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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Partout le sang Algérien coule, il coule à flots par la volonté des impérialistes français. Dans les villes, dans les campagnes, sur les routes, dans les
champs et jusque dans les prisons, on assassine, on fusille et on guillotine. Du
13 au 12 février, seize patriotes algériens ont été guillotinés. Près de trois
cents autres sont menacés d’exécution. Les Pélissier et les saint-arnaud * , ont
fait école. Les ministres socialistes français n’ont rien à envier à ces pionniers
du colonialisme.
* Aimable Pélissier et Armand Saint-Arnaud. Ils participèrent l’un et l’autre à la conquête de l’Algérie, le premier, de 1839 à 1854 avant de devenir gouverneur général, de 1860 jusqu’à sa mort, en
1864. Saint-Arnaud commença sa carrière en Algérie.
** Cette remarque... d une actualité permanente, s’inscrit dans les répercussions du conflit israéloégyptien de 1 année précédente, Gaza est encore, en mars 1957, mais pour peu de temps, occupé par
les troupes israéliennes après leur intervention qui avait d’abord porté sur le Sinaï.
L’exécution des patriotes algériens connaît depuis quelque temps une
cadence accélérée. Sommes-nous en face d’un calcul politique diabolique
coïncidant avec le débat algérien à l’ONU ? Cherche-t-on à donner des gages
aux ultras d’Alger en faisant couler le sang des patriotes algériens ? Les tribunaux militaires ne prononcent-ils pas quotidiennement [le « quotidiennement »
est excessif, mais on a vu que, rien que pour le mois de juillet 1956, par
exemple, le gouvernement général avait « comptabilisé » vingt-sept exécutions
capitales], des condamnations capitales sans respect pour les règles élémentaires de la défense ? « Jamais hommes d’État Français n’ont fait montre d’autant d’entêtement et de persévérance dans la voie du crime, de l’assassinat et
des effusions de sang que les socialistes mollet-lacoste. Dès lors, peut-on
accorder le moindre crédit aux déclarations embaumées de fraternité « francomusulmane » de cet autre ministre socialiste Christian pineau [ministre des
Affaires étrangères]. Chaque jour, les faits démentent les « intentions », sauf
celle qui consiste à exterminer le plus grand nombre possible d’Algériens. Où
veut-on en venir ?
Cherche-t-on à faire de l’Algérie une nouvelle Palestine ** ?
ASSASSINS !
Halte aux exécutions ! Cessez de guillotiner les patriotes Algériens ! Vos
desseins criminels ne seront pas atteints. La lutte héroïque du peuple algérien
ne fléchira pas point. La marche de l’Algérie vers la liberté et l’indépendance
est irréductible.
Honneur et gloire aux patriotes Algériens guillotinés !
Halte aux assassins !
• 27 mars. Le général Jacques Pâris de Bollardière, qui commande
dans le secteur est de l’Atlas blidéen et a demandé à être relevé de son
commandement, écrit à Jean-Jacques Servan-Schreiber qu’il approuve
l’esprit de ses articles dans L'Express. À la suite de la publication de
cette lettre, le lendemain, Bollardière sera condamné à soixante jours
de forteresse.
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