Du terrorisme à la répression
123
Indochine. Colonel en 1946. De retour en métropole en 1947, il effectue
un stage à l’École des troupes aéroportées de Pau et est breveté parachutiste. Il sert en AOF (Afrique Occidentale Française). Promu général en
1955, il prend le commandement de ce qui va devenir la 10e division
parachutiste qui, en novembre 1956, participe à l’opération de Suez.
La décision qui dessaisit le pouvoir civil du maintien de l’ordre au
profit de l’armée est l’un des événements majeurs de la guerre d’Algérie. D’aucuns la condamneront comme une capitulation sans appel,
génératrice d’abus prévisibles. Le 7 janvier 1957 se profile déjà le
recours à la torture. Mais c’est vite oublier le contexte de l’époque,
l’impuissance de l’autorité traditionnelle à maîtriser le désordre et la
contagion du terrorisme. Dès lors que s’impose la lutte par les armes à
l’exclusion de tout recours politique face à un adversaire muré dans
l’intransigeance, qu’importent les moyens...
Cette impuissance se lit dans quelques chiffres. Selon Jean Vaujour37, qui fut directeur de la Sûreté générale en Algérie de 1953 à
1955, «il y avait [au moment de l’insurrection] un fonctionnaire de
police pour 1 400 habitants, alors que le territoire métropolitain voyait
sa protection assurée par des éléments qui, toutes proportions gardées,
étaient deux fois plus importants ». Au moment où il prend possession
de ses fonctions, Robert Lacoste constate l’insuffisance alarmante des
moyens du maintien de l’ordre à Alger : 2 000 hommes environ, pour
une ville de quelque 700 000 habitants, soit 1 100 policiers, 55 gendarmes, 8 compagnies de CRS de 115 hommes chacune, mais opérationnelles huit heures par jour, pour satisfaire au règlement... Le nombre
des inspecteurs ne dépasse pas la cinquantaine. Cette situation est
aggravée par le nombre et la dispersion des services dont l’esprit de
coopération n’est pas, de beaucoup, la règle d’or.
• 8 janvier. Opération de fouille dans la Casbah. On annonce cinquante arrestations. En réalité, on commence à manquer de locaux pour
les internements...
• 16 janvier. Un tir de bazooka qui visait dans son bureau le général Salan atteint mortellement son aide de camp, le commandant Rodier.
• 20 janvier. La grève des travailleurs algériens en France est largement suivie.
• 21 janvier. L’émetteur clandestin « Radio Algérie Libre » confirme
l’information de Radio Tunis et Radio Damas . le FLN a lancé un ordre
de grève de huit jours en Algérie à compter du 28 janvier.
123
Indochine. Colonel en 1946. De retour en métropole en 1947, il effectue
un stage à l’École des troupes aéroportées de Pau et est breveté parachutiste. Il sert en AOF (Afrique Occidentale Française). Promu général en
1955, il prend le commandement de ce qui va devenir la 10e division
parachutiste qui, en novembre 1956, participe à l’opération de Suez.
La décision qui dessaisit le pouvoir civil du maintien de l’ordre au
profit de l’armée est l’un des événements majeurs de la guerre d’Algérie. D’aucuns la condamneront comme une capitulation sans appel,
génératrice d’abus prévisibles. Le 7 janvier 1957 se profile déjà le
recours à la torture. Mais c’est vite oublier le contexte de l’époque,
l’impuissance de l’autorité traditionnelle à maîtriser le désordre et la
contagion du terrorisme. Dès lors que s’impose la lutte par les armes à
l’exclusion de tout recours politique face à un adversaire muré dans
l’intransigeance, qu’importent les moyens...
Cette impuissance se lit dans quelques chiffres. Selon Jean Vaujour37, qui fut directeur de la Sûreté générale en Algérie de 1953 à
1955, «il y avait [au moment de l’insurrection] un fonctionnaire de
police pour 1 400 habitants, alors que le territoire métropolitain voyait
sa protection assurée par des éléments qui, toutes proportions gardées,
étaient deux fois plus importants ». Au moment où il prend possession
de ses fonctions, Robert Lacoste constate l’insuffisance alarmante des
moyens du maintien de l’ordre à Alger : 2 000 hommes environ, pour
une ville de quelque 700 000 habitants, soit 1 100 policiers, 55 gendarmes, 8 compagnies de CRS de 115 hommes chacune, mais opérationnelles huit heures par jour, pour satisfaire au règlement... Le nombre
des inspecteurs ne dépasse pas la cinquantaine. Cette situation est
aggravée par le nombre et la dispersion des services dont l’esprit de
coopération n’est pas, de beaucoup, la règle d’or.
• 8 janvier. Opération de fouille dans la Casbah. On annonce cinquante arrestations. En réalité, on commence à manquer de locaux pour
les internements...
• 16 janvier. Un tir de bazooka qui visait dans son bureau le général Salan atteint mortellement son aide de camp, le commandant Rodier.
• 20 janvier. La grève des travailleurs algériens en France est largement suivie.
• 21 janvier. L’émetteur clandestin « Radio Algérie Libre » confirme
l’information de Radio Tunis et Radio Damas . le FLN a lancé un ordre
de grève de huit jours en Algérie à compter du 28 janvier.
