Du terrorisme à la répression
121
assistante sociale [dont nous reparlerons], tous deux membres de l’organisation para-militaire du PCA clandestin (Combattants de la Libération). Citons :
— l’utilisation de la villa Ker Claude, comme lieu de refuge d’individus
recherchés par les Forces de l’Ordre (Leblanc, Gex), de rendez-vous d’agents
CDL [Combattants de la Libération], de boîtes aux lettres FLN et CDL.
— la mise à la disposition du véhicule automobile du Service pour assurer
les liaisons entre les différentes branches du réseau para-militaire et des
groupes terroristes urbains s’y rattachant, et le transport de rebelles (Cherab,
Boualem).
— la fourniture aux rebelles du FLN (maquis de Tlemcen) de médicaments
et instruments chirurgicaux prélevés sur les stocks des Œuvres Sociales de
l’EGA.
— l’utilisation des Imprimés des Œuvres Sociales pour obtenir frauduleusement des médicaments destinés aux maquis rebelles.
— l’utilisation du courrier, du téléphone, de la ronéo, etc., des Œuvres
Sociales au profit de l’organisation para-militaire des Combattants de la
Libération.
• L’année 1956 s’achève par un nouveau drame, mais il y en a eu
bien d’autres qui seront ignorés... Le cadre en est Alger, et c’est une
personnalité européenne qui en est le sujet.
Le 28 décembre, après l’attentat manqué contre le bachagha Aït Ali,
président du conseil général d’Alger, Amédée Froger, maire de Boufarik et président de F interfédération des maires d’Algérie, héros de la
guerre 1914-1918, est victime d’un attentat alors qu’il sortait de chez
lui, rue Michelet. Il meurt dans la clinique où il a été transporté.
Amédée Froger est une personnalité de premier plan dans le combat
pour l’Algérie française, bien qu’il n’ait pas la réputation d’être un
ultra ; Robert Lacoste a suffisamment conscience de l’importance de
l’événement pour qu’il adresse le soir même un appel au calme à la
population européenne. Peine perdue.
Si l’objectif du FLN était d’impressionner en frappant l’une des
figures les plus connues et les populaires des Français d’Algérie, son
objectif était atteint ; mais si son ambition allait au-delà en misant sur
des réactions de représailles qui aggraveraient le divorce entre les deux
communautés, il ne s’était pas trompé. Le lendemain, jour des
obsèques, des jeunes gens quittent le cortège mortuaire au moment où
la nouvelle se propage qu’une bombe vient d exploser dans le cimetière,
agressent des passants musulmans et des automobilistes dont certains
sont arrachés à leur véhicule avant d être lynchés. Plusieurs femmes
sont parmi les victimes. On comptera, selon les chiffres officiels, en
dessous de la réalité, quatre morts et quelque cinquante blessés. Mais
dans la Casbah on raconte que la « ratonnade » a fait plusieurs centaines
de victimes.
121
assistante sociale [dont nous reparlerons], tous deux membres de l’organisation para-militaire du PCA clandestin (Combattants de la Libération). Citons :
— l’utilisation de la villa Ker Claude, comme lieu de refuge d’individus
recherchés par les Forces de l’Ordre (Leblanc, Gex), de rendez-vous d’agents
CDL [Combattants de la Libération], de boîtes aux lettres FLN et CDL.
— la mise à la disposition du véhicule automobile du Service pour assurer
les liaisons entre les différentes branches du réseau para-militaire et des
groupes terroristes urbains s’y rattachant, et le transport de rebelles (Cherab,
Boualem).
— la fourniture aux rebelles du FLN (maquis de Tlemcen) de médicaments
et instruments chirurgicaux prélevés sur les stocks des Œuvres Sociales de
l’EGA.
— l’utilisation des Imprimés des Œuvres Sociales pour obtenir frauduleusement des médicaments destinés aux maquis rebelles.
— l’utilisation du courrier, du téléphone, de la ronéo, etc., des Œuvres
Sociales au profit de l’organisation para-militaire des Combattants de la
Libération.
• L’année 1956 s’achève par un nouveau drame, mais il y en a eu
bien d’autres qui seront ignorés... Le cadre en est Alger, et c’est une
personnalité européenne qui en est le sujet.
Le 28 décembre, après l’attentat manqué contre le bachagha Aït Ali,
président du conseil général d’Alger, Amédée Froger, maire de Boufarik et président de F interfédération des maires d’Algérie, héros de la
guerre 1914-1918, est victime d’un attentat alors qu’il sortait de chez
lui, rue Michelet. Il meurt dans la clinique où il a été transporté.
Amédée Froger est une personnalité de premier plan dans le combat
pour l’Algérie française, bien qu’il n’ait pas la réputation d’être un
ultra ; Robert Lacoste a suffisamment conscience de l’importance de
l’événement pour qu’il adresse le soir même un appel au calme à la
population européenne. Peine perdue.
Si l’objectif du FLN était d’impressionner en frappant l’une des
figures les plus connues et les populaires des Français d’Algérie, son
objectif était atteint ; mais si son ambition allait au-delà en misant sur
des réactions de représailles qui aggraveraient le divorce entre les deux
communautés, il ne s’était pas trompé. Le lendemain, jour des
obsèques, des jeunes gens quittent le cortège mortuaire au moment où
la nouvelle se propage qu’une bombe vient d exploser dans le cimetière,
agressent des passants musulmans et des automobilistes dont certains
sont arrachés à leur véhicule avant d être lynchés. Plusieurs femmes
sont parmi les victimes. On comptera, selon les chiffres officiels, en
dessous de la réalité, quatre morts et quelque cinquante blessés. Mais
dans la Casbah on raconte que la « ratonnade » a fait plusieurs centaines
de victimes.
