Du terrorisme à la répression
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percer des doutes sur la mort de Boumendjel et le fonctionnement... de
la justice en Algérie :
Monsieur le Ministre,
J’ai rendu compte à la commission de la Justice et de législation, des renseignements que vous avez bien voulu nous donner [...].
A cette occasion, la commission de la Justice et de législation m’a chargé
de vous demander de vouloir bien porter à sa connaissance les éléments d’information que vous pourrez recueillir sur les circonstances qui ont entraîné le
suicide de Me Boumendjel.
La commission a également exprimé le désir d’entendre M. le garde des
Sceaux [François Mitterrand, en l’occurrence}, sur les conditions dans lesquelles fonctionne actuellement la justice en Algérie ; elle serait également
désireuse de vous entendre sur ces différents problèmes quand les circonstances le permettront [...].
Guy Mollet contre-attaque à l’Assemblée nationale, le 27 mars, en
jouant les ignorants, alors qu’il sait à peu près tout sur la torture, et en
promettant d’agir, alors qu’il connaît les limites de son pouvoir sur une
armée qui se moque comme d’une guigne du pouvoir politique. À Maurice Bourgès-Maunoury, ministre de la Défense, qui l’a convoqué à
Paris pour lui demander de « veiller à ce que l’Armée cesse les brutalités et les vols », ce qui est le moins que l’on puisse dire..., le général Salan répond tout à trac : « Mais, Monsieur le ministre, l’Armée ne
fait que parer à la carence de la gendarmerie et de la police, et elle est
toute disposée à se cantonner dans son rôle habituel... »
Me Ali Boumendjel est bien mort, exécuté par les services secrets de
l’armée en Algérie. Ce qui était une quasi-certitude — car on ne répétera jamais assez que le recours à la torture était un fait avéré, reconnu,
que le mystère entourant certaines disparitions n’avait que peu de fondement —, ce qui appartenait au domaine de l’évidence était confirmé
par l’aveu. Celui du général Aussaresses qui, dans Services spéciaux
— Algérie 1955-1957, rapportait que l’avocat avait été « liquidé », avenue Georges-Clemenceau, à El-Biar. Sous prétexte d’un transfert dans
un bâtiment voisin, on lui fit emprunter une passerelle au sixième étage
où le militaire qui l’accompagnait le précipita dans le vide... après lui
avoir assené un coup de pioche dans la nuque.
Mort « mystérieuse », une de plus, et il y en aura d’autres...
Ne s’en tenant pour l’heure qu’aux morts « officielles », le MNA
diffuse en ce mois de mars 1957 un tract virulent sous le titre « Assassins, CESSEZ DE GUILLOTINER LES PATRIOTES ALGÉRIENS ! » :
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