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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
• La «bataille d’Alger» vient de commencer avec les péripéties
d’un terrorisme qui est loin d’avoir désarmé :
26 janvier. Le car Alger-Zéralda est attaqué et sept passagers sont
massacrés. Le même jour, trois bombes frappent les consommateurs de
l’Otomatic, de la Cafétéria, pour la deuxième fois, et du Coq-Hardi.
Les dégâts sont les plus importants et les victimes sont les plus durement touchées au Coq-Hardi dont les glaces de la verrière qui ont
explosé projettent une multitude d’éclats tranchants. Les pieds en fonte
des guéridons proches de l’endroit où la bombe avait été déposée
deviennent autant de lourds et terribles projectiles. Alors commence la
noria des ambulances, les paras et les CRS accourent, pour découvrir
des scènes, tragiquement classiques dans la Ville blanche, d’hommes,
de femmes et d’enfants couchés sur le sol dans leurs taches de sang.
Quatre morts, cinquante blessés, combien d’entre eux, ne l’oublions
pas, resteront mutilés pour la vie...
Il manquait à l’une des plus terribles journées du terrorisme un additif
qui n’est malheureusement pas l’exception, la vengeance immédiate de
la foule, le lynchage après l’attentat. Le 26 janvier 1957, à Alger, c’est
un passant, un mécanicien musulman qui « paie » pour les morts et les
blessés du Coq-Hardi. La foule en fureur l’empoigne et le lynche.
Religieux, instituteurs, écoles...
En janvier 1957, le gouvernement général imprime et diffuse — à
une dizaine d’exemplaires — un document qui recense les exécutions
par les rebelles des chefs de confréries religieuses et autres personnalités religieuses, pendant une année, d’août 1955 à août 1956. Une Note
de la 10e Région militaire complète ces informations38 :
Août 1955, Hafidi Lamine, à Biskra.
Octobre 1955, le 3, Cherif Hadj Lamine, chef de la zaouïa « Kadria »
d’Amiche, à Khanga Tamerza.
Octobre 1955, Graoua Abdelhafid, moqadem «Kadria» à SoukAhras. Précision : égorgé.
Octobre 1955, le 30, Mokhbi Daifi, chef de la zaouïa à Collo, a son
fils égorgé.
Janvier 1956, le 15, Lamine Amor et Normane Tahar, marabouts de
la Commune mixte des Rhiras. Précision : égorgés.
Février 1956, Hocini Belkacem, chef de la zaouïa « Rahmania» de
Boudjelil. — Bouzid, marabout des Aurès-Nementchas.
Mars 1956, Challal Mohand-Chérif, chef de la zaouïa « Rahmania »
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