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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Le 25 juin, douar Bouhal (CM de Cherchell), quatre hors-la-loi dont
un coiffé de képi de gendarme et un autre en tenue d’agent des Eaux
et Forêts, ont fait irruption dans un café maure, blessé le fils d’un chef
de fraction et roué de coups les consommateurs qui jouaient aux cartes
et fumaient.
Le 28 juin, dans la matinée, commune de Médéa, centre EdmondDaudet, quatre hors-la-loi habillés en gendarmes ont enlevé un chef de
fraction.
Le 15 juillet à 21 heures, douar Ouamri (commune de Lodi), trois
rebelles habillés en gendarmes se sont présentés au domicile d’un chef
de fraction et lui ont intimé l’ordre d’ouvrir sa porte en prétendant
qu’ils faisaient partie de la brigade de gendarmerie de Médéa. Un fusil
de chasse, un pistolet-mitrailleur et 25 000 francs ont été dérobés.
Le 17 juillet, douar Haraouat (CM de Téniet-el-Haad), une bande de
hors-la-loi dont quatre habillés en gendarmes ont fait irruption dans une
fraction, sans perpétrer d’attentats, pour y récupérer des fonds. Cette
bande serait responsable d’un assassinat commis le 21 juin.
Dans la nuit du 19 au 20 septembre, douar Rouabah (CM de Sersou),
neuf rebelles armés et en uniforme kaki ont pénétré à l’intérieur d’une
ferme appartenant à un Français musulman en déclarant qu’ils étaient
gendarmes à la brigade de Vialar. N’ayant obtenu ni les armes ni l’argent qu’ils réclamaient, ils ont roué de coups le propriétaire.
Dans la nuit du 2 au 3 novembre, près de Mouzaiaville, un groupe
de rebelles en tenue militaire kaki (quatre coiffés de képi de gendarme
et les autres de casques français) a pénétré dans une ferme européenne,
ligoté un Français musulman, saccagé l’appartement et incendié du
matériel agricole.
Au cours d’un interrogatoire, le 25 novembre, un rebelle fait prisonnier dans le Constantinois a dénoncé les exactions de certains fellaghas
contre les familles de tirailleurs algériens et de goumiers. « Des
rebelles, a-t-il dit, qui ont récupéré de l’habillement militaire, se font
passer en certains endroits pour des militaires des troupes françaises.
Ils assassinent les familles des tirailleurs et accusent ensuite les soldats
français d’avoir commis des assassinats dans les mechtas. »
La situation générale en Algérie ne montre, en cette fin de l’année 1956, aucune tendance à l’amélioration. Les mouvements radicaux
attachés à la défense sans concession de l’Algérie française et qui se
replieront sur des positions de plus en plus extrémistes, critiquent
ouvertement la politique du ministre résidant accusé de mollesse devant
la montée du terrorisme, et lui reprbchent de s’orienter vers l’établissement d’un statut qui, après la dissolution des conseils généraux et
municipaux, consacrerait l’« abandon ». Devant cette agitation, Robert
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