Du terrorisme à la répression
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beaucoup plus encore quand on sait que la véritable solution des problèmes
actuels réside dans la confiance que la France doit inspirer à tous les Algériens,
quelles que soient leurs origines.
Nous savons combien votre tâche a été rendue difficile depuis votre arrivée
à Alger par la méfiance des Européens. Celle-ci s’est depuis largement dissipée, mais la question qui nous occupe aujourd’hui contribue encore à faire
planer une équivoque qui recule l’heure de l’unanimité.
Quant à la masse musulmane dont nous avons tellement besoin pour retrouver la Paix, prise entre deux feux, elle cherche avec application à comprendre
quelles sont les intentions de la France et sa pensée est bien résumée par la
phrase très connue qu’elle pose dans le bled à nos soldats : « Est-ce que vous
passez ou est-ce que vous restez ? » Elle se réjouit certes que les maîtres
chanteurs et les assassins, dont elle souffre beaucoup plus que les Européens,
soient trouvés et supprimés. Dans son besoin de logique cependant, elle se
demande pourquoi certains « patrons », commis voyageurs du séparatisme qui
ne dissimulent même pas leurs sentiments et se posent volontiers en futurs
leaders d’une République Algérienne problématique, continuent à sévir sans
qu’aucune entrave soit apportée à leurs activités.
Curieusement épargnés parce qu’ils n’ont pas tué de leurs mains, ces inspirateurs du terrorisme, qui se font une célébrité en prenant publiquement parti
contre la France, constituent malheureusement pour la masse le point de référence de nos intentions.
C’est pourquoi nous prenons la liberté de vous demander, Monsieur le
Ministre, qu’une action vigoureuse et ostensible soit désormais menée contre
eux, car ils sont les vrais responsables de tout le sang versé en Algérie.
La moindre sanction nous semblerait devoir être la déchéance des droits
civiques à l’encontre de ceux :
qui, rejetant la citoyenneté française, revendiquent une nationalité étrangère,
fût-elle future,
qui ont abandonné leur poste, et en particulier des fonctions publiques ou
semi-publiques, pour se livrer à des activités anti-nationales, pour aider au
développement de celles-ci, pour amener à la rébellion armée les ignorants et
les faibles.
La loi française, sa justice, ne sont pas désarmées devant les tueurs. Elles
ne doivent pas l’être devant leurs instigateurs.
La défaite militaire de la rébellion doit être aussi celle des hommes qui l’ont
provoquée ou qui ont misé sur son succès. C’est à ce prix que les éléments
sains prendront enfin ouvertement parti pour la France...
• 23 mars. On apprend, par la radio, la mort de Me Ali Boumendjel
à Alger.
Selon la version officielle, l’avocat s’est jeté d’une fenêtre d’un
immeuble de l’avenue Georges-Clemenceau, à El-Biar, avant d’être
interrogé. Mais l’incrédulité l’emporte, en pleine tempête médiatique,
alors que plusieurs journaux comme L’Express, France-Observateur,
L'Humanité, Le Monde, Témoignage chrétien, et d autres, se passent le
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