Du terrorisme à la répression
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maintes reprises. Nous n’avons cessé d’attirer l’attention de la conscience
humaine sur la situation de ces regroupés, non pour inspirer de la pitié, mais
pour mettre fin à cet état de fait. Certaines voix soucieuses de justice se sont
élevées en faveur de ces malheureux Algériens. En dépit de ce cri d’alarme,
la situation n’a fait que s’aggraver, d’autant plus que ces regroupements sont
réalisés sous la contrainte et la menace de la mitraillette et du canon, pour les
besoins de la pacification.
La suite de la lettre est consacrée aux « regroupements », et nous y
reviendrons.
La grande grève du 28 janvier 1957.
Répression de l'armée... et du FLN
La grande affaire du FLN en ce mois de janvier 1957 est la grève de
huit jours en préparation dans la perspective du débat prévu à l’ONU
sur la question algérienne. Le MNA s’y associe, mais pour une journée
seulement, par crainte, non sans fondement, que les grévistes ne soient
en mesure de tenir pendant une aussi longue période. Le Parti communiste algérien, de son côté, apporte un appui sans réserve au mouvement. Il fait diffuser à Alger un tract invitant les « employés,
commerçants et artisans à participer massivement à la grande grève
générale de huit jours qui marquera la volonté irréductible du peuple
algérien de triompher dans sa lutte pour l’indépendance. »
Les tracts nationalistes transmettent des consignes parfois contradictoires selon les régions et les commandements de wilayas. Tandis qu’à
Alger il est précisé que « pour la durée de cette période, toute espèce
d’action armée et d’attentats est suspendue », et que « les militants [du
FLN] ont l’obligation de remettre les armes aux responsables », c’est
le contraire qui est demandé en Kabylie. Annonçant la grève générale,
« le conseil de la wilaya [3] invite tous les groupes armés à déployer
une intense activité militaire avant et pendant la discussion [ri l’ONU]
de l’affaire algérienne : accrochages, coups de main, embuscades. Multiplier également les attentats individuels dans les centres de TiziOuzou, Sétif, Bougie, Bordj Bou-Arreridj... »
De toute manière, c’est le peuple algérien qui est pris en otage. Chacun prend sa part de l’épreuve, les Européens par le terrorisme et les
musulmans par les exactions des deux bords et tous les autres traumatismes liés à la guerre. Une guerre révolutionnaire où la grève tient sa
place, mais au prix de nouveaux sacrifices pour ceux qui doivent en
assumer les conséquences.
À l’appui de l’ordre de grève suivent les exhortations, les pressions
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