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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
arrêtés le 8 novembre n’avaient pas encore été relâchés, les familles se demandant avec une angoisse bien naturelle quel sort leur serait réservé.
De ce groupe de prisonniers, huit ont été libérés le 16 novembre à 11 heures,
précise M. Picinbono, mais le dénommé benaïou Mohamed ben Rabah, n° 1
de la deuxième liste et frère d’un des fusillés ainsi que le nommé sali Mouloud
ben Ameur qui m’avait été signalé entre-temps n’ont pas rejoint le douar à ce
jour. [En ajout :] Libérés le 26.01.
Les colons voisins de la tribu, Madame revil, Monsieur andriuzzi et moimême avons toujours eu d’excellents rapports avec elle. Aucun Taïbanet à ma
connaissance — et je les connais depuis cinquante ans — n’a pris le maquis
et pourtant la vallée d’Hammam Mélouane n’est pas bien loin.
Je ne connais pas, et je n’ai pas à connaître, les résultats stratégiques de
l’opération du 8 novembre, mais je suis de ceux qui pensent, avec Talleyrand,
que l’on peut tout faire avec des baïonnettes, sauf de s’asseoir dessus.
M. Fernand Picinbono lance en conclusion cet avertissement que l’on
aurait pu étendre à d’autres régions de l’Algérie en ce mois de
novembre 1956 :
Je pense également que, si dans le plus bref délai, une Autorité Officielle
n’apporte pas à la mechta des paroles d’apaisement, si, dans le même délai le
sort des deux prisonniers n’est pas connu, je pourrai avant peu, établir ce bilan
de l’opération :
10 morts. — 10 prisonniers. — 150 fellaghas de plus [souligné par nous].
• 12 novembre. Le terrorisme frappe de nouveau à Alger.
Trois bombes explosent, l’une dans un... autobus — dix-sept victimes, dont huit enfants ; la seconde... au Monoprix de Maison-Carrée — neuf femmes sont blessées ; la troisième... dans la salle d’attente
de la gare d’Hussein-Dey — dix blessés.
• 14 novembre. Fernand Yveton, employé à l’Electricité-Gaz d’Algérie (EGA) et militant communiste, est arrêté.
Il s’apprêtait à déposer une bombe à l’usine à gaz. Interrogé, soumis
à la question, il signale qu’une autre bombe doit exploser en ville, mais
on la retrouvera, son mécanisme de mise à feu bloqué, dans un camion
à l’arrêt au carrefour de l’Agha. Cette arrestation confirme l’existence
à l’EGA d’une cellule travaillant pour le FLN.
Selon le commissaire principal Weigel, chef de la BST d’Oran36,
les moyens matériels des Œuvres Sociales de l’EGA mis à la disposition des
maquis rebelles algériens sont nombreux et variés. Leur utilisation était facilitée par la présence dans la villa Ker Klaude, siège de ces œuvres sociales,
de Lopez Léonardo, inspecteur des Œuvres sociales, de Peschard Raymonde,
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
arrêtés le 8 novembre n’avaient pas encore été relâchés, les familles se demandant avec une angoisse bien naturelle quel sort leur serait réservé.
De ce groupe de prisonniers, huit ont été libérés le 16 novembre à 11 heures,
précise M. Picinbono, mais le dénommé benaïou Mohamed ben Rabah, n° 1
de la deuxième liste et frère d’un des fusillés ainsi que le nommé sali Mouloud
ben Ameur qui m’avait été signalé entre-temps n’ont pas rejoint le douar à ce
jour. [En ajout :] Libérés le 26.01.
Les colons voisins de la tribu, Madame revil, Monsieur andriuzzi et moimême avons toujours eu d’excellents rapports avec elle. Aucun Taïbanet à ma
connaissance — et je les connais depuis cinquante ans — n’a pris le maquis
et pourtant la vallée d’Hammam Mélouane n’est pas bien loin.
Je ne connais pas, et je n’ai pas à connaître, les résultats stratégiques de
l’opération du 8 novembre, mais je suis de ceux qui pensent, avec Talleyrand,
que l’on peut tout faire avec des baïonnettes, sauf de s’asseoir dessus.
M. Fernand Picinbono lance en conclusion cet avertissement que l’on
aurait pu étendre à d’autres régions de l’Algérie en ce mois de
novembre 1956 :
Je pense également que, si dans le plus bref délai, une Autorité Officielle
n’apporte pas à la mechta des paroles d’apaisement, si, dans le même délai le
sort des deux prisonniers n’est pas connu, je pourrai avant peu, établir ce bilan
de l’opération :
10 morts. — 10 prisonniers. — 150 fellaghas de plus [souligné par nous].
• 12 novembre. Le terrorisme frappe de nouveau à Alger.
Trois bombes explosent, l’une dans un... autobus — dix-sept victimes, dont huit enfants ; la seconde... au Monoprix de Maison-Carrée — neuf femmes sont blessées ; la troisième... dans la salle d’attente
de la gare d’Hussein-Dey — dix blessés.
• 14 novembre. Fernand Yveton, employé à l’Electricité-Gaz d’Algérie (EGA) et militant communiste, est arrêté.
Il s’apprêtait à déposer une bombe à l’usine à gaz. Interrogé, soumis
à la question, il signale qu’une autre bombe doit exploser en ville, mais
on la retrouvera, son mécanisme de mise à feu bloqué, dans un camion
à l’arrêt au carrefour de l’Agha. Cette arrestation confirme l’existence
à l’EGA d’une cellule travaillant pour le FLN.
Selon le commissaire principal Weigel, chef de la BST d’Oran36,
les moyens matériels des Œuvres Sociales de l’EGA mis à la disposition des
maquis rebelles algériens sont nombreux et variés. Leur utilisation était facilitée par la présence dans la villa Ker Klaude, siège de ces œuvres sociales,
de Lopez Léonardo, inspecteur des Œuvres sociales, de Peschard Raymonde,
