Du terrorisme à la répression
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On sait en effet que la rébellion est loin de constituer un front uni. Des
rivalités, des luttes d’influence opposent dans bien des cas les rebelles entre
eux. Le Front de Libération Nationale s’oppose au Mouvement National
Algérien et cette lutte impitoyable est jalonnée de nombreux cadavres
dont on a trouvé expédient de faire endosser la responsabilité aux forces
de l’ordre. D’autre part, à diverses reprises, des rebelles vêtus d’uniformes
français ont commis des atrocités dans le but de provoquer l’indignation des
populations musulmanes et de les dresser contre la France [cf. les exemples].
Reste que certains cas isolés révèlent une défaillance de la part des unités
opérationnelles. Seuls ceux qui n’ont jamais participé activement à une opération de ce genre peuvent prétendre qu’il est possible d’exiger de façon absolue,
de la part de militaires engagés dans l’action, le sang-froid qui doit permettre
d’éviter certains excès. Devant le spectacle trop fréquent de cadavres
odieusement mutilés, éventrés, le nez coupé, cadavres de vieillards, de
femmes ou d’enfants, l’exaspération saisit parfois nos soldats et les
entraîne à des représailles qui, sans jamais atteindre l’horreur qui se
dégage des actes de l’adversaire, n’en sont pas moins condamnables.
Auraient-elles l’excuse de la provocation, ces représailles, qui sont malgré
tout l’exception, ont toujours été durement et sévèrement sanctionnées sur le
plan judiciaire et sur le plan disciplinaire.
Ainsi, l’Armée française a parfaitement compris le sens de l’œuvre qui lui
est confiée. Chargée de rétablir l’ordre, elle sait qu’en dehors du combat elle
ne doit jamais oublier que son action doit être affranchie de tout esprit de
vengeance. Elle sait qu’elle est en Algérie pour protéger, donner confiance et
reforger patiemment, là où elle est ébranlée, la solidarité franco-musulmane.
En mettant à la disposition d’une population souvent malheureuse, les moyens
puissants dont elle dispose, en créant des routes, en détachant auprès des
douars ses médecins, en reconstruisant et assurant le fonctionnement des
écoles brûlées par les fanatiques, elle poursuit, fidèle à ses traditions, l’œuvre
de civilisation capable de ramener sur cette terre d’Afrique la paix et le
bonheur.
Les exemples donnés par le haut commandement pour la période
d’avril à novembre 1956, jour et lieu précis à l’appui, sont effectivement généralement révélateurs :
Le 9 avril 1956, douar Tiara (CM de Tablat), ramassage de fusils de
chasse par une quinzaine d’individus vêtus en militaires, dont quatre
coiffés d’un képi de gendarme.
Vers le 15 juin, douars Tourtatsine et Bahata (CM de Tablat), ramassage de fusils de chasse et destruction de pièces d identité par les horsla-loi vêtus de tenues militaires françaises et, pour certains, coiffés de
képis de gendarmes.
Le 18 juin à 21 heures, douar Sidi Simiane (CM de Cherchell), une
bande de hors-la-loi armés et en tenue militaire française a ramassé
trois fusils de chasse, des munitions et de 1 argent, et égorgé le fils d un
chef de fraction.
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