant, du
défaitisme, des effets de la propagande du FLN et des libéraux, propagande abondamment relayée par des médias prestigieux :
Il s’agit d’une véritable offensive destinée à neutraliser l’intérêt que la
masse métropolitaine commençait à porter aux affaires d’Algérie, lit-on dans
une note du gouvernement général en date du 6 avril 1957î2. Ne pouvant
effacer les marques de cet intérêt, on s’efforce de les canaliser vers une réprobation des méthodes soi-disant employées et vers un discrédit qui, après une
police qualifiée de tortionnaire, atteint maintenant l’armée que l’on présente
comme une véritable Gestapo. Cette propagande a suivi une ligne bien déterminée et il est à prévoir que le tour viendra d’une justice que l’on présentera
comme dépendant étroitement de l’autorité.
« Les populations civiles sont beaucoup plus atteintes
que les maquisards... »
Au moment où l’on constate cette baisse de moral dans certaines
sphères du gouvernement général, quelle est la situation dans les populations musulmanes de l’Algérie profonde ?
