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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
L’assassinat d’Amédée Froger annonce une forme jusqu’alors à peu
près inédite du terrorisme, les attentats individuels étant plutôt l’exception. On ne peut s’empêcher, dans ce cas comme dans d’autres, d’établir
un parallélisme avec les événements du Maroc les années précédentes.
L’exemple d’Amédée Froger est à rapprocher de celui du Dr Eyraud,
le directeur de La Vigie marocaine, premier quotidien du protectorat et
l’un des fleurons du puissant « groupe Mas », qui fut assassiné au matin
du 30 juin 1954 en sortant de son domicile pour se rendre à son bureau.
• 11 décembre. Les conseils généraux et les conseils municipaux
d’Algérie ont été dissous à cette date et seront progressivement remplacés par des délégations spéciales en attendant que des élections puissent être organisées. Les deux communautés seront représentées à
égalité.
Police insuffisante — L’armée au maintien de l'ordre
• 6 janvier 1957. Le général Jacques Faure, commandant en second
la division d’Alger, est mis pour trente jours aux arrêts de rigueur pour
avoir fomenté un complot avec l’appui de certains milieux activistes de
la métropole.
• 7 janvier. « Sur tout le territoire du département d’Alger, la responsabilité du maintien de l’ordre passe, à dater de la publication du présent
arrêté [le 8 janvier}, à l’autorité militaire qui exerce sous le contrôle de
l’Igame, préfet d’Alger, les pouvoirs normalement impartis à l’autorité
civile... »
En vertu du décret signé par le préfet Serge Barret, le général Jacques
Massu est investi de cette mission à la tête de la 10e division parachutiste qui rentre d’Egypte. Massu implante trois régiments sur l’ensemble
de l’agglomération algéroise : le 3e RPC, le 1er REP et le 1er RCP.
Après diverses affectations, le futur général Massu (né en 1908,
engagé au titre de l’école de Saint-Cyr en 1928), avait servi au Maroc
en 1932, en participant à plusieurs opérations de pacification. Lieutenant, il est nommé au Togo en 1935-1936, puis rejoint le Tchad en
1938. Promu capitaine en 1939, il rallie la France libre dès juin 1940,
participe aux opérations du Tchad, en Libye et en Tunisie, et devient
chef de bataillon en 1942. Il est intégré à la 2e DB avec le 1er régiment
du Tchad en 1943 et rejoint l’Angleterre avec sa division. C’est le
débarquement en Normandie, la libération de Paris, l’Allemagne... Il
est lieutenant-colonel. Suivent, à partir de 1945, plusieurs missions en
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